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Marcel Priollet est un auteur culte de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle qui a œuvré dans différents genres littéraires à la mode.

Dans son œuvre policière, l’auteur a commis plusieurs séries avérées (n’oublions pas les possibles personnages qui reviennent dans différents titres d’une même collection plus généraliste, comme c’était coutume à l’époque). J’en retiendrais deux : « Monseigneur et son clebs » et « Old Jeep et Marcassin ».

Le titre qui retient mon attention aujourd’hui appartient à la seconde série, qui est en fait la première (puisque Marcel Priollet, à qui son éditeur avait demandé de produire une suite à « Old Jeep et Marcassin » a préféré lui proposer de nouveaux personnages avec « Monseigneur et son clebs »).

« À l’enseigne du “ Gai Pendu ” » est donc le 4e opus d’une série où les personnages se mettent lentement en place.

À L’ENSEIGNE DU « GAI PENDU » : À l’enseigne du « Gai Pendu », un crime a été commis. Le tenancier a été retrouvé dans sa chambre, abattu d’une balle dans le cœur. La fenêtre brisée laisse penser que le tir est venu de l’extérieur. Serait-ce une terrible malédiction qui frappe l’établissement ? En effet, dix ans auparavant, l’ancien propriétaire avait tenté de s’y pendre, mais n’avait réussi qu’à faire périr sa femme acariâtre d’une attaque cardiaque quand elle l’avait découvert se balançant au bout d’une corde avant qu’elle casse et qu’il s’en sorte indemne. Le commissaire MARCASSIN et son ami américain, le détective Gordon PERIWINKLE alias OLD JEEP, dînant chez un comte voisin de l’auberge, vont rapidement se charger d’une affaire qui va se révéler à la fois plus simple et plus complexe qu’il y paraît… 

Je reviens rapidement sur les personnages principaux que vous devriez désormais connaître pour peu que vous ayez lu mes chroniques sur les trois premiers épisodes de la série.

Old Jeep est un détective américain trentenaire, plutôt beau gosse, svelte, ancien gymnaste, bien élevé et homme d’action. 

Marcassin est un commissaire de police française cinquantenaire, plutôt trapu, mafflu, bourru, à la moustache grisonnante, mais doué d’une perspicacité indéniable.

Le premier est en France pour apprendre les méthodes d’investigations de la police française. Les deux hommes sont rapidement devenus amis.

Comme vous l’aurez compris, Marcel Priollet nous propose un duo que ne renierait aucun bon « Buddy movie », ces films où deux personnages très opposés sont obligés de collaborer et vont se lier d’amitié. Chaque personnage aura alors son caractère et son rôle.

Ici, Marcassin est l’homme de réflexion et Old Jeep celui de l’action. Marcassin, en bon français, sera un râleur impénitent, bourru, manquant de finesse et de manières. Old Jeep (surnommé ainsi, car les initiales de son nom, Gordon Periwinkle, en anglais, se prononcent Djiip, et que « old » est une marque de tendresse et de familiarité), lui, sera l’homme qui compte plus sur ses muscles que son cerveau, mais qui est aussi l’homme élégant et charmant.

Jusqu’à présent, Old Jeep se trouvait un petit peu en retrait même si l’auteur lui accordait une place un peu plus importante à chaque enquête. Pour autant, le meneur du duo n’en demeure pas moins Marcassin dont l’intelligence et la perspicacité lui permettent d’avoir toujours une longueur d’avance sur son partenaire.

Une nouvelle fois, Marcassin, délaisse un peu une enquête qu’il ne juge pas assez intéressante et envoie son ami déblayer le terrain. Pour autant, il ne pourra résister à l’envie de pointer son nez et d’apporter son grain de sel pour diriger l’investigation sur des pistes qui surprennent Old Jeep.

Le lecteur se retrouve donc en face d’un duo qui commence à ronronner et à trouver sa place au fil des épisodes et l’on ne doute pas que l’auteur va tout chambouler à un moment ou un autre pour surprendre son lectorat.

En attendant, Marcel Priollet nous livre, sur moins de 20 000 mots, une enquête plutôt agréable contenant son lot de faux semblants, de mauvaises pistes et de rebondissements même si l’atout principal de la série ne réside pas dans ces éléments là, mais plutôt dans l’ambiance du duo et la qualité de narration de l’auteur.

L’auberge du « Gai Pendu » se nomme ainsi parce que l’ancien propriétaire a tenté de se pendre dans sa chambre pour mettre fin à la tyrannie de sa femme. Mais, celle-ci, en débarquant pendant que son mari gigote encore au bout de la corde, meurt d’une crise cardiaque. La corde casse et le mari s’en tire, un grand sourire aux lèvres puisqu’il est miraculeusement vivant et enfin débarrassé de sa femme.

Mais, dix ans plus tard, le nouveau propriétaire est retrouvé mort par balle dans la même chambre.

A-t-il été victime de la vengeance de l’ancien propriétaire, le fameux « pendu » qui lui voue sa haine d’avoir été floué dans la vente de son bien ? Est-ce le nouveau tenancier de l’auberge qui voyait d’un mauvais œil l’occupation, par son propriétaire, d’une chambre qu’il ne pouvait plus louer ? Et s’il s’agissait de l’étrange jeune homme qui travaille parfois à l’auberge et dont la réputation n’est pas très florissante ?

Old Jeep et Marcassin vont tous les deux se lancer sur des pistes différentes pour résoudre cette enquête.

Rien à dire de plus sur cet épisode que je n’ai déjà dit des précédents. L’auteur s’appuie sur ses personnages sans pour autant délaisser son histoire et nous livre donc, avant tout, un très court roman policier de qualité malgré les contraintes de taille.

Au final, une agréable lecture et des personnages auxquels ont commence à s’attacher.