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Hoooo, voilà une chronique qu’elle est difficile à faire (en français, s’il vous plaît), tant j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le roman.

Tout d’abord, il faut dire que c’est ma première incursion dans le monde littéraire de l’auteur (Jean-Hugues Oppel). Je précise volontairement littéraire, car, je connaissais « Six-Pack » pour avoir été un des rares spectateurs à avoir apprécié l’adaptation cinématographique éponyme signée Alain Berberian avec Richard Anconina, Frédéric Diefenthal et Chiara Mastroianni dans les principaux rôles.

Effectivement, j’ai l’habitude d’apprécier les films de genre français détestés par le public et par la presse (La Horde de Yannick Dahan, Djinn de Hugues et Sandra Martin... plus récemment, le serpent aux mille coupures d’Éric Valette... mais pas Belphégor de Jean-Paul Salomé, Bloody Mallory de Julien Magnat ou Vidocq de Pitof, faut pas déconner non plus).

Six-Pack, le film, était donc, pour moi, un bon souvenir. 

Mais passer du film au livre, voilà qui n’était pas aisé.

D’autant moins aisé que, ces derniers temps, j’ai beaucoup de mal avec le roman policier à suspens contemporain, depuis que je prends tant de plaisir à lire les œuvres d’hier.

Et mes craintes étaient justifiées, non pas forcément à cause du roman, mais plutôt à cause de mon état d’esprit, d’autant que j’avais assez peu de temps, à chaque fois, à accorder à ma lecture. Autant je parviens à entrer dans un roman de Frédéric Dard, Léo Malet et consorts, en lisant par petites touches, parce que le style est de suite prenant, autant, dans les « thrillers » plus actuels, la qualité étant l’intrigue, il m’est bien plus difficile d’être captivé lors de mes grignotages littéraires.

Bref... après un difficile début de lecture, j’insistais... un peu pour savoir si le film se rapprochait complètement du livre, ou non.

Et, si c’est en coupant du bois que Léonard devint scie, c’est en persévérant que je terminais ma lecture. Il faut avouer (à moitié pardonné) que, sans être totalement happé par l’histoire et le style, au moins, je prenais un certain plaisir à ma lecture.

Même si je retrouvais dans le livre, certains défauts de crédibilité du film. 

Six-Pack : À la Foire du Trône, Josiane se laisse séduire par un inconnu. Ils s’éloignent de la foule, se retrouvent sur un terrain vague. La femme panique, mais, trop tard, l’homme sort son couteau et l’éventre. C’est sa cinquième victime. L’inspecteur Saverne a réussi à rassembler quelques indices sur le maniaque qui choisit toujours ses victimes de la même façon : des jeunes femmes seules et sans enfants, grandes voyageuses, revenues ou en partance pour les États-Unis. Saverne en conclut que le tueur est américain, et il s’envole pour Chicago à la rencontre de Charlie Turpentine, spécialiste des serials killers. Pour Turpentine, l’affaire ne fait aucun doute : il s’agit de Six-Pack, un récidiviste qui a disparu depuis deux ans. Les deux flics décident de lui tendre un piège. 

Attention, ce qui suit peut dévoiler certaines informations contenues dans le livre :

Un tueur en série, voilà qui est chose courante dans les romans policiers. Quand un flic est en présence d’un tel criminel, la première des choses est de chercher les points communs entre les victimes. Dans le roman, les premières ressemblances sont physiques : des femmes, relativement jeunes, indépendantes... jusque là pas grand-chose à se mettre sous la dent... enfin, sauf qu’on apprend par la suite que la première et la troisième victime revenaient des USA quand elles ont été tuées. Deux sur trois, sachant que des femmes célibataires qui partent en vacances aux USA, voilà qui ne doit pas courir les rues, ça faisait déjà une bonne base de départ, mais quand on sait que la seconde victime devait partir le mois suivant sa mort, aux USA, difficile de penser que la police n’ait pas trouvé cette information en enquêtant sur la morte ???

Bah non, ce qui met le policier sur la piste des USA, c’est qu’il a affaire à un serial killer et qu’un serial killer est forcément un américain qui a débarqué en France (quid de Patrice Allègre, Pierre Chanal, Michel Fourniret, Francis Heaulme, Landru, Émile Louis, Marcel Petiot... et on peut remonter bien avant le XXe siècle avec Joseph Vacher ou Martin Dumollard et bien d’autres. Sans compter tous les tueurs en séries de tous les autres pays du monde. D’ailleurs la France est en deuxième position, certes, après les USA, du pays comptant le plus de tueurs en série, juste devant l’Allemagne). Donc, tueur en série, donc, américain, alors, le flic part aux USA pour rencontrer le spécialiste en la matière du FBI.

Passons sur ce point-là. Les deux flics découvrent qui est le tueur, mais, comme il a l’immunité diplomatique, ils ne peuvent rien faire pour prouver la culpabilité du type et, surtout, pour avoir la certitude que ce soit bien lui le tueur, qu’ils ne partent pas sur une fausse piste (heuu, tu peux pas te démerder pour récupérer son ADN grâce à un cheveu, un verre utilisé dans un bar ou un restaurant...) et, comme la France est en pourparler pour un accord commercial avec les États-Unis, les autorités refusent aux flics la possibilité d’approcher le type. Du coup, il leur faut trouver un moyen de prouver la culpabilité du gars (alors que les victimes sont toutes couvertes de son sperme et ses empreintes) et pour cela, quoi de mieux que de le prendre en flagrant délit ? C’est vrai, quoi, que risquent-ils ? Une nouvelle victime... oui, c’est vrai, mais qu’importe, ils trouvent une chèvre et c’est parti. Enfin, presque, parce que là ils sont confrontés à deux possibilités. Suivre la chèvre ou suivre le loup. Bon, ils sont deux flics, dans ce cas tu te dis que le moins risqué est que chacun en suive un, mais non, ils vont suivre la chèvre dans l’espoir que le loup l’aura remarqué et qu’il la choisira elle et pas une autre (c’est dire s’ils comptent sur la chance quand même). Heureusement, ils prennent toutes les précautions, ils suivent la chèvre et ils lui ont collé un micro. Pour que leur plan rate, il faudrait que le loup n’ait pas repéré la chèvre ou que le micro de la chèvre subisse une panne. Rooo, pas de bol, le micro subit une panne. Re pas de bol, c’est juste le moment que choisit le loup pour attaquer la chèvre, encore pas de bol, le tout se passe hors de portée de vue des flics et ce qu’il devait se passer arriva...

Bon, à partir de là, juste la toute fin, si mes souvenirs sont bons, diffère dans le film et l’on peut comprendre pourquoi étant donné que la fin est assez saugrenue.

En fait, plus je raconte l’histoire ainsi et plus je me demande comment j’ai pu arriver jusqu’à la fin du livre tant l’histoire ne tient pas debout. Heureusement, l’auteur parvient à nous vendre le tout plutôt correctement et comme c’est écrit sans temps mort, du fait d’un roman assez court, et que quelques traits d’humour parsèment l’ouvrage, la lecture n’est pas aussi déplaisante que le résumé que je viens de faire pourrait le laisser penser.

Au final, pas de quoi s’enthousiasmer avec cet ouvrage qui lorgne vers le thriller à l’américaine, style dans lequel d’autres auteurs français ont excellé par la suite.