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L’équipe de l’Agence de détectives STOP est de retour pour une seconde et, probablement, avant-dernière aventure.

Pour ce qui est de l’auteur, René Thomas, si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire ma chronique sur « Le client de la dernière heure » ou, mieux encore, l’excellent blog de Tonton Pierre consacré à l’auteur.

La mystérieuse enveloppeL’Agence STOP reçoit un curieux client qui, en échange d’une forte somme, exige qu’une enveloppe scellée soit mise en sécurité. Si dans huit jours, il n’est pas venu en personne récupérer le courrier, alors, celui-ci doit être amené à la police. Le soir même, Paul Mercier, le directeur de l’Agence, est appelé d’urgence par un étrange client qui lui demande de venir chez lui. Sur place, il est assommé et ligoté. Quand il revient à lui, il parvient à utiliser un téléphone et appelle Jojo, son homme de main, qui rapplique dare-dare pour le libérer. De retour à l’Agence, les deux hommes constatent que les bureaux ont été fouillés et que l’enveloppe scellée a disparu...

Un étrange client, un guet-apens, une mystérieuse enveloppe... voilà qui démarre l’intrigue de ce très très court roman (on est toujours sur un fascicule de 32 pages, 10 000 mots environ, 9 266 pour être précis).

Mais le « mystère » va très vite s’épaissir quand on découvrira la mort du client, de retour de Marseille, dans un soi-disant accident.

Les personnages se mettent en place rapidement pour rappeler le rôle de chacun établi dans le précédent opus. Paul Mercier, le chef ; Jojo, le bras droit, l’homme fort, un peu alcoolo, très brute, un peu voyou ; Cloclo, la secrétaire amoureuse de son patron (que l’on peut fortement rapprocher de la secrétaire de Nestor Burma).

Chacun un rôle, chacun une utilité, avec une prime pour Cloclo dont les offices dépassent quelque peu celui de la simple secrétaire puisqu’elle va parfois sur le terrain et qu’elle encourt certains risques.

Somme toute, des personnages assez classiques, dans la mouvance de ce qui se fait à l’époque, mais l’ensemble est dirigé par un bon chef d’orchestre (oserais-je dire un « excellent » ? Il faudrait que je me plonge dans un roman un peu plus conséquent de l’auteur pour pouvoir l’affirmer).

Soyons clair, de toute façon, la concision nécessaire pour mener l’ensemble (histoire et personnages) sur uniquement 32 pages, limite les possibilités, mais cette contrainte, qui guide la plume de l’auteur, apporte également un plus, comme un guide qui, certes, limite la latitude de nos actes, mais évite également les débordements.

Toujours est-il que René Thomas, Louis C. Thomas, se sort toujours aussi bien du piège du roman ultra court, et propose une histoire prenante et des personnages intéressants à défaut d’être attachants. Effectivement, le fait que chacun ait son rôle à tenir est là encore un guide, mais limite aussi l’épaisseur que l’auteur aurait pu lui donner. En clair, Paul Mercier, Jojo et Cloclo sont un peu prisonniers de leurs rôles et l’on devine qu’en seulement trois enquêtes, l’auteur n’aura pas le temps de défaire leurs liens et d’épaissir leurs caractères et leurs présences.

Pourtant, ne boudons pas notre plaisir. Pour un tel format (32 pages), René Thomas peut s’enorgueillir d’être un des auteurs qui se sort le mieux de ce traquenard en proposant des personnages qui ne sonnent pas creux et une intrigue et un style fluide.

Au final, on peut commencer à regretter que l’auteur n’ait pas utilisé plus souvent ces personnages, car, étant donné le plaisir de lecture déjà présent, il est évident qu’avec le temps, les héros se seraient libérés de leurs carcans et que l’ensemble aurait été encore plus agréable à lire. Cependant, c’est déjà très bien.