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Charles Richebourg, vous devriez le connaître, depuis le temps que je vante les aventures de son commissaire Odilon Quentin. Enfin... le connaître... du moins connaître ses talents d’écrivain puisque de lui, on ne sait rien si ce n’est qu’il a écrit principalement pour les éditions Ferenczi, pour les collections policières et d’aventures (quelques titres dans le genre sentimental) dans les années 1950 et qu’il avait pour autre pseudonyme Désiré Charlus.

Pour le commissaire Odilon Quentin, on en sait un peu plus puisque le titre d’aujourd’hui est sa 44e et antépénultième enquête.

On s’entend que, quand un mot existe pour définir la place d’une occurrence d’une liste par rapport à la dernière, c’est que l’on est proche de la fin !!

Tristesse donc, après la lecture de cette enquête, il n’y en aura plus que deux à déguster.

 

L’IDIOT AUX MAINS ROUGES : Une vieille dame, aisée et philanthrope, est retrouvée sauvagement égorgée dans son appartement par sa concierge. Le commissaire Odilon QUENTIN est chargé de l’enquête même si le coupable semble évident puisqu’au moment de la découverte, l’idiot du quartier, un jeune homme ayant les facultés mentales d’un enfant baignait dans le sang de la victime et jouait avec les perles de son collier. Mais le policier en a vu d’autres en vingt-cinq ans de carrière et sait qu’il ne faut jamais faire confiance aux évidences… qui sont parfois trompeuses… 

Le commissaire Odilon Quentin est chargé d’élucider un crime sordide : une vieille dame a été égorgée à l’aide d’un rasoir avec une telle sauvagerie qu’elle a presque été décapitée.

Quand la concierge de l’immeuble découvre le corps, elle surprend, également, un jeune homme d’une vingtaine d’années, mais au Q.I. d’un enfant, en train de patauger dans le sang pour jouer avec les perles du collier de la victime.

Le commissaire se charge donc des interrogatoires liminaires dont, principalement, celui de la concierge. Celle-là lui apprend que l’idiot avait l’habitude de venir chez la victime, comme tout un tas de laisser pour compte qu’elle accueillait pour leur offrir à manger et de la compagnie, de la considération.

Tout semble donc indiquer que le faible d’esprit est le coupable, d’autant que la fortune que la vieille dame conservait chez elle est toujours dans sa cachette qu’un professionnel du vol aurait facilement découverte.

Oui, mais voilà, Odilon Quentin a appris, avec le temps, à se méfier des évidences et il va poursuivre son enquête d’autant qu’il y a plein de contradictions dans le comportement et les dires de la concierge.

Charles Richebourg conserver peu ou proue la structure des épisodes précédents pour conter l’enquête un peu à la manière d’un chroniqueur judiciaire. Il a d’ailleurs l’intelligence de se servir de cette excuse pour justifier le manque de circonvolutions littéraires ou d’apartés et autres scènes subsidiaires qu’utilisent les écrivains pour noircir les pages de leurs romans et ainsi expliquer la concision du sien, alors que la raison en est le format du fascicule 32 pages choisi pour la collection « Mon Roman Policier » 2e série des éditions Ferenczi dans laquelle il a été édité à l’origine.

Une nouvelle fois, en creusant un peu, le policier découvre plusieurs suspects potentiels qui avaient soit un motif, soit la possibilité de pratiquer le meurtre ou, à défaut, qui étaient dénués d’alibis.

Là encore il va devoir démêler le vrai du faux, séparer les différents fils qui mènent aux différentes pistes, ne conserver que le bon et découvrir le vrai coupable.

Malgré l’horreur du crime, le motif n’en sera que très humain, et sera à chercher dans la déchéance et les travers de l’Homme avec un petit « h » pour le coup (mais je laisse le gros pou préciser qu’il s’agit du groupe et non forcément d’une personne de sexe masculin).

Charles Richebourg nous démontre sa volonté, encore plus appuyée, de se proposer en tant que chroniqueur judiciaire, impression que l’on ressent depuis le début de la série puisque chaque déroulement d’enquête laisse cette impression et semble confirmer que l’auteur était assez proche du milieu policier (un ancien condé ???) ou, du moins, qu’il se refusait à toutes considérations extérieures à l’enquête. Mais peut-être que cette volonté est tout simplement née du format très court qui empêche les flâneries et que l’auteur c’est servi de cette contrainte comme d’une force ??? Qui sait ?

Toujours est-il que cette nouvelle enquête se déguste avec un grand plaisir, d’autant plus grand qu’il n’en reste plus beaucoup à découvrir.

Au final, le seul défaut de ce court roman est d’annoncer une fin très proche à la série et, aux vues des qualités de la plume, du personnage et des histoires, voilà une bien triste nouvelle.