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Henri de Golen est un auteur dont je vous ai déjà parlé pour l’excellent court roman « L’épouvante ».

Henri de Golen nous revient, si l’on peut dire, étant donné que le roman date du début du XXe siècle, dans le genre plus classique du roman policier avec un personnage qu’il a utilisé plusieurs fois : l’inspecteur Poncet.

L’inspecteur Poncet est un jeune policier de Paris, marié.

Jacopo le forçatUn homme est retrouvé assassiné dans un wagon du train Paris/Vic-sur-Cère. Le vol n’est, semble-t-il, pas le mobile du crime. L’inspecteur Poncet, chargé de l’enquête, apprend qu’un homme au teint hâlé, à la mine patibulaire et à la vêture plus que modeste, dénotant avec les usuels passagers de première classe, a été contrôlé ce compartiment et que trois dames ont demandé à changer de place pour ne plus être en sa présence. Le policier soupçonne rapidement une vengeance, mais s’étonne de la disparition subite de trois femmes ayant occupé le « sleeping-car » voisin de l’emplacement du meurtre…

Tout comme « L’épouvante », Henri de Golen commence son roman d’une façon désuète, qui correspond au style de son époque, mais qui frise tout de même l’indigeste (mais c’était justifié dans « L’épouvante » et cela servait la suite), du moins dans la présentation des personnages.

Le titre date du début du XXe siècle, donc, et cela se ressent dans le style et dans l’histoire, mais aussi, dans le mélange des genres propres aux auteurs de l’époque qui naviguaient souvent entre « policier » et « sentimental ».

Bien sûr, certains de ces écrivains se sortaient avec brio de ce difficile mélange, soit en instillant une bonne dose d’humour, comme René Pujol, soit en sachant écrire sur le fil du rasoir sans jamais glisser trop du côté « sentimental ». Malheureusement, pour moi, Henry de Golen, probablement parce que le titre semble plus ancien que celui de ses confrères (l’histoire s’inscrit en août 1913 et a donc probablement été écrite à cette époque, même si la première édition connue est datée 1922), flirte trop avec un genre sentimental qui semble bien désuet de nos jours, même s’il pousse le curseur de façon assez osée, pour l’époque et pour une édition populaire.

D’autant que le côté policier est un peu mis de côté pour lui privilégier l’aventure, le policier passant plus de temps à voyager qu’à réfléchir.

Si l’on termine par un personnage principal un peu fade et même, parfois, énervant, l’ensemble laisse une impression un peu mitigée.

Au final, si l’on trouve ici tous les ingrédients du roman policier/aventure/sentimental des écrits du premier quart du vingtième siècle, ce court roman (16 000 mots), au curseur entre les genres mal positionnés et un personnage principal manquant de rondeurs et d’attraits, font que cette lecture est un peu décevante.