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Encore un petit voyage dans la bibliographie de Marcel Priollet, auteur culte de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle avec ce titre écrit, à l’origine, pour la collection « Mon Roman Policier », 1re série, des éditions Ferenczi.

Marcel Priollet, est-il encore nécessaire de le préciser pour ceux qui lisent mes chroniques, est l’auteur des séries policières « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs », écrites dans les années 1940. Mais l’auteur a énormément écrit, pendant des décennies, à travers d’innombrables collections, chez différents éditeurs dans divers genres possibles avec une préférence pour le sentimental, le policier et l’aventure.

« Quand sonnera minuit... » est un court titre (11 000 mots) datant de 1 920 et qui surfe sur le style et les sujets qui sont à la mode à son époque (tout comme j’avais pu le noter dans « Par le trou de la serrure »). Le lecteur aura donc encore à faire avec un héros qui a le don de se grimer pour passer inaperçu et qui fera face à une bande de vilains... mais pas que.

 

QUAND SONNERA MINUIT… : Gaspard LANGEVIN, le célèbre policier aux multiples exploits, vient de subir le premier échec de sa carrière en ne mettant pas la main sur le sanglant terroriste Ali-Azouf. Alors que le dossier est confié à ses collègues – et pourtant rivaux – Gargoulet et Mirador, il décide de prendre des congés pour se rendre à Marseille et poursuivre son enquête. Bien déterminé à d’abord résoudre une autre affaire locale qui s’apprête à faire grand bruit, Gaspard LANGEVIN ne se doute pas qu’il s’engage dans une lutte sans merci au bout de laquelle une lente agonie lui est promise…

Voilà un titre qui prend toute sa signification à son extrême fin et qui conte les mésaventures d’un policier réputé qui vit mal l’échec de n’avoir pu retrouver un terroriste.

Voyant l’affaire confiée à ses rivaux, il décide de se mettre en congé et de continuer son enquête.

Mais, à Marseille, en plus du terroriste, sévit un drôle de voleur, un ophtalmo qui endort ses patients pour les dérober. Aussi, pour commencer, le policier va se faire passer pour un patient afin de prendre le voleur en flagrant délit et c’est là que va commencer sa rocambolesque histoire. Car, de fil en aiguille, du voleur au terroriste, du terroriste au voleur, il va se retrouver embringué dans une affaire bien plus importante qu’il ne pensait.

Bien sûr, du fait de la concision du texte, l’auteur utilise les grosses ficelles du hasard pour permettre à son enquêteur de remplir sa mission. Mais, pour qui est habitué de ces courts romans, il n’y a rien là de rédhibitoire.

Pour le reste, Marcel Priollet remplit son office qui est de proposer aux lecteurs de son époque une histoire comme il aime en lire et comme ses confrères de l’époque en livrent également. Il ne faut donc pas s’attendre ici à une plus-value « priollesque » comme on pouvait s’en délecter par la suite dans les deux séries policières citées de l’auteur. 

Effectivement, Marcel Priollet se met au diapason de la collection et ne déborde pas du cadre. Ni le format ni la collection ne lui permettent (peut-être n’a-t-il pas encore la maîtrise requise pour cela, non plus, il faudrait lire beaucoup d’autres titres de l’auteur écrits à la même époque pour se rendre compte s’il acquiert la maîtrise par la suite où s’il la possédait déjà, mais la bridait volontairement, en bon « faiseur » qu’il était).

Pour autant, Marcel Priollet fait le « job » et propose un très court roman agréable à lire, avec un rebondissement final qui s’appuie sur une loi votée en 1917 et qui fait toujours polémique, deux fois par an, de nos jours.

Au final, Marcel Priollet nous livre là un court roman policier de facture classique qui s’inscrit dans son époque (jusqu’au rebondissement final) et qui, à défaut de flirter avec l’excellence, propose tout de même un bon moment de lecture, ce qui est déjà pas mal.