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Nat Pinkerton est un personnage littéraire créé suite au succès de celui de Nick Carter, le détective américain.

Créée apparemment en 1907, la série « Nat Pinkerton » est née de la plume d’un ou plusieurs auteurs allemands, avant d’être traduite et éditée en France par les éditions Eichler avant d’être reprise par les éditions Sobelli (tout comme les Nick Carter).

Difficile de ne pas penser que ce personnage est fortement inspiré par Allan Pinkerton, le célèbre détective ayant créé une Agence éponyme au succès international. Il est à noter que, tout comme Buffalo Bill, Allan Pinkerton a, dans l’esprit populaire, une image plutôt positive alors qu’en réalité, son travail était bien plus sombre et moins avouable qu’on ne le pense puisqu’il a participé à dénoncer et faire exécuter des grévistes et à casser les mouvements de grève. Notons que l’homme qui représente l’invincible et téméraire détective serait mort d’une gangrène après s’être mordu la langue !!!

Mais revenons-en à Nat Pinkerton !

La volonté du ou des créateurs de la série est donc de surfer sur le succès des deux séries populaires Nick Carter et Buffalo Bill. Nat Pinkerton navigue donc entre ses deux confrères. Détective, comme Nick Carter, le personnage œuvre plutôt dans le monde du Far West que dans les milieux urbains, comme Buffalo Bill.

Le Juge Lynch :

Un riche fermier est assassiné. Le fiancé de la fille du défunt est immédiatement suspecté, d’autant qu’il a eu une vive altercation avec la victime la veille au soir.

Mais la jeune femme, persuadée de l’innocence de l’homme qu’elle aime, fait appel au célèbre détective Nat Pinkerton afin de sauver le suspect du lynchage promis par une population remontée et trouver le véritable assassin.

Nat Pinkerton œuvre donc dans les grands espaces des fermiers, comme c’est le cas dans ce titre, puisqu’il est chargé de trouver le véritable assassin d’un riche fermier et éviter le lynchage d’un innocent injustement accusé du meurtre.

Rien de plus « Western » que le sujet de ce court roman (fascicule 32 pages = un peu moins de 10 000 mots) puisque l’on parle de lynchage, de pendaison à un arbre, de fermiers...

Si le genre (sériel policier aventures) et le format (fascicule) rappellent la série des Nick Carter, l’éditeur (Eichler, puis Sobelli), n’hésite pas à offrir une mise en page (notamment en 1re de couverture) copiée sur celle des Nick Carter. Titre en haut de la page, cadre rouge, illustration dans un cadre en dessous...

Le style est également similaire même si le théâtre des évènements est différent. Pas de circonvolutions littéraires, de temps morts, de présentations excessives de personnages. L’auteur va droit au but : de l’action, de l’action et de l’aventure.

Le lecteur n’est certes pas face à de la grande littérature, ni même à une tentative de présenter quelque chose d’innovant, mais simplement à un texte qui n’a d’autre but que de le divertir durant une petite heure et, il faut bien l’avouer, celui-ci remplit correctement son office.

Ici, a priori, pas de petits problèmes de traduction comme on a pu en trouver dans certains épisodes de Nick Carter. Pas de grands méchants, non plus, ni d’utilisation de masques pour se grimer ou de technologies, comme on peut en trouver dans les épisodes de Nick Carter, mais peut-être cela vient-il en cours de série, je ne sais pas.

Au final, une série minimaliste : une heure de lecture, histoire complète, donc intrigue faible. L’ensemble est concentré sur l’action, sans temps morts et sans perdre du temps à présenter dans le détail les personnages ni les motivations des protagonistes. Pour autant, quand on sait à quoi s’attendre, le texte remplit son office de distraire le lecteur et c’est déjà pas mal.