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9e et avant-dernier épisode de la série « Old Jeep et Marcassin » signée Marcel Priollet.

Marcel Priollet, pilier de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle, qui, à travers différents genres, sous différents pseudonymes, a écrit un nombre incroyable de textes qui sont désormais tombés dans l’oubli, car, bien souvent, destinés à des collections fasciculaires (aventures, policières ou sentimentales).

Pour sa participation purement policière, on retiendra deux séries : « Old Jeep et Marcassin » et celle qui suivit, « Monseigneur et son clebs », toutes deux éditées au format 64 pages aux éditions Tallandier.

Contrairement à beaucoup de ses confrères, Marcel Priollet ne s’est pas contenté de disséminer ses personnages récurrents au sein d’une collection généraliste, mais a bien souvent bénéficié de séries dédiées.

« Old Jeep et Marcassin » fait apparaître deux personnages récurrents. Un policier américain trentenaire, athlétique et souple, au sourire enjôleur et aux bonnes manières et un commissaire de police français, cinquantenaire, trapu, rustique, moustachu, fumeur invétéré, bougon et rustre.

Le premier est venu en France pour se familiariser avec les méthodes policières françaises et est très rapidement devenu ami du second, d’autant qu’ils s’étaient déjà rencontrés à la fin de la seconde guerre pour la libération de Paris :

LA MÈRE AUX CHATS : Le détective GORDON PERIWINKLE alias OLD JEEP, est dépêché pour arrêter un gangster en provenance des États-Unis, après un braquage sanglant dans une bourse aux timbres. Aidé de l’inspecteur Belfontaine, OLD JEEP file le truand jusqu’à un appartement insalubre dans lequel les deux hommes ont la surprise de trouver le cadavre d’une vieille femme entourée d’une tripotée de matous miaulant. 

 

— My mother ! (Ma mère !), souffle le bandit avant de profiter de l’étonnement de ses poursuivants pour se faire la malle.

 

Rapidement, l’enquête révèle plusieurs éléments troublants. Le logement attenant à celui de la défunte est habité par un négociant en timbres et le médecin refuse le permis d’inhumer de la « Mère aux chats », suspectant un empoisonnement. La « Mère aux chats » est-elle réellement la maman du tueur américain ? Par qui et pourquoi a-t-elle été empoisonnée ? L’assassinat de la vieille et le vol de timbres sont-ils liés ? Les voisins ont-ils quelque chose à se reprocher ? Ce sont des questions auxquelles OLD JEEP – à la poursuite du fuyard – et le commissaire MARCASSIN – chargé de résoudre le meurtre de la « Mère aux chats »vont devoir répondre, chacun de leur côté…

La police américaine, sachant que Gordon Periwinkle, alias Old Jeep, est toujours en France, lui demande de procéder à l’arrestation d’un dangereux criminel dont le dernier méfait consiste en un braquage dans une bourse aux timbres, braquage ayant fait plusieurs morts et blessés.

Pour ce faire, Old Jeep va avoir l’assistance de l’inspecteur Belfontaine, un des hommes de Marcassin et le duo va suivre le dangereux braqueur jusqu’à un appartement dans un immeuble parisien. Là, ils pénètrent dans l’appartement dans le but de procéder à l’arrestation et découvrent le tueur près de la dépouille d’une vieille dame entourée d’une meute de chats.

Le tueur, plutôt que de se démonter, laisse entendre qu’il s’agit de sa mère et, face à la surprise des policiers, en profite pour filer non sans les enfermer dans l’appartement.

Le médecin venu constater le décès de la vieille dame soupçonne un empoisonnement et c’est au commissaire Marcassin de faire son apparition pour élucider ce meurtre.

Durant les divers interrogatoires, il constate que le voisin de la vieille est un négociant en timbres, ce qui laisse suspecter à Old Jeep que le meurtre de la dame et l’arrivée du gangster américain sont liés. Mais le commissaire n’en a que faire du gangster venu d’outre-Atlantique, il ne veut s’occuper que de l’empoisonnement.

Pourtant, petit à petit, les évènements suspects s’enchaînent et les deux policiers vont devoir à nouveau coopérer.

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé ce duo hétérogène de policier.

Chacun retrouve son rôle usuel. Le commissaire Marcassin navigue au premier plan et Old Jeep au second, comme dans les autres épisodes.

Et c’est tant mieux, car c’est véritablement Marcassin qui est le personnage le plus intéressant, le plus complexe des deux. Rustre, bougon, se fichant des bonnes manières, Marcassin est bien moins lisse que son homologue. De plus, l’homme est intelligent et perspicace, mais partage peu ses conclusions ce qui l’amène à avoir des comportements qui semblent étranges aux autres et provoque donc des situations décalées et drôles.

Old Jeep, lui, se contente souvent d’un rôle un peu plus physique, quand il n’est pas un simple faire-valoir.

Une nouvelle fois, Marcel Priollet ne mise pas tout sur ses personnages et met en place une réelle histoire, une réelle intrigue (intrigue qui ne rivalise pas avec les grands thrillers du fait de la concision du texte : fascicule 64 pages = plus ou moins 20 000 mots).

Ainsi, on suit en même temps l’avancée du scénario et celle du duo, ce qui garantit un réel plaisir de lecture.

Car il est indéniable que Marcel Priollet maîtrise sa plume et sa narration, en plus de ses personnages et propose un très court roman sans réelle faiblesse.

Au final, un 9e épisode, dans la lignée des précédents, qui offre un bon moment de lecture.