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René Frégni est un auteur de 70 ans qui a eu une vie bien remplie.

Marseillais de naissance, il passe toute sa jeunesse dans un quartier populaire de Marseille. Il quitte l’école et part voyager à travers le monde et revient trop tard pour effectuer son service militaire. Considéré déserteur, il passera 6 mois dans une prison militaire.

Plus tard, il quittera son poste d’infirmier en hôpital psychiatrique pour écrire des romans.

Depuis, il anime régulièrement des ateliers d’écriture en prison.

Cette courte présentation de l’auteur me semblait nécessaire pour mieux comprendre le roman dont il est question aujourd’hui.

Lettre à mes tueurs : Marseille, début septembre 2003. La canicule vient de balayer dix à vingt mille vieillards en France. Pierre Chopin, écrivain local, étouffe dans son appartement tout en se battant avec la page blanche lorsque déboule sur son palier une masse ensanglantée : Charlie, un ami d’enfance perdu de vue. La police est aux trousses de ce caïd marseillais qui s’enfuit mystérieusement par les toits... Embarqué pour une garde à vue digne des séries télé dont il raffole avec sa fille de onze ans, Julie, l’écrivain voit sa vie basculer dans un engrenage sanglant... En quelques jours, il devient le gibier d’un terrible tueur surnommé « le Silencieux ». Et n’a d’autre choix que d’accepter la périlleuse amitié de Sauveur, tueur tout aussi terrifiant. Tandis que progresse la traque sauvage jusqu’aux confins du Danemark, Pierre, avec les moyens du bord, s’acharne à sauver sa peau et protéger son enfant... Roman noir trépidant, Lettre à mes tueurs brouille les frontières entre fiction et réalité en mettant en scène un face-à-face électrisant entre un écrivain et de vrais tueurs. D’une plume sensuelle, captant avec bonheur la moindre des vibrations marseillaises, René Frégni nous plonge dans l’univers fascinant de sa pègre.

René Frégni met donc en scène un écrivain en mal d’inspiration qui va se retrouver confronté à la pègre bien malgré lui.

Parce que son ami d’enfance qu’il n’a pas vu depuis des années fait partie de la pègre, et qu’il débarque, blessé, dans son appartement, lui laissant une cassette avant de disparaître, Pierre Chopin va se retrouver la cible de terribles tueurs.

Dès lors, son seul espoir de survivre est d’appeler le numéro d’urgence que lui a laissé son ami d’enfance, en même temps que la cassette. À l’autre bout du fil, « Sauveur », un tueur impitoyable qui fera tout pour sauver l’ami de celui qui l’a sauvé jadis.

Histoire d’amitiés, de pègre, de chaleur, de crimes, de sang... René Frégni puise probablement dans son expérience pour écrire ce roman. Écrivain, pègre marseillaise, chaleur, quartier populaire...

Raconté une histoire à la première personne en prenant, pour personnage, un écrivain, voilà qui est un exercice un peu casse-gueule, du moins, quand on se retrouve face à un lecteur tel que moi.

Effectivement, d’un récit narré par un écrivain, j’attends une qualité de plume infaillible, un sens de la narration judicieux et des tournures de phrases à faire briller les yeux d’un lecteur avide de style.

Malheureusement, autant le dire tout de suite, ces points tant attendus le sont demeurés, attendus, jusqu’au point final.

Pour autant, ce roman n’en est pas moins agréable à lire. Peut-être aurait-il été meilleur si le héros avait été bureaucrate, puisque, apparemment, la volonté de l’auteur était d’opposer la vie d’un personnage mou du genou, l’écrivain, avec celle mouvementée d’un tueur, Sauveur, tout en transformant lentement le pisse-copie en criminel averti.

J’oubliais donc mes espoirs de style et me laissais porter par les mésaventures de cet écrivain qui, je l’espère pour lui, écrit mieux qu’il ne pense.

Évidemment, l’ensemble se lit avec plaisir, l’histoire est rythmée, le personnage principal relativement intéressant et le roman sans réel temps mort...

Bon, j’ai énuméré les points positifs, passons maintenant aux négatifs :

Le style... j’en ai déjà parlé, mais il est bon de le rappeler. Les incohérences... houla, qu’elles sont nombreuses ! Il ne faut pas être trop regardant si on veut prendre du plaisir à l’ouvrage. Heureusement, le rythme soutenu empêche de se poser trop de questions sur le sujet. Mais, quand même, cet écrivain qui devient un tueur plus redoutable que le plus redoutable des tueurs ???? Les évasions de prison ??? Je ne précise pas pour ne pas déflorer l’histoire, mais quand même. L’évasion de Sauveur, déjà bien extravagante, n’est rien en comparaison de celle du pote de l’écrivain !!! Difficile de faire plus portenawak que cette affaire-là.

Puis les divers voyages, les allers, les retours, les comportements de chacun...

Et puis, cette fin, qui surprend autant qu’elle n’agace. Une fin si rapide, si incongrue...

Au final, un roman qui ne restera pas dans la mémoire des lecteurs les plus exigeants, mais qui offre tout de même un moment de lecture assez agréable, malgré les défauts, grâce à un bon rythme et une taille relativement courte.