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Alphonse Allais est un auteur que je voulais découvrir depuis longtemps. Ayant en ma possession plusieurs de ces écrits, je ne savais lequel lire jusqu’à tomber sur « L’affaire Blaireau » et comprendre, à son synopsis, qu’il s’agissait probablement du roman qui avait inspiré le film avec Louis de Funès que je préfère à toute autre : « Ni vu ni connu ».

Raaa, « Ni vu ni connu », le film d’Yves Robert de 1958 avec De Funès, Moustache, Pierre Mondy et Claude Rich... que de bons souvenirs... un film que j’ai vu, revu, rerevu...

Je me suis donc lancé dans la lecture de ce court roman qui est en fait un mélange entre roman et pièce de théâtre dont les dialogues prennent autant d’importance que les descriptions ou les interventions de l’auteur (Frédéric Dard n’a pas tout inventé).

L’affaire Blaireau : Une erreur judiciaire à Montpaillard ? La petite ville est en émoi : jamais un tel événement n’était venu troubler son paisible ennui provincial... Soudain, rien ne va plus ! Une folie furieuse et contagieuse s’empare de ses habitants. Le maire est dépassé. Disputes... Empoignades... Manifestations... On veut renverser le gouvernement ! Décidément, ce petit monde bien réglé ne tourne plus rond. Et c’est un braconnier débonnaire qui, sans le vouloir, sème une telle pagaille. Héros malgré lui, tour à tour brigand, bagnard, saint et martyr... Ce bougre de Blaireau n’en demandait pas tant ! 

« L’affaire Blaireau », comme déjà dit, est un roman, une pièce de théâtre, mais également une bluette, une parodie, une critique sociétale, une farce...

Alphonse Allais semble ne s’imposer aucune limite, aucune chaîne, aucune contrainte dans son écriture et laisse aller sa plume au gré de ses désirs et de son délire.

C’est donc à une histoire quelque peu décousue, sans réelle intrigue, que l’on a affaire, le but étant, de faire sourire, rire et d’égratigner certaines strates de la société et certains comportements.

Blaireau, un homme en marge de la société, considéré par beaucoup comme un parasite, car il préfère braconner que travailler. Mais ceux qui le critiquent sont aussi ceux qui achètent son gibier à bon prix.

Alors que le garde-chasse est agressé, le maire du village l’oblige à dénoncer Blaireau qu’il considère comme l’être mettant à mal la tranquillité des lieux.

Blaireau est alors arrêté et se retrouve en prison pour quelques mois.

Que dire de ce très court roman si ce n’est que son adaptation cinématographique signée Yves Robert n’est pas très fidèle au texte de Allais et ne semble pas, non plus, être la première adaptation cinématographique puisqu’il existe un film de Henry Wulschleger avec Alice Tissot et Pierre Juvenet réalisé en 1931.

Au final, malgré l’aspect foutraque de l’ensemble, l’écriture et la narration quelque peu surannées, l’ensemble se lit agréablement du fait de l’humour et l’ironie de l’auteur, de la concision du texte et du plaisir sans commune mesure que l’adaptation de Yves Robert peut procurer.