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Bill Disley est un reporter de la littérature populaire, né au milieu des années 1940 de la plume de l’énigmatique J.A. Flanigham, derrière lequel se cache, selon la BNF, un autre pseudo : Raymond Gauthier. À part cela, on ne sait rien sur l’auteur si ce n’est qu’il maîtrisait à la perfection le format très contraignant du roman très court édité en fascicules ou livrets de 32 pages soit, environ, 10 000 mots.

On connaît son talent, effectivement, pour peu qu’on ait déjà lu des aventures de Bill Disley dans ce format particulier (car il y a également des titres de 128 pages mettant en scène ce personnage).

Le crime de Wood'House :

Un soir, au sortir de son bureau, Bill Disley, le célèbre reporter, plongé dans ses pensées autour d’une sinistre affaire de vol de bijoux, déambule sans se soucier de son chemin.

Quand il reprend ses esprits, il est perdu au milieu d’un quartier sinistre.

Soudain, le cri d’une femme retentit, une ombre apparaît dans le brouillard, lui demandant de l’aider.

Celle-ci semble poursuivie par des hommes armés.

Profitant de la nuit et de la brume, Bill Disley et sa protégée parviennent à échapper aux poursuivants.

Le lendemain matin, le journaliste apprend qu’un crime a été commis à Wood’House, une maison se situant à deux pas d’où il a croisé la frêle demoiselle…

« Le crime de Wood'House » fait partie des nombreuses aventures de Bill Disley qui ont été rééditées, dans les années 1950, sous un autre titre, dans une autre collection (certains ont même été allongés).

Je ne parlerais pas de l’autre titre du roman, celui-ci, à mon sens, en révélant un peu trop sur l’histoire et, surtout, sur la conclusion de l’intrigue.

Bill Disley est préoccupé par une affaire de bijoux volés, persuadé que le désigné coupable par la justice était en fait innocent. Il voit derrière ce crime et de nombreux autres qui ont lieu, la signature de l’énigmatique Mr Sweet, un chef de bande dont tout le monde parle, mais que personne ne connaît.

Perdu dans ses réflexions, alors qu’il voulait rentrer chez lui à pied, il se perd dans les rues et atterrit dans un quartier sinistre qu’il ne connaît pas.

Soudain, un cri, une femme se jette sur lui réclamant son aide. Elle est poursuivie par deux hommes. Le brouillard aidant, Bill Disley et la femme parviennent à s’échapper et le journaliste la ramène chez lui afin d’en savoir un peu plus, d’autant qu’il est persuadé l’avoir déjà vu.

Le lendemain matin, son Boss l’appelle pour savoir pourquoi tout le monde parle d’un crime à Wood'House la nuit dernière, sauf son journal. Problème n° 1, Wood'House se trouve à deux pas de l’endroit où il a croisé la femme la nuit dernière. Problème n° 2, Bill Disley, durant la nuit, s’est souvenu d’où il avait déjà vu la femme : au fameux procès sur l’affaire des bijoux qui le préoccupait. C’était la secrétaire de l’accusé.

Bill décide de se rendre au journal pour en savoir plus, et, quand il revient chez lui pour interroger la femme, celle-ci s’est envolée.

Bill Disley fourre toujours son nez là où il ne le faut pas, et, comme il est bien trop curieux, normal, pour un journaliste, il lui arrive sans cesse des ennuis.

Il semblerait que « Le crime de Wood'House » soit l’un des premiers à avoir été publié (même s’il est assez difficile de lister de façon chronologique à cause des titres éparpillés dans diverses collections ou édités sous différents titres.

C’est peut-être ce qui expliquerait que le personnage de Bill Disley est un petit peu moins fantasque que dans les titres que j’ai lu précédemment. Effectivement, du moins dans ses relations avec son Boss, avec son pote Jeff ou son ami l’inspecteur Martin, Bill Disley est un peu moins drôle, évitant les petits noms doux qu’il donne à l’un et à l’autre, ce qui atténue quelque peu l’humour de l’épisode.

Reste alors l’histoire et la narration qui, pour un tel format contraignant, est tout de même d’un bon niveau. Rappelons que la narration et l’intrigue sont les deux points faibles des romans de cette taille [environ 10 000 mots] et que très rares sont les auteurs ayant performé dans ce domaine. J.A. Flanigham lui, nous prouve dès ce premier épisode qu’il maîtrise totalement le format et son sujet.

Mais, heureusement, le meilleur est à venir parce que, très vite, J.A. Flanigham va conférer à son personnage principal ce petit côté « Jemenfoutiste », ironique et affectueux qui va faire tout son intérêt.

Au final, ce premier épisode, bien que déjà de bonne facture, est encore loin de l’excellence des épisodes à venir, du fait que Bill Disley n’a pas encore pris ses marques. C’est la raison pour laquelle, l’éditeur a préféré ne pas le placer en première position de ses rééditions, sûrement afin de permettre à un maximum de lecteurs de découvrir tout de suite le véritable Bill Disley.