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Henry Musnik, auteur d’origine chilienne de langue française est un des piliers de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle. Effectivement, sous son nom ou sous de nombreux pseudonymes (Claude Ascain, Alain Martial, Pierre Olasson, Jean Daye, Gérard Dixe...) il a écrit de très nombreux titres qui ont abreuvé les diverses collections de l’époque des éditions Ferenczi & fils, mais aussi de leurs confrères.

Dans cette immense production, des personnages reviennent fréquemment, ce que l’on appellera donc des personnages récurrents. Robert Lacelles, un gentleman cambrioleur, est l’un d’eux. Hommage ou inspiration, le personnage est indéniablement un clone de Arsène Lupin (mais la littérature populaire pullulent de personnages très fortement inspirés de leurs confrères plus connus.

LA CHAMBRE AU CLAIR DE LUNE : Sur la route allant à La Baule, Robert LACELLES, le gentleman-cambrioleur au grand cœur, est bloqué, pour le week-end, dans un petit village, à la suite d’une panne de voiture. Dans l’auberge où il a trouvé refuge, il fait la connaissance d’un père et de sa fille avec qui il lie rapidement amitié. Alors qu’il commence à s’intéresser à un château inhabité proche de l’hôtellerie et susceptible d’abriter des objets précieux, Robert LACELLES est intrigué par le comportement étrange de ses nouveaux amis…

La voiture de Robert Lacelles tombe en panne alors qu’il se rend à la Baule pour raisons « professionnelles ».

On est vendredi en fin de journée, le mécano du village proche ne peut rien faire avant le lundi après-midi. Robert est obligé de passer le week-end dans le village et va trouver refuge à « La Tanche Royale ». Le restaurant étant plein pour cette fin de semaine, il est contraint à dîner à la même table qu’une jeune femme et son père. Il se lie très rapidement d’amitié avec la jeune femme et, comme le père est parti précipitamment pour affaires, il se retrouve à passer ses journées à la fille.

Mais, Robert Lacelles apprend l’existence d’un château inhabité proche et sent qu’il y a de quoi l’intéresser dedans.

Alors qu’il se rend sur place pour envisager les moyens de pénétrer les lieux, il remarque que la fille l’a suivi...

On ne se refait pas, Claude Ascain ne refait pas son personnage non plus. Robert Lacelles a trois principaux défauts : il est curieux, c’est un voleur et il a un grand cœur.

L’un ou l’autre de ses travers le perdra un jour, mais, en attendant, ils font tout le charme et la sympathie du héros.

Quand il a face à lui deux énigmes, un mystérieux château inhabité que la rumeur prétend piéger à la dynamite pour dissuader les « visiteurs » et le comportement étrange de la jeune femme qui semble surveiller ses agissements, Robert Lacelles va tenter de les résoudre tous les deux sans se douter qu’il va être confronté à un troisième, bien plus important.

Dans une forme tout aussi concise que les autres épisodes [un peu moins de 9 000 mots], Henry Musnik, sous le pseudonyme de Claude Ascain, nous propose une petite aventure de son cambrioleur préféré qui demeure dans la veine des autres. Effectivement Robert Lacelles y fait preuve de curiosité, de générosité et d’humanité et va une nouvelle fois apporter son aide sans rien demander en retour.

Si l’intrigue est réduite du fait de la concision du texte, l’ensemble demeure fluide [ce qui n’est pas toujours le cas dans ce format contraignant du fascicule 32 pages], agréable à lire sans dénoter ni par le sujet ni par l’attitude de son héros avec les autres titres de la série.

Au final, les épisodes de Robert Lacelles s’enchaînent et se révèlent homogènes dans leurs qualités. Courts, agréables à lire, avec un personnage, certes, pas très original, puisque très inspiré d’Arsène Lupin [avec un côté un tout petit peu moins guindé], mais suffisamment attachant pour que le lecteur ait envie de passer à l’épisode suivant.