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Laurent Rivière est un auteur de 50 ans, ancien éducateur sportif.

La diagonale du loup« À Bibracte, ancienne capitale gauloise et site de fouille archéologique, sans un minimum de connaissances sur la culture celte, tu ne vois qu’une forêt. Pour imaginer les lignes de fortifications, les cérémonies druidiques, il faut apporter les gaulois avec toi, comme tu emportes tes baskets pour aller courir. Bibracte ressemble aux gens du coin. Silencieux et rudes. Ils ne t’apprendront rien d’eux. - Ça ne me pose pas de problème. En tant que flic, je suis constamment confronté à des gens qui ne veulent rien me dire. » Faute d’officier de police disponible au cœur de l’été, Franck Bostik, un petit lieutenant muté à Autun après un passage en commission de discipline, quitte son « placard » au guichet du dépôt de plaintes. Il est envoyé à Bibracte, en pleine forêt morvandelle, où une précieuse relique et surtout une jeune fille de quinze ans, Kamilla, ont disparu le même jour. Il y retrouve la sœur jumelle de la disparue, mais aussi des pilleurs de patrimoine et une jeune scientifique à la recherche de l’homme de sa vie. En un siècle, seulement 3 % du site de Bibracte ont été fouillés. Franck Bostik, lui, a seulement 48 heures pour retrouver une trace de la jeune fille. Dans ce paysage aussi rude à aborder qu’un multirécidiviste en salle d’interrogatoire, il ne lâchera rien pour mener à bien son enquête.

Le premier roman de Laurent Rivière, « Morvan de chien », oublié en 2009, semble être une ébauche pour ce roman puisqu’il utilise le même personnage de Frack, flic ancien joueur de foot au genou défectueux et, plus encore, se déroule également à Bibracte. Ceci dit, « Morvan mauvais » dont le personnage principal se nomme Franck, est policier, et qui se déroule dans la même région du Morvan, semble indiquer que l’auteur aime beaucoup cette contrée.

« La diagonale du loup » est un roman policier dans lequel, il faut avouer, j’ai eu du mal à rentrer sans vraiment en connaître la raison. Car, si le personnage n’est pas super original, il est tout de même intéressant.

Le style, quant à lui, est à l’image du personnage, pas d’une originalité folle, mais agréable et maîtrisé.

Non, ce qui me retient, probablement, est plutôt dans le genre du roman et dans son intrigue. En fait, je pense que l’auteur est particulièrement attiré par le site de Bibracte (le fait qu’il ait écrit deux romans se déroulant sur ce lieu que je ne connaissais même pas de nom avant d’en lire le second et qu’un autre se déroule dans le même coin) et que cette passion pour le lieu vampirise l’intrigue. Ou bien l’intrigue est trop faible par rapport à l’attirance de l’auteur pour les lieux. 

Toujours est-il que l’intrigue étant assez faible, on sent que toute l’histoire s’appuie sur le site de Bibracte et, n’étant pas archéologue pour deux sous (ni trois ni quatre), cette béquille historique n’est pas suffisante, pour moi, à tenir l’édifice.

Pourtant, malgré tout, et contrairement à nombre d’autres romans policiers dans lesquels j’avais du mal à rentrer, j’ai poursuivi ma lecture jusqu’au bout. C’est donc bien la preuve qu’il y a quelque chose dans l’ensemble qui mérite de retenir l’attention.

Du coup, dans l’avenir, je redonnerais peut-être une chance à l’auteur, quand il écrira un roman policier qui ne se déroule pas dans le Morvan, pour voir si, loin de ses « racines », l’écrivain est plus libre.

Au final, un roman qui ne m’a pas passionné bien qu’il ait des qualités indéniables, mais l’auteur a du mal à choisir entre raconter une histoire et raconter un lieu.