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« Le dernier Lapon » est un roman d’Olivier Truc qui se déroule en... Laponie. Bravo, vous avez gagné le pompon !

En règle générale, je suis subjugué par les films ou les séries qui s’ancrent dans des paysages enneigés. J’ai aimé les séries « Jour Polaire », « Fortitude »... j’ai adoré les films « The Thing », plus récemment « Wind River » et même, il y a des années, les films « Atanarjuat » ou « Smilla »...

Aussi, je ne doutais pas que ce roman me plairait... malgré les presque 600 pages (je préfère les formats courts).

Cependant, ce que je n’avais pas anticipé, c’est que j’entamais cette lecture à une mauvaise période de l’année. Ce genre d’ouvrage, je les dévore par morceaux, le soir, au lit, juste avant de dormir. Seulement, commençant ma lecture avant Noël, et, en plus, en période de crève, le temps consacré à ma lecture nocturne se réduisait comme peau de chagrin.

Le dernier LaponDepuis quarante jours, la Laponie est plongée dans la nuit. Dans l’obscurité, les éleveurs de rennes ont perdu un des leurs. Mattis a été tué, ses oreilles tranchées – le marquage traditionnel des bêtes de la région. Non loin de là, un tambour de chaman a été dérobé. Seul Mattis connaissait son histoire. Les Lapons se déchirent : malédiction ancestrale ou meurtrier dans la communauté ? " Demain, entre 11 h 14 et 11 h 41, Klemet allait redevenir un homme, avec une ombre. »

Le dernier Lapon est d’abord une histoire de nuit, ou de jour, d’un peu de jour dans la nuit, de la nuit des temps et de la culture d’un peuple qui en est issu.

En clair (oui, un peu de lumière dans l’obscurité de mes propos) plus qu’une intrigue policière, Olivier Truc nous propose de découvrir un nouveau monde qui est avant tout un ancien monde. Des oppositions entre la modernité dans laquelle s’inscrit l’intrigue avec l’archaïsme des us et coutumes d’une partie de la population qui continue à vivre à « l’ancienne » et où certains font charnières entre les deux mondes.

L’auteur nous conte, en même temps que l’enquête de la Police des Rennes sur l’assassinat d’un éleveur et le vol d’un tambour sacré, la vie des Lapons en général et des éleveurs de rennes en particulier. L’élevage des rennes, une activité ancestrale que peu, désormais, pratiquent à l’ancienne, puisque le scooter des neiges remplace les raquettes.

Malgré tout, les traditions ont la vie dure et ce sont ces traditions qu’Olivier Truc nous expose tout au long de son récit. Les tambours chamans, l’élevage des rennes et la complexité de cette activité dans un monde désormais partagé en pays aux frontières invisibles pour les animaux, la tradition des chants lapons... 

Mais ces informations sont prenantes et font passer l’intrigue au second plan (surtout quand on est dans une période de lecture où on a du mal à se concentrer sur la durée).

L’auteur tente pourtant de nous proposer plusieurs couches d’intrigues, avec un meurtre violent, un vol, des antagonismes secrets entre le Policier des Rennes et un éleveur, entre le même policier, d’origine lapone, et un autre policier...

Au final, un roman qui devient prenant, même si on ne se concentre pas sur l’intrigue, pour l’ambiance proposée et les informations apportées.