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Marcel Priollet est un auteur majeur (c’est confirmé, il avait plus de vingt et un ans à l’époque) de la littérature populaire qu’il alimenta par une très nombreuse production de textes sentimentaux, d’aventures, policiers... sous de nombreux pseudonymes.

Dans le genre policier, il proposa, entre autres, deux séries courtes (8 et 10 titres) via les éditions Tallandier : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs », la seconde succédant à la première.

« Douze... et un treizième » est le septième opus des aventures du commissaire Marcassin et du détective américain Gordon Periwinkle, alias Old Jeep.

Marcassin est un cinquantenaire à la moustache grisonnante, mafflu, rustique et ronchon, fumeur invétéré de cigarettes qu’il adore se rouler.

Old Jeep est un trentenaire au sourire parfait, à la stature d’athlète (c’est un ancien gymnaste) et à la parfaite éducation.

Le premier aime réfléchir. Le second préfère agir.

Douze... et un treizième : L’antiquaire Paget-Payen a été retrouvé, au petit matin, le crâne fracassé, dans sa boutique. Mais le concierge est catégorique, aucun étranger n’est entré ou sorti de l’immeuble abritant l’échoppe de la nuit. Le coupable est donc, probablement, un des douze locataires que les murs abritent. Les soupçons se portent rapidement sur l’un d’eux, Frantz Darbois, un musicien amoureux fou de la vendeuse du commerçant d’autant que le vieil homme avait décidé d’entretenir la jeune femme. Le commissaire Marcassin, aidé du fils d’un vieil ami qui veut entrer dans la police et de son ami Old Jeep, va mener son enquête pour découvrir laquelle des douze personnes est le meurtrier. Mais en est-il des suspects comme des marchandises ? Le commissaire Marcassin en recevra-t-il treize à la douzaine ?  

Paget-Payen, l’antiquaire croisé dans l’épisode « La rose de verre », est retrouvé assassiné dans sa boutique et le tueur ne peut qu’être un des habitants de l’immeuble abritant l’échoppe, soit, l’un des douze locataires.

Le commissaire Marcassin est chargé de l’affaire et sera épaulé par le jeune André Chavigny, le fils d’un vieil ami qui est venu lui demander son aide pour entrer dans la police. Le commissaire, à qui le môme est sympathique, accepte de tester ses capacités sur l’affaire concernant l’antiquaire et le traîne avec lui sur les lieux.

À la lecture du début de cet épisode, on se dit que Marcel Priollet va une nouvelle fois faire de Marcassin le personnage principal et reléguer Old Jeep au second plan, comme il l’a toujours fait jusque là. D’autant que la présence de Chavigny pourrait laisser penser que l’auteur tente d’introduire un nouveau personnage (un peu comme les scénaristes actuels, le font dans les séries qui durent, afin de tester certains changements envisagés auprès du public), mais comme Marcel Priollet nous avait déjà fait le coup précédemment avec l’inspecteur Belfontaine, on se doute que l’on ne retrouvera pas le jeune homme par la suite.

Que dire de cet épisode que je n’ai déjà dit des précédents ? Rien ! l’épisode possède les mêmes qualités (et les mêmes défauts pour ceux qui auraient espéré qu’Old Jeep prenne le dessus sur Marcassin).

Encore une fois Marcel Priollet, contrairement à certains de ses pairs, nous propose un récit qui n’est pas porté par ses personnages, mais dont ceux-ci font figure de cerises sur le gâteau. Entendez par là qu’il ne se repose pas uniquement sur ses héros pour procurer du plaisir de lecture et qu’il fait en sorte, avant tout, d’offrir une bonne histoire à ses lecteurs. Le fait de retrouver Marcassin et Old Jeep ne fait qu’ajouter encore plus de plaisir à ce court roman (moins de 19 000 mots).

D’ailleurs, l’histoire se révèle plutôt intéressante et l’intrigue enlevée (en prenant en considération la taille du texte qui ne permet pas, non plus de proposer un embrouillamini à la Franck Thilliez ou Christophe Grangé).

Les fausses pistes ne manquent pas, les non-dits non plus et les rebondissements sont présents même si le lecteur finit par se douter un peu avant les policiers de l’identité du tueur.

Pour le reste, il n’y a pas à dire, Marcel Priollet sait mener sa barque et maîtriser sa plume.

Au final, un septième épisode qui offre un septième plaisir de lecture et je serais même tenté que ce plaisir croît d’opus en opus (probablement l’attachement au personnage de Marcassin y est pour quelque chose).