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Fabrice Delphi est un journaliste écrivain décrié à son époque pour ses mœurs (il était homosexuel) ce qui lui valut de mourir dans l’oubli et dans un dénuement total.L’auteur s’est très peu essayé au genre policier, mais ses quelques tentatives font des lectures plutôt agréables comme nous l’avait déjà démontré le titre « L’Ombre Rousse ».

L’ANNEAU DE VERRE : Le chimiste Stanislas Janzel est retrouvé sans vie, le soir, dans son laboratoire. Le médecin légiste conclut à une mort naturelle due à une rupture d’anévrisme. Mais Marcel PRIVAT, élève et disciple du défunt, ne croit en rien aux conclusions des autorités. Pour lui, son mentor a été assassiné afin de lui dérober un anneau de verre qu’il portait constamment au doigt depuis qu’il l’avait découvert en Égypte dans le tombeau d’un prince pharaon… Devant l’incrédulité du juge d’instruction, Marcel PRIVAT se lance dans une enquête où il va faire montre de plus de perspicacité que le meilleur des policiers… 

Marcel Privat n’est pas un privé, mais le disciple et l’élève d’un chimiste de génie qui décède (le génie, pas l’élève) brutalement d’une rupture d’anévrisme alors que sa santé était bonne.

Marcel Privat ne se prive pas pour émettre des doutes quant à la mort naturelle de son bienfaiteur et il a pour preuve que l’anneau de verre que ce dernier portait sans cesse a disparu.

La police ne voulant rien savoir, Marcel Privat va à tout prix chercher qui est le meurtrier et, pour cela, il va s’improviser policier privé.

Trêve de jeux de mots, d’assonances et autres billevesées de la sorte, « L’anneau de verre » nous montre que Fabrice Delphi maniait bien la plume et était un bon conteur. Bien évidemment, le format 32 pages (le titre a été édité, à l’origine, dans la collection fasciculaire « Aventures Policières » des éditions Rouff en 1937) impose des restrictions tant au niveau du style que de l’intrigue puisque le texte dépasse à peine les 13 000 mots, mais l’on sent que Fabrice Delphi était à l’aise avec cette contrainte (il écrivait beaucoup de saynètes et autres textes courts) et on se doute qu’il devait s’avérer encore meilleur sur un format plus long, malheureusement, je n’ai pas connaissance qu’un seul de ses romans de taille classique œuvra dans le genre policier.

On peut rajouter que le personnage de Marcel Privat est plutôt sympathique dans son respect envers le maître et sa volonté de trouver un coupable à la mort de ce dernier là où les autorités ne pointent que la fatalité du doigt.

Au final, un court roman policier agréable à lire et qui laisse pour regret que son auteur ne se soit pas plus souvent penché sur ce genre spécifique.