NC22

Nick Carter le personnage littéraire, pas le chanteur pour anciennes ados en chaleur devenues, depuis, jeunes femmes en chaleur ou jeunes mères en chaleur et même, moins jeunes femmes en chaleur... mais je m’égare...
Nick Carter est probablement l’un des personnages de la littérature populaire policière les plus connus après Sherlock Holmes, Maigret, Hercule Poirot, San Antonio, Nestor Burma, Lecoq, Harry Dickson et quelques autres...
Nick Carter, en tout cas, aux É.-U., est une institution.
Nick Carter, le grand détective américain est né de la plume de John R. Coryell en 1886. Il est repris ensuite par Frederick van Rensselaer Dey qui écrit une aventure par semaine pendant 17 ans (près de 900 aventures).
La série s’arrête en 1915, mais le personnage renaît dans les années 30, puis dans les années 50. Ses aventures sont portées au cinéma (par Jacques Tourneur, entre autres) et sont adaptées en pièces radiophoniques, en France, dans les années 60.
Mais pour les amateurs de littérature populaire, en France, Nick Carter c’est une série de plusieurs centaines de titres (mal) traduits par des auteurs comme Jean Petithuguenin et qui sera ensuite rééditée en partie par Sobeli (comme toutes les séries Eichler après la fermeture de la maison d’édition).
Mais, plus encore, l’importation par les éditions allemandes Eichler, de la série « Nick Carter », ainsi que celle des « Buffalo Bill » va changer la face de la littérature populaire française en imposant une forme, un genre, liés de façon inextricable. Effectivement, la liaison entre la série populaire et le fascicule est, dès lors, imposée par le succès de Nick Carter, non seulement aux É.-U. et en France, mais également dans toute l’Europe.
Dès lors, et ce pour des décennies, le genre et la forme seront liés dans l’esprit des éditeurs et des lecteurs (Toto Fouinard, Tip Walter, Miss Boston, Ethel King, Harry Dickson... et bien plus tard, Thérèse Arnaud, Marius Pégomas, Old Jeep et Marcassin, Monseigneur et son clebs...).
C’est dire si les aventures de Nick Carter représentent, à elles seules, tout un pan de la littérature populaire américaine et française.
C’est la raison pour laquelle j’ai passé outre mes réticences à lire des traductions et à ne me concentrer que sur des œuvres écrites en français pour découvrir le détective dont tout le monde parle depuis 130 ans...

Le Docteur Quartz :

Un mystérieux wagon consigné en gare de Kansas City depuis des semaines est promis à une vente aux enchères si le propriétaire ne se manifeste pas rapidement. Jeremy Stone, qui attend l’événement pour s’en porter acquéreur afin de savoir ce que peut renfermer le compartiment, fait appel au célèbre Nick CARTER, car il soupçonne que derrière cette étrange machine se cache le redoutable Docteur Quartz, ennemi juré du détective. Bien que le Docteur Quartz soit officiellement mort, Nick CARTER sent qu’il a affaire à une terrible machination sans se douter que ce qu’il va découvrir dépasse de loin ses prédictions... 

Il faut savoir que Nick Carter, durant toute sa carrière, a eu plusieurs Nemesis, plusieurs adversaires récurrents, tous plus forts et machiavéliques les uns que les autres. Il y aura, par exemple, Dazaar, qui apparaîtra dans divers épisodes. Puis il y a le Docteur Quartz.

Si Nick Carter, comme je vous l’ai succinctement dit, a bouleversé la littérature populaire policière française, et pas que, c’est bien plus par l’imaginaire, le format, la périodicité, la sérialité, que par les qualités littéraires.
Car, effectivement, je ne sais pas si les textes sont traduits de l’allemand (eux-mêmes traduits de l’anglais) ou directement de l’anglais, mais toujours est-il que le résultat ressemble, par moments, à une traduction effectuée par un logiciel de traduction automatique.
Ainsi, on se retrouver avec l’expression « Suivant vous ! » que j’aurais plus volontiers traduits par « Selon vous ! » ou une expression que j’ai dû relire plusieurs fois pour comprendre ce que cela voulait dire : « cous en caoutchouc » pour exprimer des badauds curieux.
Mais, ce qui m’a surtout dérangé, c’est le fait de connaître déjà l’histoire. Non pas que celle-ci soit pompée sur une autre (je ne sais pas), mais parce que j’avais déjà écouté trois pièces radiophoniques de Nick Carter et l’une d’elles était une adaptation de ce titre.
C’est dire si, entre la traduction aléatoire et le fait que je connaissais déjà l’histoire, il m’était bien difficile de prendre du plaisir à ma lecture.
Pourtant, en cours de route, plutôt vers la fin, d’ailleurs, j’ai fini par entrer dans ce roman de 25 000 mots, étalé sur 32 pages, double colonnes et par avoir un avis un peu moins négatif que celui que j’avais pu avoir dans la première moitié de ma lecture.
Certes, l’ensemble aurait mérité un « retravail » d’écriture, notamment pour quelques phrases, afin d’alléger le tout et de le rendre un peu plus digeste, mais il faut reconnaître que la série a pour avantage de se concentrer sur son personnage et sur le crime sans jamais se perdre en conjectures ou en frivolités. De plus, il faut bien avouer que l’histoire est assez machiavélique et que l’on aurait bien aimé en connaître le fin mot. Malheureusement, même s’il est indiqué que chaque fascicule contient une histoire complète, celle-ci ne l’est pas réellement puisque les motivations du criminel ne seront dévoilées que dans l’épisode suivant. Dommage !
Au final, Nick Carter aura bouleversé la littérature populaire que j’apprécie tant et je l’en remercie plus pour cela que pour le plaisir de lecture bien que, malgré un certain désenchantement, il y a tout de même un petit goût de « reviens-y » qui me laisse à penser que je me relaisserai tenter prochainement.