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Georges Simenon est un auteur culte pour bon nombre de lecteurs en général et de lecteurs de romans policiers, en particulier.

Si je parle d’une façon aussi générale, vous aurez d’ores et déjà compris que je ne suis pas si fan que cela de l’auteur ni du personnage.

Le personnage, d’abord, je ne l’ai connu, pendant des années, qu’à travers les adaptations cinématographiques ou télévisuelles des romans de l’auteur. Que ce soit Jean Richard ou, plus tard, Bruno Cremer, il faut avouer que le personnage me lassait très rapidement. Cependant, je dois avouer avoir fortement apprécié les 3 films dans lesquels le policier était interprété par l’excellent Jean Gabin. Mais, peut-être, avais-je apprécié les films plus pour l’acteur que pour le personnage. Ou bien, Gabin avait-il pris des libertés avec le personnage de Simenon ?

Il n'y a pas si longtemps que ça, j’avais décidé de tenter ma chance en lisant un roman de la série. Pour découvrir une série et un personnage, quand je le peux, je débute par le premier épisode. Comme je le pouvais, j’ai lu « Pietr le Letton », le premier épisode de la série.

Le moins que je puisse dire, c’est que je n’avais pas du tout accroché. Ni au style ni au personnage. Du coup, je n’avais pas insisté.

Mais, comme je suis devenu un fan du personnage Odilon Quentin, de Charles Richebourg, qui partage bien des caractéristiques physiques et mentales avec le commissaire Maigret, j’ai décidé de redonner une chance à ce dernier. Mais là, pour me faire un avis tranché, j’ai décidé de chercher le meilleur épisode. Si je n’aimais pas celui-là, il deviendrait clair que je n’aimerais jamais le personnage.

Après quelques recherches sur le net pour me faire une idée du titre à me procurer, j’ai jeté mon dévolu sur « Maigret se trompe ».

Maigret se trompe : Qui a tué Louise Filon, alias Lulu, ancienne prostituée du quartier de La Chapelle, alors qu’elle était enceinte ? Et qui payait son appartement cossu, dans le quartier des Ternes ? En cherchant la réponse à ces questions, Maigret va découvrir deux hommes dans la vie de la victime : Pierrot, le musicien de musette, et le professeur Étienne Gouin, une sommité du monde médical. Il va aussi plonger dans deux Paris on ne peut plus dissemblables : celui des pauvres et des mauvais garçons, celui – feutré, silencieux, orgueilleux aussi – d’une bourgeoisie opulente... Reste à découvrir le coupable. Et son mobile. Et pour cela, à affronter la personnalité imposante du médecin, que Maigret semble redouter...

Court roman, heureusement !

Maigret enquête sur la mort d’une ancienne prostituée devenue la maîtresse attitrée d’un chirurgien renommé.

Si les suspects possibles ne sont pas nombreux et si l’enquête aurait pu se résumer en quelques pages, Simenon parvient à nous livrer, pourtant, presque 200 pages. La faute à, non pas une enquête qui s’enlise et qui s’éternise, mais à la propension de l’auteur à se pencher plus sur le personnage atypique du professeur Étienne Gouin, le chirurgien, que sur le meurtre lui-même. 

À la fin du livre, si l’on sait qui a tué Lulu, on connaît, surtout, la vie et la psychologie du chirurgien, grâce aux portraits brossés par sa femme, sa concierge, sa secrétaire...

Certes, d’un point de vue littéraire, difficile de trouver quoi que ce soit à reprocher. C’est plutôt bien écrit, Simenon donne de la profondeur à ses personnages (dommage que cette profondeur profite plus à un personnage secondaire qui ne reviendra pas dans la série, plutôt qu’à ses personnages récurrents).

Mais, du point de vue de l’intrigue, il y a de quoi être déçu. Du côté suspens, itou puisque l’on devine assez rapidement qui est le meurtrier (malgré une mini révélation qui n’apporte pas grand-chose).

Maintenant, si le lecteur cherche un essai sur les mœurs, un ouvrage sur la psychologie et l’attirance que le talent peut provoquer chez les femmes, pourquoi pas. Enfin, si vous n’êtes pas trop féministe, car, dans ce roman, les femmes sont, soit des groupies dont le seul but est de satisfaire le professeur, soit des putes, soit des harpies qui ne reconnaissent pas le talent. Pas un seul personnage féminin positif dans ce roman-ci.

Au final, si j’ai terminé ma lecture, je ne peux pas dire que j’ai été emballé par l’histoire et par l’enquête, car il n’y a pas vraiment d’enquête et c’est bien là que le bât blesse.