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Bill Disley est un journaliste à la vocation de détective né de la plume de l’énigmatique J.A. Flanigham derrière lequel l’on ne sait pas qui se cache réellement.

Les premières éditions des aventures du reporter datent de 1946 et celles-ci s’étalèrent sur plusieurs collections au rythme de nouvelles éditions ou de rééditions sous un autre titre, sur des formats de 32 pages, 48 pages et 128 pages. Les deux premiers formats proposent des textes entre 10 000 et 13 000 mots, quant au dernier, il faudra attendre que je me sois penché dessus pour en connaître la teneur exacte.

Bill Disley est un jeune journaliste qui aime résoudre des mystères et qui, pour cela, compte sur l’aide de son ami Jeff, un ancien boxeur, ancien pickpocket, qui a encore des connexions dans le milieu et un gauche foudroyant et de son autre ami Martin, un policier de Scotland Yard qui, malgré sa droiture, flirte souvent avec la ligne blanche sous l’influence du reporter.

Bill Disley aime les drinks en tout genre, champagne et whisky en tête et Jeff est accro au gin et au turf.

L’ÉTRANGE SURSIS :

Bill DISLEY, le célèbre reporter-détective, est sollicité par une jeune femme pour protéger son père.

Celui-ci est menacé de mort par un ancien complice ayant participé au braquage de la National Bank, vingt ans auparavant.

Seul condamné et écroué, il s’apprête à sortir dans quelques jours et prévoit de régler ses comptes avec ses ex-associés qui ont dépensé sa part du magot…

Épisode indéterminé dans les précédentes éditions, « L’étrange sursis » est le 9e épisode de la toute récente réédition numérique des aventures du journaliste.

Une jeune femme aux yeux couleur violette vient supplier Bill Disley d’aider son père qui, vingt ans auparavant à participer au célèbre cambriolage de la National Bank avec, en butin, 15 millions de livres. Wallis, le seul de la bande à avoir été attrapé et écroué, purge sa peine et sera bientôt libéré et n’a qu’une hâte, se venger de ses comparses qui, au lieu de donner sa part à sa fille, l’a laissé dans la misère et ont tout gardé pour eux.

Pour se renseigner sur cette affaire, le journaliste fait appel à son ami policier, mais aussi à son ami Jeff qui est chargé de sonder le « milieu ».

Immédiatement, Jeff apprend que les dires de la jeune femme ne sont pas d’une vérité complète, ce qui n’empêche pas Bill de poursuivre ses investigations jusqu’à apprendre, en compagnie d’un autre ami, avec qui il a décidé d’aller finir une soirée dans une boîte, que la jeune femme qui lui a mandé son aide est danseuse dans ces lieux et que son amie la connaît en tant que maîtresse d’un riche homme d’affaires. À la sortie de la boîte, Bill et son ami sont suivis et, à la descente de voiture, une rafale éclate, l’ami du journaliste s’écroule. 

Qui peut bien lui en vouloir, pense Bill ? Mais, quand, le lendemain, il apprend de la part du policier que son ami blessé a été abattu dans sa chambre d’hôpital, il semble clair que ce n’était pas Bill qui était visé.

13 000 mots pour nous conter une petite histoire policière, il est évident que l’auteur ne peut proposer une intrigue rivalisant avec les grands romans du genre. Pourtant, et comme à chaque fois ou presque, Flanigham parvient à condenser suffisamment son histoire et de belle façon au point que le lecteur ne se sente jamais devant un roman au rabais ni devant un si court texte. À aucun moment l’impression de coupes drastiques ou d’élisions préjudiciables n’apparaît et le flegme, la nonchalance et l’humour de Bill Disley font mouche.

Le lecteur peut également se satisfaire du fait que toute la bande est ici réunie : Bill Disley, bien sûr, mais également Jeff et l’inspecteur Martin. Et, quand les trois sont là, le plaisir de lecteur également.

Au final, encore un bon épisode de la série, qui n’en compte, jusqu’ici, aucun de mauvais ni même de moyen, et le plaisir de retrouver Bill Disley est sans cesse renouvelé.