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Claude Ascain est un auteur majeur de la littérature populaire française, au moins par sa production immense avec laquelle il abreuva les différentes collections du cultissime éditeur de l’époque (Ferenczi & fils), sous de nombreux pseudonymes (Jean Daye, Gérard Dixe, Pierre Olasso, Florent Manuel, Alain Martial...) ou sous son propre nom : Henry Musnik.

Quand on écrit beaucoup, que l’on doit beaucoup écrire, il est plus simple de se reposer sur des personnages que l’on maîtrise, raison pour laquelle les auteurs utilisent des personnages récurrents qui leur facilitent la tâche.

C’est le cas pour Claude Ascain plus que tout autre, puisque l’auteur a usé plusieurs personnages récurrents, dont Robert Lacelles, le gentleman-cambrioleur au grand cœur dont il est question dans ce titre.

L’HOMME QUI S’ESCAMOTE : Un jeune homme s’apprête à se suicider dans sa chambre d’hôtel lorsqu’il est dérangé par un voleur. Ce dernier le dissuade de mettre sa menace à exécution et lui demande la raison de sa volonté d’en finir. Apprenant que le gamin a signé des reconnaissances de dettes sous le nom de son père, auprès d’un usurier, afin de couvrir ses pertes aux jeux, le monte-en-l’air lui promet qu’il va résoudre le problème et exige qu’il retourne chez lui et qu’il renonce à son vice. Il accepte sans se douter qu’il a affaire à Robert LACELLES, le cambrioleur au grand cœur. Mais quand Robert LACELLES est là, la police n’est jamais très loin…

Bien évidemment, comme dans tout personnage de cambrioleur élégant, il y a de l’Arsène Lupin dans Robert Lacelles

Claude Ascain, malgré son métier et son expérience, nous a montré qu’il n’était pas forcément toujours à l’aise avec le format court imposé par les séries fasciculaires de 32 pages de l’époque (voir « On a tué le docteur », par exemple). Car l’exercice de style est complexe, réussir à captiver le lecteur en moins de 10 000 mots tout en lui proposant un personnage sympathique et attachant et une intrigue qui le captive a minima.

Ce pari, réussi par certains auteurs (Léo Frachet, René Thomas et, surtout, Charles Richebourg), est bien souvent perdu par la majorité des autres. Henry Musnik s’y est un peu cassé le nez sous le pseudonyme de Florent Manuel, mais il redresse la barre sous celui de Claude Ascain, du moins avec son personnage de Robert Lacelles.

Certes, rien d’original ni de transcendant dans ce très court roman, mais force est de constater que l’auteur fait le « job » en parvenant à satisfaire le lecteur et lui offrir un bon moment de lecture avec les aventures d’un personnage que l’on aura plaisir à retrouver.

Au final, Claude Ascain, alias Henry Musnik, nous propose un personnage sympathique à défaut d’original et nous livre une histoire plaisante à lire.