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Marcel Priollet est un auteur phare de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle qui a œuvré sous son nom ou sous pseudonymes, principalement dans les genres « sentimental », « policier » et « aventures ».

« Le bal des disparus » est le 6e épisode de la série « Monseigneur et son clebs ». Je vous invite à lire mes chroniques sur les épisodes précédents pour en savoir plus sur celle-ci.

Monseigneur est un gaillard étrange qui alterne les manières rustres et les comportements « bourgeois » tant dans son caractère que dans sa façon de vivre et de se meubler.

Il est toujours accompagné de Diabolo, un berger allemand qu’il a élevé et dressé à Buchenwald pendant sa détention pour faits de résistance.

Depuis la fin de la guerre, il vit dans un colombier sous les toits d’une vieille bâtisse. Proche des clochards, il est apprécié pour sa générosité et redouté pour son caractère emporté.

De temps à autre, il rend service à la police et, notamment, au commissaire Bellavent, à qui il apporte assistance dans des enquêtes. En fait, c’est surtout Diabolo qui use de son flair infaillible pour aider la police.

Le bal des disparus : Monseigneur, un étrange personnage toujours flanqué de son berger allemand et qui fait parfois office de « consultant » pour la police découvre, dans la rue, une écharpe de luxe encore dans son écrin à l’effigie de la boutique dans laquelle elle a été achetée. Désireux de restituer l’étole à sa propriétaire, Monseigneur, grâce à la vendeuse du magasin, est renseigné sur le nom et l’adresse de l’acquéreur chez qui il se rend illicoSur place, un riche homme lui explique que le cadeau était destiné à sa maîtresse et que celle-ci lui a faussé compagnie la veille au soir, vers le Panthéon, sans, depuis, donner de nouvelles. Dans les bureaux du commissaire Bellavent, auprès de qui il espérait obtenir de l’aide, il apprend qu’une marquise s’est évaporée l’avant-veille, dans les mêmes environs. Très rapidement, la disparition d’un ancien chimiste, dans le quartier fatidique, ne laisse plus aucun doute sur l’aspect criminel de l’affaire…

Alors qu’il se repose sur un banc, près du Panthéon, le soir, il surprend deux aigrefins qui ramassent un paquet probablement perdu par une gente dame. Après avoir joué des poings, il met les deux hommes en fuite et récupère l’objet. À l’intérieur du carton, une belle écharpe luxueuse. Il décide de se rendre dans la boutique l’ayant vendue afin de retrouver la propriétaire de l’étoffe et lui rendre son bien. Mais la vendeuse du magasin lui indique que l’achat a été fait par un homme dont elle finit par donner l’adresse quand elle se rend compte avoir affaire au célèbre Monseigneur.

Le riche homme confie à Monseigneur qu’il a offert l’écharpe à sa maîtresse, la veille au soir, mais que celle-ci l’a quitté aux abords du Panthéon et n’a plus donné de nouvelles depuis. Devant l’inquiétude du gars et titillé par sa fibre policière naissante, Monseigneur décide d’enquêter.

Il se rend alors chez le commissaire Bellavent pour lui demander son aide, mais celui-ci lui refuse, il a d’autres chats à fouetter. Les disparitions sont nombreuses, la preuve, on vient lui signifier celle d’une vieille marquise, qui a disparu aux environs du Panthéon.

Deux disparitions, en deux jours, dans le même quartier, drôles de coïncidences. Plus encore quand un vieil homme disparaît le lendemain, dans le même coin.

Monseigneur, persuadé que les disparitions sont liées, va se lancer dans l’enquête.

Pour une fois, Monseigneur est le personnage omnipotent de l’épisode. Il est présent dès le début de l’histoire et ne disparaît pas jusqu’à la fin.

Mais, l’atout principal de cet épisode réside dans son intrigue... du moins, sur la clef de l’histoire dont je ne puis parler de peur de déflorer des informations.

Cependant, il est important de dire que cette idée est à la fois ingénieuse et intrigante. Ingénieuse au point d’imaginer d’autres façons de l’utiliser.

Marcel Priollet nous offre alors sa « façon » qui va conduire Monseigneur à suivre la même piste que les disparus.

Comme toujours, Marcel Priollet ne se contente pas d’offrir des personnages intéressants en se disant que vu le format (20 000 mots), cela suffira à remplir son office. Non, l’auteur prend chaque épisode comme une histoire à part entière et la fignole de la même manière (même si, bien sûr, il faut prendre en compte la taille du texte, pour juger de l’ensemble). Là encore, l’histoire tient la route et est plaisante à lire et les personnages récurrents deviennent alors la cerise sur le gâteau.

Au final, un épisode de plus, un plaisir de lecture de plus. On en réclame encore et on en aura, mais point trop, malheureusement, puisqu’après celui-ci, il ne reste plus que deux épisodes à lire.