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46e et ultime enquête du commissaire Odilon Quentin, un policier né de la plume de Charles Richebourg, un mystérieux écrivain de littérature populaire des années 1950 dont on ne connaît guère qu’un pseudonyme (Désiré Charlus) et qui a principalement œuvré dans le genre policier et dont la majeure partie de la production, du moins sous le pseudonyme de Charles Richebourg, est dédiée au personnage d’Odilon Quentin.

La série (qui n’en est pas une à la base puisque les épisodes étaient disséminés dans une collection policière, sans qu’ils puissent être identifiés comme mettant en scène le personnage) compte 46 épisodes dont 42 ont été édités dans la collection de fascicules 32 pages « Mon Roman Policier » chez Ferenczi et les 4 autres dans une collection 64 pages, « Police et Mystère » 2e série, toujours chez Ferenczi.

En clair, la plupart des épisodes font un peu moins de 10 000 mots, donc de très courts romans, et les autres en font le double, soit 20 000 mots.

Le format fascicule 32 pages, si vous lisez mes chroniques, vous commencez à bien maîtriser le sujet puisque nombreux sont les titres de ce format dont j’ai déjà parlé.

C’est un format qui ne laisse pas de place à la digression et qui nécessite de maîtriser parfaitement sa plume et ses personnages, pour offrir un bon moment de lecture. Si l’auteur est trop ambitieux dans son intrigue ou dans l’exposition de ses personnages, il est contraint à faire des coupes sévères pour entrer dans le moule, ce qui finit par se ressentir à la lecture du fait, au mieux, du manque de fluidité de l’ensemble ; au pire, par le manque d’intérêt tout simplement.

Je l’ai déjà dit, répété, mais, pour cet ultime épisode, pour la dernière fois où je vais vous parler d’Odilon Quentin, ce vieux commissaire à la carrure et à l’allure de marchand de bestiaux, patient et pugnace, qui préfère œuvrer depuis son bureau plutôt que d’aller sur le terrain, je vais le dire encore : Charles Richebourg (du moins l’auteur se cachant derrière ce pseudonyme) est l’un des rares auteurs à avoir excellé dans ce format (et pourtant, des auteurs comme Georges Simenon, Léo Malet, Stanislas André Steeman, Louis Thomas Cervoni, Marc Agapit... s’y sont essayés). 

CASCADE SANGLANTE : Il est étonnant de constater comment un banal accident de voiture peut vite basculer en une machiavélique entreprise d’élimination. Le commissaire Odilon QUENTIN va en faire l’amère expérience durant l’enquête sur la mort d’un jeune homme heurté par une automobile quand le médecin légiste remarque que le crâne du défunt est perforé par une balle de 7,65. Le vieux policier patauge lamentablement. La victime est un dévoyé, joueur invétéré, criblé de dettes, bien qu’étant le fils d’un riche industriel. Pourtant, Odilon QUENTIN ne baisse pas les bras et les événements vont rapidement lui démontrer que ce décès correspond à la chute du premier domino d’une terrible cascade sanglante…

Un banal accident de voiture qui se révèle être, en fait, un assassinat, il n’en faut pas plus pour qu’Odilon Quentin et toute son équipe soient chargés de l’affaire. Pourtant, malgré tout son métier, le commissaire ne s’en sort pas. La victime est un joueur compulsif, criblé de dettes, dont le père est un riche industriel.

Le meurtre du paternel redistribue les cartes, mais sans réellement ouvrir le jeu. Les pistes se multiplient (l’industriel s’entoure d’anciens détenus) sans pourtant aboutir à quelque chose. 

Mais les meurtres vont s’enchaîner, resserrant la bride sur le coupable selon le vieil adage « is fecit cui prodest » (le criminel est celui à qui profite le crime). Encore faut-il trouver qui profite des meurtres...

Cet ultime épisode, à l’origine, a été édité en fascicule 64 pages. Il a donc une taille double par rapport à la plupart des autres et fait figure de grand final du feu d’artifice littéraire que constitue la série.

Il est triste de réaliser que le commissaire Odilon Quentin raccroche les gants, mais au moins, il le fait sur un épisode plus conséquent.

Le commissaire Odilon Quentin et ses hommes sont fidèles à leurs habitudes et l’on peut voir défiler quasiment tous les personnages récurrents de la série dans cet épisode ultime.

Une nouvelle fois, le policier a affaire à des crimes à échelle humaine, mus par de vils instincts tout aussi humains. Pas de tueur en série dépravé animé par la seule folie, non, chaque tueur a un mobile qui est à chercher dans la déchéance des âmes (cupidité, vengeance...).

Comme à chaque fois, Odilon Quentin se positionne en chef d’orchestre, gérant les opérations depuis son bureau et laissant le travail de terrain à ses hommes : Chenu, Dubosc, Charron. 

En clair, rien de change pour ce dernier épisode et c’est tant mieux, car, n’ayant jamais été déçu jusqu’à présent par une enquête d’Odilon Quentin, je ne le suis pas plus pour cette ultime.

Au final, un très bon épisode, comme tous ceux de la série, dont l’unique déception réside dans le fait qu’il s’agisse de la toute dernière enquête d’Odilon Quentin et, qu’après, on devra se passer de ses services et c’est fort dommage.