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« Poulets grillés » est le premier roman de la journaliste Sophie Hénaff.

Poulets grillésLorsque le divisionnaire Buron décide de faire briller les statistiques du 36, il regroupe dans une brigade dont il confie le commandement à la commissaire Anne Capestan, reine notoire de la bavure, tout ce que la police judiciaire compte d’alcoolos, d’homos, de porte-poisse, d’écrivains, de crétins... Pour élucider des affaires classées. Mais voilà, Capestan aime enquêter, travailler en équipe et, surtout, contrarier sa hiérarchie. 

L’idée de base du roman avait tout pour me plaire. En effet, j’ai toujours aimé les romans ou les films dans lesquels le ou les personnages principaux sont des bras cassés qui vont en faire baver aux plus coriaces adversaires. Souvent traité sous les ressorts de la comédie, le sujet est parfois au centre d’œuvres plus noires.

Ici, le style du roman est emprunt de légèreté bien que le thème, au fond, n’évite pas une certaine noirceur.

La Capitain Capestan, ancienne championne olympique de tir, échappe de peu à la suspension suite à une terrible bavure. Plutôt qu’une sanction directe, la policière subit ce que l’on nomme une mise au placard sous forme de promotion. Effectivement, son supérieur lui confie une brigade, une brigade « placard » puisque vont y être incorporés tous les flics dont on veut se débarrasser sans les licencier. Alcoolos, grandes gueules, porte-poisse, homos...

Mais la création de cette brigade a un double but, se débarrasser des dossiers non résolus et ainsi gonfler les stats des brigades « classiques ».

Les quelques flics qui ont décidé de jouer le jeu vont se plonger corps et âme dans deux affaires de meurtres non résolues.

Sophie Hénaff nous propose une panoplie de personnages assez délurés et originaux. De la flic mise à l’écart pour une bavure, au chat noir avec lequel plus personne ne veut faire équipe, en passant par le flic de l’IGS homosexuel et la fliquette devenue écrivain à succès et dont les romans sont adaptés à la télévision... les portraits sont variés et la lattitude de caractère assez large.

L’auteur instille un humour par petites touches, sans sombrer dans la blague potache, mais qui ajoute une indéniable légèreté qui permet de faire passer le concept de base du roman.

Question intrigue, si je suis peu friand des multiples histoires qui finissent par se croiser, il faut admettre que les deux enquêtes parallèles sont intéressantes à suivre. Le seul hic demeure, pendant toute la lecture, la désagréable impression que l’auteur va mettre cette coïncidence (le fait que les deux affaires soient liées) sur le hasard, mais force est de reconnaître que Sophie Hénaff explique parfaitement la situation.

Toujours est-il que le lecteur se prend d’affection pour cette équipe de bras cassés et suit avec plaisir leurs aventures avec une mention spéciale pour le « porteur de poisse ».

Au final, un roman fort sympathique avec des personnages attachants, un humour léger et omniprésent et une intrigue qui tient parfaitement la route.