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« Qui a tué le bonhomme de neige ? » est le cinquième opus d’une série, « Monseigneur et son “ clebs ” », écrit par l’un des piliers de la littérature populaire : Marcel Priollet.

Marcel Priollet est un auteur qui a œuvré principalement dans les genres « policier », « sentimental » et « aventures ». Sous son nom et sous plusieurs pseudonymes (R.M. de Nizerolles, Henry de Tremières, René Valbreuse, Marcel-René Roll...), il a écrit un nombre incalculable de titres dont plusieurs autour de personnages récurrents, autant dans un genre que dans l’autre.

Mais, en ce qui me concerne, c’est la production policière qui m’intéresse et l’on notera dans celle-ci diverses séries : « Tip Walter, le prince des détectives » (dont je ne suis pas encore convaincu qu’il en soit réellement l’auteur), « Old Jeep & Marcassin » et, la série qui nous intéresse aujourd’hui : « Monseigneur et son clebs ».

Pour en savoir plus sur la série, je vous invite à lire mes chroniques sur les quatre premiers opus :

L’assassin dîne chez le juge

Mitraillade à Montmartre

Le vent n’est pas seul à hurler

Le secret du valet de cœur

Après lecture de ces quatre premiers titres, il y a un an, je notais le plaisir de lecture, mais je demeurais un peu refroidi par le rôle parfois secondaire que tenait Monseigneur et son clebs dans les histoires. Effectivement, je suis obsédé par les personnages récurrents de la littérature populaire et cette obsession m’empêche parfois de profiter pleinement d’un texte en goûtant ses qualités littéraires complètes (qui ne résident pas uniquement dans la présence du personnage).

Un an plus tard, plus sage d’une douzaine de mois, après avoir relu les quatre premiers opus avant de déguster la suite de la série, je constate combien j’avais oublié de mettre en avant la plume de l’auteur.

Certes, Monseigneur et son clebs sont des personnages « forts », mais ceux-ci sont également servis par le sens de la narration et de l’intrigue de l’auteur.

Qui a tué le bonhomme de neige : La police reçoit un courrier anonyme lui signalant qu’une personne va être assassinée le soir même, lors d’une soirée chez un peintre réputé. La missive n’aurait pas été prise au sérieux si elle n’avait rappelé au commissaire Bellavent, une précédente, datant d’un an pile, prédisant la mort d’une jeune effeuilleuse de cabaret. Celle-ci avait été supprimée, comme annoncé. Pour éviter une autre victime, Bellavent décide de se rendre sur place, accompagné de deux policiers, de Monseigneur et, surtout, de son clebs dont le flair et la célérité pourraient être bien utiles…

 

Le commissaire Bellavent reçoit une lettre anonyme annonçant un assassinat lors de la réception d’un peintre à succès. Le policier, se souvenant d’une lettre du même type, reçue il y a un an et dont il n’avait pas fait cas, compare les deux courriers. La syntaxe et la signature ne laissent aucun doute possible, les missives ont été écrites par les mêmes personnes. La précédente ayant abouti à l’assassinat d’une jeune danseuse, Bellavent décide de prendre cet avertissement au sérieux et de monter une souricière sur place. Pour cela, il compte sur l’aide de Monseigneur, un étrange gaillard bourgeois-bohème qui lui a déjà rendu plusieurs services et, surtout, sur le flair de Diabolo, le « clebs » de Monseigneur, pour monter bonne garde dans la cour de l’immeuble.

Mais rien ne se passe durant la soirée et tous les invités rentrent chez eux sains et saufs... tous ? Pas vraiment...

Une nouvelle fois les personnages principaux (Monseigneur et son clebs) sont légèrement en retrait de l’épisode bien que, comme toujours, ils en soient la clé de voûte.

Marcel Priollet profite de son sujet pour égratigner le monde artistique, les mondanités, les orgueils déplacés de certains artistes et les mécènes pas toujours aussi désintéressés que l’on pourrait le croire.

Si Monseigneur est en retrait au début de l’histoire, c’est évidemment lui qui va découvrir le pot aux roses et le meurtrier grâce, tout d’abord, au flair de son chien, mais également à sa perspicacité et à sa détermination.

Bien évidemment, l’auteur ne nous propose pas là une intrigue de haute volée, ce n’est d’ailleurs pas ce qu’on attend de lui dans ce format et cette série.

C’est donc bien plus du roman policier d’aventures et d’ambiance, mené par un duo (un trio, puisque Bellavent est toujours présent) auquel on est alors confronté.

La taille, comme celle des autres épisodes, est un compromis idéal entre une lecture rapide et une ambiance posée. Effectivement, fort de sa vingtaine de milliers de mots, l’auteur a le temps de développer son histoire et ses personnages de façon suffisante à rendre l’ensemble alléchant, mais pas trop pour ne pas risquer de proposer des temps morts ou des circonlocutions inutiles qui auraient pu ralentir la lecture tout en l’allongeant de façon artificielle.

Au final, même si les deux personnages éponymes ne sont pas mis en avant à tout prix, la lecture de cet épisode se révèle, encore une fois, des plus agréables.