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Claude Ascain, de son véritable nom Henry Musnik, un auteur de langue française né au Chili, est un des piliers si ce n’est LE pilier d’une certaine littérature populaire française.

Je dis « d’une certaine littérature populaire », car l’auteur a principalement évolué dans le monde de la littérature fasciculaire, ces courts romans de 32, 64, 96 ou 128 pages qui, s’ils ont ravi plusieurs générations de lecteurs, n’ont jamais permis à leurs auteurs d’accéder à la postérité.

Claude Ascain, sous ce pseudonyme ou d’autres (Pierre Olasson, Florent Manuel, Alain Martial, Gérard Dixe, Jean Daye...) ou sous son nom, est à l’origine d’une immense production qui a abreuvé diverses collections de l’éditeur culte de l’époque : Ferenczi & fils.

Avec un si grand nombre de titres à son actif, il n’est pas étonnant de constater que l’écrivain usait souvent des mêmes personnages.

Parmi ceux-ci : Robert Lacelles, le gentleman-cambrioleur au grand cœur, aussi surnommé le Cambrioleur Invisible.

Sorte d’Arsène Lupin un peu plus moderne et moins désuet, mais avec la même générosité de cœur, la même, propension à se déguiser et, surtout, les mêmes accès dans le grand monde grâce à sa double vie.

L’HOMME DE FRESNES : Robert LACELLES, un redoutable cambrioleur au grand cœur, est en panne de voiture aux alentours de Fresnes lorsqu’il reçoit l’aide d’une personne arrivant à pied. Très vite, Robert LACELLES devine que son bienfaiteur sort tout juste de la prison proche. Comme le gars lui est sympathique, qu’il paraît être doué de discrétion ainsi que d’une certaine éducation, il décide de le prendre sous son aile et de l’aider en retour. Mais quand Oscar PALAN, – ainsi se nomme l’homme de Fresnes – lui raconte son histoire et la manière dont il a été accusé d’un vol qu’il n’a pas commis, le voleur lui jure de lui rendre son honneur et de découvrir la vérité.

Alors qu’il est en panne de voiture, en pleine campagne, au petit matin, Robert Lacelles n’a d’autre solution que de pousser sa voiture dans une pente, mais, voilà, difficile de pousser et conduire en même temps. Heureusement, un type arrive, à pied, dans sa direction. Robert lui demande son aide et, devinant très vite que derrière cet homme discret ayant une évidente éducation, se cache un prisonnier qui vient d’être libéré, il lui propose, en remerciement, un billet. L’homme refuse, ce qui le rend encore plus sympathique aux yeux du cambrioleur, et demande juste à être conduit à la prochaine ville. À la place, Robert Lacelles l’amène chez lui et décide d’en faire son homme de confiance. De plus, il place la pauvre mère de ce dernier dans une maison de retraite privée, le tout à ses frais.

Oscar Palan, puisque c’est ainsi que ce nomme l’ancien détenu, offre alors à son ange gardien sa dévotion totale.

Mais quand Robert Lacelles apprend de la bouche de son protégé que ce dernier a été incarcéré à tort, il décide de laver son honneur, d’autant que cela fera la nique à l’inspecteur Jolivet, son ennemi juré, qui est le policier qui a fait arrêter Oscar Palan.

Claude Ascain nous conte une petite histoire éminemment sympathique au centre de laquelle navigue le personnage d’Oscar Palan, un ancien professeur de littérature et d’anglais, à la tête de momie, mais doué d’une discrétion et d’une philosophie qui lui confère un certain aura.

Robert Lacelles, une fois n’est pas coutume, va se muer en justicier, lui qui déteste les injustices d’autant qu’il n’accepte pas qu’un innocent soit condamné quand lui, un coupable évident, échappe toujours à la justice.

Ce roman est dans la lignée des précédents de la même série : court (moins de 9000 mots), avec une intrigue assez basique (due à la concision du texte, principalement), avec un héros sympathique à défaut d’être vraiment original et une histoire plaisante.

Au final, c’est avec un certain plaisir que l’on retrouve le personnage de Robert Lacelles qui ne fait pas que voler les riches, il aide aussi les pauvres. Claude Ascain fait bien son boulot et maîtrise correctement les contraintes du format court et casse-gueule du fascicule 32 pages.