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Marcel Priollet est un auteur majeur (il avait plus de 18 ans) de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle. L’homme a eu une production immense, partagée entre les différents genres à la mode (policier, sentimental, aventures...).

Dans le domaine policier, il est auteur de plusieurs séries dont, notamment, « Monseigneur et son clebs » dont j’ai déjà chroniqué les huit titres et « Old Jeep et Marcassin » dont « La rose de verre » est le troisième épisode.

LA ROSE DE VERRE : Une marquise espagnole a été assassinée, un soir, dans son hôtel particulier, à coups de dague. L’assassin n’a emporté qu’une chose : une rose de verre, gage d’amour du marquis pour sa femme. Le commissaire MARCASSIN, chargé au départ de l’enquête, ne peut se résoudre à ce que le coupable ne soit toujours pas démasqué. Rares sont pourtant les personnes ayant pu commettre le meurtre et toutes sont à compter dans les proches de la victime. Mais quand un petit souteneur, sur son lit de mort, s’accuse du crime de la notable, au lieu de penser que l’affaire est close, le policier est désormais assuré qu’elle ne fait que commencer et que la rose de verre en est l’élément primordial. Il lance alors son ami, le détective Gordon PERIWINKLE alias OLD JEEP, sur la piste du bijou… 

Petit récapitulatif des personnages.

Gordon Periwinkle, alias Old Jeep, est un détective américain trentenaire, ancien acrobate, élégant et beau gosse, dont la réputation n’est plus à faire.

Marcassin est un commissaire français cinquantenaire, trapu et bourru, à la moustache grisonnante, aux manières rustres et à l’intelligence et la perspicacité qui n’est plus à démontrer.

Après s’être rencontrés à la libération, les deux hommes sont devenus amis. 

Suite à un congrès réunissant la police mondiale (voir « Le crime est pour demain »), Old Jeep est demeuré en France pour étudier les méthodes de la police française...

Si, dans le premier épisode, « Le crime est pour demain », les deux amis étaient confrontés dans une compétition, ils se retrouvaient à coopérer dans le second, « Le fantôme au rire de femme ».

Malgré les atouts des personnages, du talent de Marcel Priollet et des intrigues, je notais un petit bémol dans la place prise par chacun des personnages. Old Jeep se retrouvait réellement en retrait, notamment dans la partie investigation et l’on pouvait redouter qu’il devienne un faire valoir plus qu’un comparse.

Ce troisième épisode démontre que telle n’était pas l’intention de Marcel Priollet puisqu’il met un peu plus en avant l’américain dans cet épisode.

L’affaire débute avant le fameux congrès. Marcassin est chargé de l’enquête sur l’assassinat de l’Espagnole. Mais, à cause du congrès, il est déchargé de l’affaire.

Deux mois plus tard, le coupable n’a toujours pas été trouvé, et cela n’est pas du goût du commissaire qui n’aime pas les échecs.

Comme toujours (si on peut dire toujours après seulement trois épisodes), le commissaire Marcassin n’en fait qu’à sa tête et passe par des moyens détournés pour pousser son ami américain à se charger d’une enquête qui lui reste en travers.

C’est l’occasion pour Old Jeep de démontrer qu’il n’a pas que des muscles et un beau visage, mais également un cerveau. C’est l’occasion, également, pour l’auteur, de mettre en avant ce personnage.

Pour autant, Marcassin n’est pas délaissé et l’on sent son empreinte sur l’histoire, un peu comme un rail qui guiderait le wagon.

Sur un format toujours aussi court (environ 18 000 mots), l’auteur, à défaut de nous livrer une intrigue de haute volée, nous propose tout de même une enquête à rebondissements avec une révélation finale qui peut surprendre.

Mais, avant tout, c’est le sens de la narration de Marcel Priollet et ses deux personnages qui priment, même si Marcassin se révèle une nouvelle fois bien plus intéressant que son confrère.

Au final, un troisième épisode qui rééquilibre un peu les positions entre les deux policiers et qui se révèle agréable à lire grâce au savoir-faire de son auteur.