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H.-J. Magog est un auteur majeur de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle.

Je ne m’étalerais pas sur l’auteur, sa vie, son œuvre, je l’ai déjà fait concisément sur d’autres chroniques sur certains de ses romans et je m’intéresse plus aux textes qu’aux vies des auteurs.

« L’escalier de feu » est un court roman (20 000 mots) mettant en scène le personnage du détective Paddy Wellgone déjà rencontré dans « Le testament du fantôme », « Le masque aux lunettes » et, surtout, l’excellent roman « L’énigme de la malle rouge ».

Le texte chroniqué aujourd’hui est issu de la réédition du titre aux éditions R. Simon en 1941.

Cette information a sans doute un intérêt puisque je soupçonne que l’auteur d’avoir rallongé la sauce afin d’atteindre la taille désirée pour cette réédition.

Effectivement, à l’origine, le titre a été édité dans la cultissime collection « Mon Roman Policier », 1re série, des non moins cultes éditions Ferenczi. L’édition liminaire s’étalait donc sur 48 pages (15 000 mots, environ) et donc le texte a probablement été allongé d’un tiers (ce qui expliquerait certains ressentis de lecture).

L’escalier de feu : Le célèbre détective Paddy Wellgone est sollicité par un jeune homme pour mettre un terme à l’emprise qu’une femme a sur sa vieille et riche tante dans le but, selon lui, de le spolier de son héritage. L’enquêteur refuse tout d’abord l’affaire avant d’apprendre le nom de la manipulatrice : Mila Serena, un nom qui est loin de lui être inconnu puisqu’il a déjà dû affronter cette redoutable femme à plusieurs reprises dans le passé. Paddy Wellgone accepte alors l’affaire sans se douter des risques immenses qu’il va encourir pour mener à bien sa mission…

Bien étonnante que cette série, qui n’en est pas vraiment une puisque les titres ont été édités au sein d’une collection généraliste sans liens entre eux si ce n’est l’auteur et le héros.

En effet, la toute première aventure de Paddy Wellgone, « L’énigme de la malle rouge », est la plus moderne, du moins la moins ancrée dans son époque par le style, l’intrigue et la narration, que celles suivantes et ce, malgré le fait que le détective n’en soit pas le personnage principal.

Par la suite, Paddy Wellgone prend la place principale d’intrigues qui sont bien plus datées, du moins très similaires à ce qu’il s’écrivait à l’époque, et la narration se retrouve au même diapason.

Ainsi, tout comme dans « Le testament fantôme » et « Le masque aux lunettes », on retrouve l’idée de gang de bandits, de déguisements, d’aventures rocambolesques, de Némésis...

Paddy Wellgone se lance à la poursuite de la mystérieuse comtesse Mira Selena, femme gangster à qui il s’est déjà confronté par le passé. Pour cela, l’enquêteur va tenter d’infiltrer la domesticité d’une riche douairière qui se retrouve sous la coupe d’une étrange femme qui travaille probablement pour le compte de la fameuse Mira. 

Là encore, comme dans les autres titres courts (« L’énigme de la malle rouge » est un roman de taille standard, contrairement aux autres titres plus concis), la perspicacité du détective, la phase purement investigation, va laisser la place à l’action et à la réaction. Pas réellement de suspens ni de surprise, donc, puisque l’auteur prend le parti de narrer principalement les agissements de son héros et non son cheminement de pensée.

H.-J. Magog nous propose donc un court roman d’aventures policières plus qu’un roman à suspens, ce qui est dans la veine de la collection d’origine. Cependant, il est à noter que l’auteur perd, ici, un peu de son talent de narration qui était un atout indéniable dans d’autres productions.

Pour ce qui est des autres défauts, on pourra reprendre peu ou proue ceux des autres titres de taille équivalente : personnage à peine esquissé, action privilégiée sur l’investigation, ressorts similaires...

Cependant, la concision du texte en fait tout de même une lecture agréable idéale pour quand on ne peut accorder des heures à un ouvrage.

Au final, sans atteindre l’efficacité et la qualité de « L’énigme de la malle rouge », du même auteur et avec le même personnage, ce court roman apporte tout de même un bon moment de lecture, mais qui ne marquera pas les esprits.