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Bill Disley est un reporter-détective né de la plume de J.A. Flanigham vers la fin des années 1940.

Difficile de dire qui se cache derrière le pseudonyme de J.A. Flanigham. LA BNF indique un autre pseudonyme : Raymon Gauthier, une rumeur laisserait entendre que l’écrivain Marcel Idiers pourrait être l’auteur de cette série... qui sait ???

Peu importe, d’ailleurs, l’auteur, seuls les personnages et les textes comptent pour moi et il faut savoir que dans le format contraignant d’édition de l’époque (livret 32 ou 48 pages = environ 10 000 mots), les aventures de Bill Disley font figure d’excellence.

Contraignant, car, en 10 000 mots, rares sont les auteurs à avoir tiré la quintessence de leur plume et de leurs personnages tout en livrant des histoires intéressantes. 

L’étrange mort d’Arthur Higgens Bill Disley, le célèbre reporter-détective, est intrigué par un entrefilet dans le journal relatant l’arrivée d’un magnat du pétrole américain en Angleterre, pour échapper à des menaces pesant sur sa vie. Bill Disley ayant eu affaire avec le « Roi du pétrole » deux ans auparavant, et surtout, avec Rosita, sa belle et jeune fille, il décide de se rendre dans le lieu de villégiature du riche industriel pour en savoir plus. Il convainc le millionnaire d’accepter la présence de Jeff, son fidèle compagnon et ancien boxeur pour veiller à sa sécurité, mais le soir, l’homme est retrouvé mort dans son lit : crise cardiaque…

Bill Disley discute avec son patron à propos d’un entrefilet dans le Star Express (le journal dans lequel il travaille), faisant part de l’arrivée du Roi du Pétrole en Angleterre, celui-ci fuyant les É.-U. suite à des menaces sur sa vie.

Bill Disley est intrigué par l’histoire, non seulement parce qu’il est curieux de tout, mais aussi parce qu’il soupçonne que cela pourrait faire un bon article. Et, enfin, parce qu’il connaît la fille du magnat, qu’il a croisé deux ans auparavant et que cette dernière lui a donné une gifle mémorable.

Bill se rend dans le manoir acheté par le riche homme et constate que son homme d’affaires est une connaissance de Harvard. Grâce à lui, il peut approcher le Roi du Pétrole, discuter avec lui et lui conseiller de garde Jeff, son fidèle acolyte et ex-boxeur, auprès de lui pour le protéger.

Mais, durant la nuit, le millionnaire est retrouvé mort dans son lit. Le médecin appelé à son chevet conclut à une crise cardiaque et accorde le permis d’inhumer.

Mais Bill n’est pas plus con qu’un autre, du moins, pas plus con que le lecteur et il se doute bien que la mort n’est pas naturelle. Un homme menacé de mort et qui meurt, on a tendance à penser qu’il s’agit plutôt d’un meurtre.

Aussi, Bill Disley décide donc de rester et il va assister à l’arrivée du frère de la victime et de son infirmière (l’homme est couvert de bandages et boite suite à un accident). Tout de suite, quelque chose semble suspect au détective, mais il n’arrive pas savoir quoi et finit par s’agacer.

Je me plaignais dans mes premières lectures (mais je lis un peu dans le désordre tant il est difficile d’établir une réelle chronologie dans les aventures de Bill Disley à cause des différentes éditions et rééditions au sein de diverses collections) que Bill n’était pas souvent à son boulot de journaliste... Là, il début dans les bureaux du Star Express et décide d’enquêter pour délivrer un article intéressant à son Boss.

Il faut savoir que dans les aventures de Bill Disley naviguent plusieurs personnages secondaires dont Jeff, son acolyte et fidèle ami, ancien boxeur, ancien pickpocket, qui se ferait tuer pour lui ; Bob, le gros patron du journal où Bill travaille ; l’inspecteur Martin, un policier et ami qui vénère Bill Disley bien que celui-ci l’énerve et le conduit souvent à faire des choses à la limite de la légalité voire totalement en dehors.

Ici, du trio, seul le policier est absent et, pour cause, de crime il n’y a, du moins, pas selon le médecin qui affirme que la mort est naturelle.

C’est pourtant la relation entre Bill et ses compagnons et les dialogues qui en émanent, qui font tout le sel de la série. Heureusement, il en reste deux et cela suffit à notre plaisir.

Parallèlement, je vantais le fait que l’auteur parvenait à nous livre une intrigue par trop simpliste et sans avoir l’air d’être obligé de couper son texte parfois à la hache pour entrer dans le cadre des 10 000 mots (ce qui, je le répète est un format court très contraignant).

Ici, l’intrigue est plutôt honnête et, si encore une fois on n’a pas l’impression d’avoir affaire à un si court texte en le lisant, l’auteur s’accorde tout de même quelques facilités qui étaient surtout usitées durant les décennies précédentes.

Pour autant, l’ensemble tient la route et on a la surprise de trouver un Bill Disley un peu perdu (probablement moins qu’il ne le parait, d’ailleurs), ce qui le change de son assurance habituelle.

Au final, que dire à part que c’est encore un bon épisode et que la série s’avère vraiment au-dessus de la production habituelle (tout en haut, même) dans ce format de courts romans.