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Marcel Priollet est un auteur qui a œuvré principalement dans les genres « policier », « sentimental » et « aventures ». Sous son nom et sous plusieurs pseudonymes (R.M. de Nizerolles, Henry de Tremières, René Valbreuse, Marcel-René Roll...), il a écrit un nombre incalculable de titres dont plusieurs autour de personnages récurrents, autant dans un genre que dans l’autre.

Mais, en ce qui me concerne, c’est la production policière qui m’intéresse et l’on notera dans celle-ci diverses séries : « Tip Walter, le prince des détectives » (dont je ne suis pas encore convaincu qu’il en soit réellement l’auteur), « Old Jeep & Marcassin » et, la série qui nous intéresse aujourd’hui : « Monseigneur et son clebs ».

« Meurtres sans meurtrier » est le septième épisode de la série qui en compte huit.

Joachim, alias Monseigneur, est un quadragénaire athlétique à la moustache à la gauloise, qui, s’il sait faire preuve d’une certaine éducation, est très proche des gens du peuple et de la rue. Il vit chichement, d’on ne sait quels moyens et est toujours accompagné de son berger de Lorraine, Diabolo, qu’il a élevé et dressé dans le camp de Buchenwald dans lequel il était incarcéré pour fait de résistance.

Le duo rend parfois service à la police, surtout le second, grâce à son flair infaillible.

Si le chien et son maître sont les personnages principaux de la série, ils ne sont pas toujours omniprésents (c’est même rarement le cas) et il n’est pas rare que le commissaire Bellavent ou l’un de ses hommes ouvre les hostilités et essuie les plâtres des premières pages.

Meurtres sans meurtrierLe château de Plantac semble victime d’une terrifiante malédiction : chaque propriétaire meurt en proie à une étrange maladie. Au décès de Mlle Edmée de Clerque, la châtelaine en titre, le docteur refuse d’accorder le permis d’inhumer, soupçonnant un meurtre par empoisonnement. En attendant les résultats des analyses, la police enquête, mais les suspects se font rares jusqu’à ce que la dame de compagnie pointe du doigt le fils de l’intendant. Cependant, la jeune femme a un comportement louche et échappe à la surveillance des policiers pour envoyer un télégramme réclamant l’aide d’un curieux personnage et de son acolyte. C’est ainsi que bientôt, à Plantac-sur-Isle, débarquent Monseigneur et son clebs…

 

Cette fois-ci, point de Bellavant ni d’inspecteur Rouque ou autre policier habituel de la série puisque l’intrigue se déroule en Dordogne.

Au château de Plantac-sur-Isle, tous les propriétaires du château meurent les uns après les autres de mystérieuse façon.

Mais, cette fois-ci, le médecin du village refuse de signer le permis d’inhumer. La police locale entre alors en scène et se met à interroger le personnel de la défunte châtelaine. Dans le lot, la jeune femme de compagnie se fait remarquer. D’abord en évoquant le comportement étrange du fils de l’intendant. Ensuite, en s’échappant malgré la surveillance de la police pour aller envoyer un télégramme réclamant la venue d’un mystérieux personnage et de son acolyte.

La police, curieuse, attend donc les deux personnes et tombent sur Monseigneur et son clebs, car la jeune femme de compagnie n’est autre que la protégée de Joachim, Pierrotte, que l’on a découvert dans les épisodes précédents.

Une nouvelle fois, Monseigneur et son clebs apparaissent tardivement dans l’histoire, presque à la moitié de l’histoire. Ce qui pourrait être un inconvénient, dans une série, de voir ses héros ne pas débarquer rapidement, a tout de même un bénéfice. Effectivement, cela oblige l’auteur à faire de son épisode un réel roman policier sans s’appuyer outre mesure sur l’attachement à des personnages récurrents. Ainsi, Marcel Priollet ne délaisse pas son intrigue et propose au lecteur, avant tout, une aventure à part entière. Certes, les personnages reviennent, par intermittence, mais l’histoire, elle, est toujours originale et sans faille (en considérant, bien entendu, que l’on a affaire à de la littérature populaire et à des textes de 20 000 mots).

Ainsi, même en l’absence des héros originels, on ne s’ennuie pas et le lecteur n’est pas dans l’attente ultime de leur arrivée pour prendre du plaisir littéraire.

Les morts s’enchaînent, mystérieuses, mais le titre nous laisse entendre qu’il n’y a point de meurtrier, ou qu’on ne le découvrira pas, ou bien encore, que le mystère est encore plus grand que ce que l’on pouvait imaginer.

Au final, « Monseigneur et son clebs » est une série qui se déguste avec ou sans ses héros, mais qui demeure toujours plaisante à lire, grâce au fait que l’auteur ne néglige jamais ses histoires et ne fait jamais dans la facilité que pourrait imposer ou suggérer le format.