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Marius Pégomas est de retour pour une quatorzième aventure au cœur de la ville de Marseille, dans son bâtiment fétiche : Notre-Dame de la Garde.

L’aveugle de Notre-Dame de la GardeLe célèbre détective marseillais, Marius Pégomas, est prévenu par son auxiliaire que les troncs de Notre-Dame de la Garde ont été pillés et que le mendiant aveugle qui quémandait tous les jours devant l’Église y a été retrouvé étranglé. Sur place, après avoir inspecté le corps du nécessiteux, Marius Pégomas pénètre dans le bâtiment et croise le bedeau qui s’enfuit en hurlant. Un peu plus loin, entre deux piliers, il découvre le corps d’une jeune femme, étranglée elle aussi. En ressortant de l’édifice, Marius Pégomas constate avec stupeur que le corps de l’aveugle de Notre-Dame de la Garde a disparu…

Pas besoin d’aller bien loin pour être confronté au mystère, la preuve, alors qu’il déjeune, Marius Pégomas est interrompu par son auxiliaire Bouillabaisse qui est tout excité de lui apprendre que les troncs de Notre-Dame de la Garde ont été pillés. Alors que, blasé, le détective lui indique que cette peccadille arrive partout, Bouillabaisse en rajoute une couche en annonçant que le mendiant aveugle qui fait la quête tous les jours devant l’église a été retrouvé étranglé sur le seuil de la chapelle.

Le détective se rend sur place et inspecte le mort, puis l’intérieur de la chapelle, sans se presser. Alors qu’il croise le bedeau s’enfuyant, il découvre un nouveau cadavre, celui d’une jeune femme. Mais, le plus mystérieux, est qu’à la sortie, le corps du mendiant a disparu.

Quand le juge d’instruction et le nouveau commissaire de police Zigaton débarquent, Marius Pégomas abandonne les lieux d’un air de se moquer de l’affaire.

On retrouve un Marius Pégomas égal à lui-même, qui a un comportement étrange sur les scènes de crimes et une façon toute particulière de mener à bien ses investigations. Bien évidemment, les magistrats vont partir sur une piste et le détective sur une autre et, sans faire une révélation extraordinaire, Marius Pégomas aura raison.

Pierre Yrondy se concentre de plus en plus sur son personnage et son attitude, lui conférant des gestes étranges qui le rendraient fou aux yeux de tous. Pour autant, le détective sait toujours ce qu’il fait et même s’il apparaît quelque peu obsessionnel, il parvient toujours à trouver la solution des problèmes.

Mais, si le détective trouve la solution, parfois, le lecteur aimerait savoir comment. Car, ce n’est pas en exposant une conclusion, que la véracité de celle-ci suffit à combler la curiosité de tous (les magistrats des histoires ne semblent pas en être contrariés, mais moi, un petit peu). Car, Marius Pégomas a la fâcheuse tendance, du moins l’auteur, à nous cacher la façon dont il est arrivé à sa conclusion. Je ne doute pas que ceci ne soit pas dû à une pudeur de la part du détective ni au fait que, comme tout bon magicien, il ne veuille pas dévoiler ses tours, et j’ai bien conscience que ce subterfuge est utilisé par l’auteur pour embrouiller à volonté une histoire et parvenir à la conclure sur 13 000 mots, ce qui serait impossible s’il fallait trouver une explication à tout, mais tout de même.

Cependant, ne boudons pas notre plaisir, le principal, dans une enquête de Marius Pégomas, cela reste Marius Pégomas.

Au final, une bonne enquête, plutôt plaisante, où Marius Pégomas fait montre une nouvelle fois de la loufoquerie qui fait tout le sel de la série.