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Les « Enquêtes du Professeur », c’est une série éditée dans la collection « L’indice » des éditions Populaires Monégasques dans les environs de 1946.

La collection « L’indice » semble avoir regroupé également d’autres textes que ceux autour du Professeur.

Les textes de la série semblent avoir tous été écrits pas René Byzance, même si la plupart son non signés, pseudonyme qui cacherait, selon certains, l’auteur Jean Buzançais dont, de toute façon, je ne sais rien.

Gonzague Gaveau est un inspecteur de police que l’on surnomme « Le professeur » pour une raison probablement expliquée dans le premier épisode de la série (celui-là semble être le second) mais qui est vraisemblablement dû au fait qu’il se promène avec des ustensiles de police scientifique pour étudier les indices et, surtout, que ce soit un ancien étudiant en Sorbonne.

Meurtre à Baumugnes : L’inspecteur Gonzague Gaveau dit « Le professeur », est envoyé dans un village perdu de montagne pour enquêter sur la mort de L’Empereur, un vieux chef de famille retrouvé mort, au petit matin, dans son fauteuil. Arrivé sur les lieux, le policier fait la connaissance de Toine, le petit-fils de cinq ans du défunt et Noiraud, le chien de la famille. Le village n’étant habité que par deux familles et le chien n’ayant pas aboyé la nuit du crime, les suspects se font rares…

Les « Enquêtes du Professeur » s’étalent sur une quinzaine de fascicules de 16 pages à la mise en page très dense offrant, au final, des textes d’un peu moins de 9 000 mots.

Du coup, on se doute que l’auteur ne va pas nous proposer une intrigue très évoluée et des personnages fouillés.

Cependant, ce n’est pas non plus ce que le lecteur attend de ce genre d’ouvrage.

Pour autant, dès les premières phrases, on note immédiatement que l’auteur nous propose un style un peu mieux maîtrisé que la plupart de ses homologues œuvrant dans la littérature populaire fasciculaire.

Sans parler de grande littérature (mais qu’est-ce que la grande littérature et, surtout, que signifierait « petite littérature » ?), l’auteur, qui n’a pas signé le texte, nous démontre un certain talent et une envie de faire montre d’une certaine aisance avec la langue, ce qui n’est pas si fréquent. D’habitude, la qualité que l’on demande à un auteur de fascicule, c’est de parvenir à être fluide tout en étant concis, à diriger ses personnages, plus que sa plume.

Rares sont donc les fois où je suis captivé, d’abord par la plume, avant de l’être par les personnages ou l’histoire. Ce fût le cas pour les enquêtes du commissaire Odilon Quentin de Charles Richebourg et c’est le cas, ici, avec les enquêtes du Professeur, du moins, de ce « Meurtre à Baumugnes ».

Mais l’auteur ne se contente pas de manier aisément sa plume et le langage, il fait montre également d’un certain humour qui ajoute une touche de légèreté à l’ensemble. 

L’humour, au départ, vient principalement de Toine, un gamin de cinq ans que la mort de son grand-père ne semble pas émouvoir et qui se réjouit même, car « Les crimes cela amène du monde ». Mais, comme le dit si bien le gamin, son grand-père était vieux et les vieux, ça doit disparaître, c’est dans l’ordre des choses.

L’auteur décide donc de nous poser une ambiance, avant une intrigue qui, il le sait bien, ne sera de toute façon pas très ambitieuse.

Notre Professeur va alors vite se rendre compte qu’à Baumugnes, il n’y a que deux familles qui se partagent les terres, plus l’idiot du village. Le meurtrier sera donc à compter parmi cette population d’autant que Noiraud, le chien de la famille du défunt, n’a pas aboyé la nuit du crime, laissant suggérer que celui-ci a été commis par un proche. Et comme l’Empereur (le surnom du mort) n’était pas un homme apprécié, les pistes demeurent nombreuses.

Court texte, donc, mais texte plutôt agréable à lire de par la maîtrise de son auteur et le léger humour distillé.

On regrettera que le personnage principal ne soit qu’esquissé, mais, probablement que comme dans toute série fasciculaire, le lecteur apprend à connaître le héros au fur et à mesure des épisodes. Encore faut-il trouver ces épisodes qui semblent assez rares à dénicher.

Au passage, j’adore l’illustration de la couverture qui n’est pas signée, elle non plus.

Au final, une bonne lecture, qui donne envie d’y revenir et de faire mieux connaissance avec le fameux Professeur.