Albert-SIMONIN-Grisbi-or-not-grisbi

Albert Simonin, vous ne le connaissez probablement pas. Le roman « Grisbi or not grisbi », il se peut fort que vous ne l’ayez jamais lu. Pour autant, tout le monde connaît l’auteur et le sujet de son roman puisqu’Albert Simonin a adapté librement son propre roman pour écrire le scénario d’un film culte dialogué par Michel Audiard : Les tontons flingueurs.

Cependant, à la lecture du roman, on se rend compte que l’adaptation est très libre, que, si les personnages principaux sont présents dans les deux, les dialogues de Michel Audiard et la touche d’humour ajoutée apportent une énorme plus-value au film.

Grisbi or not grisbiMax, dit « le menteur » se la coulait douce sur la côte, mais le voici rappelé d’urgence par son vieux copain Pierrot, dit « le gros » : Fernand le mexicain n’en a plus pour longtemps, et il s’inquiète. Il demande à Max et Pierrot de devenir leurs exécuteurs testamentaires, ce qui revient à veiller sur ses affaires et assurer une rente décente à sa femme. Oui, mais voilà, les Volfoni veillent…

Max, rangé des voitures sur la côte, est appelé d’urgence par son copain de toujours, Pierrot, pour revoir Fernand, rentré du Mexique où il s’est exilé depuis des années et qui est rentré à Paris pour léguer ses « affaires » avant de caner.

Et c’est à Max et Pierrot qu’il lègue ses tripots, au grand dam des frères Volfoni qui n’acceptent pas d’être ainsi spoliés d’affaires qu’ils convoitaient.

Max et Pierrot vont alors devoir subir les affres des Volfoni...

Si Michel Audiard maniait l’argot avec un sympathique humour et une certaine poésie des mots, Albert Simonin, lui, propose aux lecteurs un argot certes plus authentique, mais bien moins agréable à lire ou à entendre, du moins, pour moi.

Du coup, je n’ai jamais réussi à totalement entrer dans l’histoire et dans le roman du fait de cette langue qui prend beaucoup de place lorsqu’elle n’est pas distillée de façon fluide.

L’histoire, elle, demeure assez classique, avec cet ancien truand obligé de reprendre du service par loyauté et qui va devoir subir la vengeance de la concurrence.

Une histoire d’amitié, de double amitié, même, puisque Max et Pierrot sont amis de toujours et Max et le Mexicain l’étaient également.

Amitiés viriles, donc, qui se défendent à coup de flingues.

Cependant, force est de constater que Simonin parvient à décrire la lassitude du héros qui se serait bien passé de reprendre les armes.

Une lassitude qui trouvera son paroxysme dans un final émouvant.

Si vous connaissez les « Tontons flingueurs » par cœur, cela ne vous empêche pas de lire ce roman tant les deux histoires dévient très rapidement.

Au final, un roman qui restera moins dans mon esprit que l’adaptation cinématographique, du fait d’un langage plus brut de pomme. Malgré tout, la lecture n’est pas déplaisante et je tenterais une autre incursion dans le monde d’Albert Simonin, probablement avec la trilogie du Hotu.