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Henry Musnik est l’un des piliers de la littérature populaire française de la première moitié du XXe siècle, bien que né au Chili. Sous son nom ou sous divers pseudonymes (Claude Ascain, Pierre Olasson, Alain Martial, Jean Daye, Gérard Dixe, Florent Manuel), il a écrit un nombre incalculable de textes, principalement policiers, qui ont abreuvés les diverses collections des éditeurs de l’époque, notamment Ferenczi & fils.

Dans cette production, des personnages reviennent régulièrement, c’est le cas de Robert Lacelles, un gentleman-cambrioleur très inspiré de son homologue Arsène Lupin.

 

LE SECRET DE LA NUIT : La nuit ! Dans un parc ! Dans un arbre perché ! Robert LACELLES, le gentleman-cambrioleur au grand cœur, s’apprête à pénétrer dans le château d’une connaissance afin d’y dérober une collection d’ivoires anciens quand il surprend, dans le salon, une étrange scène entre deux inconnus. Il aperçoit l’un d’eux en train de verser le contenu d’une fiole dans le verre de l’autre qui s’écroule après l’avoir bu. Bientôt, le fourbe rejoint un troisième homme à l’extérieur et Robert LACELLES entend leur conversation ayant trait à certains documents et à la volonté de se débarrasser définitivement du type endormi…

Une fois n’est pas coutume, c’est alors qu’il s’apprête à commettre un cambriolage que Robert Lacelles surprend une scène qui va bouleverser ses projets et le pousser à aider son prochain.

Ici, le prochain a figure d’un anglais dont on cherche à se débarrasser à cause de certains documents.

Robert Lacelles, qui déteste les injustices et les fourbes, se prend alors de sympathie pour cet homme trahi et à qui on a versé un narcotique dans son verre à son insu.

Sa droiture et sa curiosité vont le pousser à aider cet homme et à découvrir les raisons pour lesquelles on veut s’en débarrasser.

Encore une fois l’intrigue est légère, la faute au format (fascicule 32 pages de 8600 mots), mais le lecteur sait à quoi s’attendre en lisant un titre de la collection d’origine (Le Petit Roman Policier, des éditions Ferenczi & fils).

Quand on a en main un de ces fascicules, ou une réédition numérique grâce au travail d’OXYMORON Éditions, ce n’est pas pour dévorer une intrigue échevelée qui s’étire sur des heures et des heures de lecture, mais pour déguster un roman très court, vite lu, afin de combler un petit moment de lecture.

Alors, la seule question qui vaille est de savoir si l’auteur va réussir à se dépêtrer des contraintes inhérentes au format, sachant que tous, malgré leurs talents, leurs métiers, leurs expériences, ne sont pas toujours parvenu à surmonter les écueils du fascicule 32 pages, n’étant pas capable de faire cohabiter concision et fluidité (ce fût d’ailleurs le cas de l’auteur, sous le pseudonyme de Florent Manuel, avec une autre série). D’autres, au contraire, ont franchi l’obstacle avec brio (Charles Richebourg avec la série des « Odilon Quentin », Léo Frachet avec la courte série « Père Le bœuf » ou, encore, René Thomas et la série des « Inspecteur Lémoz », toutes trois éditées, à l’origine, pêle-mêle, dans la collection « Mon Roman Policier », 2e série, des éditions Ferenczi & fils.

La réponse est oui ! Oui, avec ce titre, tout comme les précédents mettant en scène Robert Lacelles, Claude Ascain [les aventures sont signées de ce pseudonyme de l’auteur] parvient à proposer aux lecteurs de très courts romans agréables à lire avec, en son centre, un personnage bien sympathique, quoique pas très original.

Les aventures sont concises, fluides, dénuées de temps morts, de circonvolutions littéraires ou de scènes qui s’étirent. Elles vont droit à l’essentiel et assure un petit moment de lecture idéal pour ceux qui n’aiment pas attendre des heures avant de connaître la fin de l’histoire ou bien pour dévorer un titre en une seule fois avant de s’endormir ou lors de moments d’attentes, dans les transports ou autres.

Au final, encore une aventure de Robert Lacelles plaisante à lire. Que demander de plus ?