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4e épisode des « Enquêtes du Professeur », signé René Byzance, initialement édité dans la collection « L’Indice » aux éditions Populaires Monégasques.
L’inspecteur Gonzague Gaveau est surnommé « Le Professeur » parce qu’il a fait Sorbonne et a écrit une thèse sur « Les Variations de la voyelle O dans les langues ougaro-caucasiennes ».
Difficile d’en dire plus sur l’auteur d’autant que la plupart des épisodes ne sont pas signés.
Il est intéressant de noter que les « Enquêtes du Professeur » a été une sous-collection de la collection « L’Indice ».

La pendue du Pré Catelan :

Au Pré-Catelan, au cœur du Bois de Boulogne, au petit matin, une jeune femme est retrouvée nue, pendue à un arbre. L’identité de la victime ne tarde pas à être découverte, il s’agit d’une starlette en vue. L’inspecteur Gonzague GAVEAU, dit « Le Professeur », est chargé de l’enquête. Les premières constatations démontrent que la comédienne a été étranglée avant d’être suspendue. Un crime ! Dans le milieu du cinéma, voilà qui promet d’exciter tous les folliculaires, d’autant que la vie privée de la nymphette permet de multiplier les suspects potentiels depuis ses amants, ses rivales jusqu’à ce mystérieux boiteux en trench-coat qui a été aperçu non loin des lieux du meurtre... 


L’inspecteur Gonzague Gaveau qui était descendu sur Grenoble se retrouve (on ne sait vraiment comment) à mener une enquête au Bois de Boulogne.
Une jeune femme nue a été retrouvée pendue à un arbre. L’enquête démontre, d’une part, que la victime était une actrice en devenir et, d’autre part, qu’il ne s’agit pas d’un suicide, mais que la défunte a été étranglée avant d’être pendue.
Comme le dit si bien l’un des personnages de l’histoire : « Dans tout roman policier, la règle du jeu l’exige, de multiples personnages doivent être soupçonnés. ». Et les suspects ne manquent pas entre le producteur adipeux qui l’entretenait, l’amant avec lequel elle le trompait, la femme à qui elle a piqué cet amant, du frère à la vie dissolue... et le boiteux au trench-coat qui a été aperçu près du lieu du crime.
Que dire de plus de cet épisode que de ceux dont j’ai déjà traité si ce n’est que plus je dévore ces enquêtes et plus je constate que l’auteur maîtrisait parfaitement le format 32 pages (ou, là, du 16 pages bien remplies de petits caractères, c’est qui est peu ou proue la même chose. En clair, un peu moins de 10 000 mots). Et le fait est suffisamment rare dans le monde de la littérature populaire pour être notée.
Effectivement, les auteurs ayant performé dans ce format très contraignant sont très rares et j’avancerais principalement les noms de Charles Richebourg et René Thomas.
Et, d’ailleurs, l’ombre de Charles Richebourg plane un peu sur ces enquêtes et sur ce Professeur, d’autant qu’une expression très appréciée par l’auteur et qu’il utilisait souvent dans les enquêtes du commissaire Odilon Quentin : « Jouer par la bande » est présente dans ce court roman. D’autant que tout comme Richebourg, Byzance fait preuve d’une véritable plume dans un format tellement contraignant que rares sont les auteurs à tenter d’y avoir un style.
Alors, est-ce le même auteur qui se cachait derrière Charles Richebourg et René Byzance ? Je ne sais pas, mais, pourquoi pas. Ce serait une hypothèse à creuser... mais où creuser, la littérature populaire fasciculaire est semblable aux abysses, difficile d’y repêcher les informations que l’on recherche.
Toujours est-il que ces enquêtes du Professeur sont fort plaisantes, celle-ci peut-être encore plus que les autres de par le fait d’un humour léger qui imprègne l’ensemble du récit, mais aussi par un je-ne-sais-quoi, ce qui est l’apanage des bons auteurs. Car, utiliser une recette identifiable, même si ce n’est pas toujours aisé, peut aboutir à un bon roman... mais quand on ne peut identifier réellement le « petit plus », qu’on ne peut le pointer du doigt, alors, force est de constater que l’auteur a réussi un petit miracle... petit miracle dans un petit fascicule contenant une petite histoire qui procurera un agréable petit moment de lecture... voilà qui confère à son auteur le qualificatif de « grand ».


Au final, c’est un réel plaisir de suivre les enquêtes de ce Professeur même si les intrigues, de par le format court, ne sont pas de hautes volées, parce que le talent de l’auteur se fait grandement sentir et son aisance et la maîtrise de sa plume et du format, également.