MP15

15e enquête du célèbre détective marseillais Marius Pégomas.

Le bout de cigareLe célèbre détective marseillais, Marius Pégomas, et sa femme Flora, sont invités à une soirée mondaine dans au château des de Vildrac. Alors que la soirée se déroule sous les meilleurs auspices, un coup de feu se fait entendre dans le parc. Probablement le garde-chasse qui fait fuir un braconnier, rassure le maître des lieux. Mais, le lendemain matin, dans le parc, le corps du frère du châtelain est découvert criblé de chevrotines. Alors que les magistrats vont mener leur enquête en fonction des apparences, Marius Pégomas va, lui, prendre un tout autre chemin…

Marius Pégomas est resté en contact avec les Smithson qu’il a aidés lors de l’affaire de « Les bijoux de Lady Merry ». Ceux-ci l’invitent, avec sa femme Flora, à une soirée organisée par des amis à eux, les de Vildrac.

Marius Pégomas accepte de mauvais cœur.

Lors de la soirée, un coup de feu retentit dans le parc. M. de Vildrac rassure tout le monde en disant que ce doit être le garde-chasse qui a tiré sur un braconnier, mais Marius Pégomas surprend une conversation entre les châtelains durant laquelle Madame de Vildrac fait preuve d’une curieuse inquiétude pour son beau-frère qui a quitté la soirée un peu plus tôt.

Les inquiétudes sont fondées puisque, le lendemain matin, le corps du beau-frère est découvert criblé de chevrotines dans le parc.

Les magistrats sur place rassemblent les faits : la mort de la victime semble remonter à l’heure du coup de feu. Le garde-chasse assure avoir tiré sur un braconnier qui s’est enfui, à l’heure où a été entendu le fameux coup de fusil. La victime n’avait rien à faire dans le parc puisqu’elle aurait dû aller au garage prendre sa voiture pour un voyage qu’elle avait à faire...

Comme la vie sentimentale du défunt était tumultueuse, le Parquet se dirige vers une affaire sentimentale ayant mal tourné d’autant que Guy de Vildrac, le frère du châtelain, devait épouser une jeune femme et venait abandonner une autre conquête qui lui réclamait de l’argent pour élever son enfant dont elle était enceinte. Le témoignage du garde-chasse semble étrange et le frère de la future maman a été vu traîner dans le coin, un fusil à la main.

Les magistrats ont alors le choix entre trois coupables plausibles.

Cependant, Marius Pégomas ne semble pas s’intéresser à ces personnages ni au lieu du crime, et préfère fureter dans le château.

Comme à son habitude, le détective marseillais ne prend pas l’enquête par le même bout que les policiers ou le juge d’instruction. Cette fois, il délaisse encore les évidences pour se concentrer sur des faits et des détails qui pourraient sembler anodins. Il faut dire qu’il est guidé par un dialogue inconnu de la justice, et qui lui a fait part d’une étrange inquiétude de la part de Madame de Vildrac pour son beau-frère. À partir de là, le détective suit son intuition et découvre des indices sur lesquels il va appuyer ses recherches.

Les agissements de Marius Pégomas ne sont, pour une fois, pas si curieux que cela. Effectivement, on assiste à une enquête un peu plus distanciée de sa part, le texte s’attachant plus aux raisonnements de la magistrature qu’à celui du détective.

Le lecteur n’assiste donc pas à ces scènes pour le moins peu ordinaire auxquelles le détective l’avait habitué.

Pour le coup, l’histoire est moins loufoque et le déroulement un peu moins drôle sans pour autant être inintéressant. La lecture de cette enquête vue, principalement, du parti de la magistrature est même plutôt agréable et le cheminement de pensée semble d’ailleurs assez logique. Mais, le lecteur averti sait que, tout comme le Docteur House, quand il va à l’encontre du cheminement de pensée de ses confrères, a toujours raison, le célèbre détective Marius Pégomas, quand il prend un chemin opposé à celui de la police, n’a jamais tort.

Si l’on veut être un brin critique, et je le serais volontiers, on pourra regretter, une nouvelle fois, et ce, d’autant plus que l’auteur ne nous a pas fait part du parcours de réflexion du détective, que Marius Pégomas découvre la vérité sans que le lecteur ne sache réellement comme il y est arrivé.

Cependant, je déteste ce travers (un écheveau démêlé sans que le lecteur ne comprenne comment) chez des spécialistes du Thriller, j’en prends moins ombrage dans un ouvrage comme celui-ci, d’abord destiné à être léger et drôle, écrit, probablement, d’un premier jet, très peu retravaillé, court (bref, de la littérature populaire en fascicule), tout comme je peux passer des défauts à un film de série B que je n’accepterais pas d’un film à gros budget.

Au final, pas l’enquête la plus drôle de la série, mais une lecture plaisante bien que le côté loufoque de notre détective préféré nous manque un petit peu.