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Marcel Priollet, est-il encore besoin de le préciser, surtout si vous êtes habitués à lire mes chroniques, est un auteur majeur de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle.

Si l’auteur s’est souvent frotté aux genres « policier » et « aventures », c’est avant tout pour et par sa production de collection « Romance » voire « Romance et Drame » qu’il s’est fait connaître et apprécier.

Mais, pour moi qui ne jure que par le « Polar » sous toutes ses formes, j’apprécie Marcel Priollet notamment pour deux séries : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son Clebs » dont j’ai déjà tant dit tout le bien que j’en pensais.

Mais, hormis ces deux séries éditées, à l’époque, chez Tallandier, Marcel Priollet a écrit également de nombreux titres indépendants pour diverses collections policières, principalement pour les éditions Ferenczi, mais pas que.

Effectivement, le titre qui nous intéresse aujourd’hui (du moins, qui m’intéresse moi) est issu, à l’origine, de la collection « Carré d’As » des Éditions et Revues Françaises, en 1942.

Cette « Collection » est plutôt un ensemble de collections puisque les quatre As, formant le fameux carré, sont physiquement séparés afin de regrouper, chacun, un genre particulier.

Si « L’As de Pique » duquel est extrait « L’assassin vient à pas de loup » semble regrouper des textes policiers et « L’As de Cœur », évidemment, des textes « Romance », il est plus difficile de différencier les deux autres As qui, pour l’un, devrait regrouper des textes « Aventures », quant à l’autre ???

« L’assassin vient à pas de loup » a été édité sous le pseudonyme Marcelle-Renée Noll, un des nombreux pseudonymes de Marcel Priollet, sous un format fascicule carré (petite taille) de 32 pages correspondant à un texte d’à peine plus de 10 000 mots.

L’ASSASSIN VIENT À PAS DE LOUP...

Le comte de Frangy est sur les nerfs. Alors qu’il s’apprête à se remarier après un long veuvage, il reçoit régulièrement des lettres de menaces de la part d’un rival revenu d’un lointain passé.

Ces messages, l’ennemi les prodigue depuis le Brésil et sur chaque étape qui le rapproche inexorablement de sa proie.

Sur les conseils de son médecin et de sa fille, de Frangy va faire appel à un policier à la retraite, patient du docteur.

Mais le « protecteur » s’avère être un bien curieux personnage aux manières peu orthodoxes…

Bien qu’écrit en 1942, ce texte se rapproche plus du style de Marcel Priollet de la fin des années 1920, années 1930, notamment de par son ambiance un peu surannée d’un romantisme fleur bleue.

Si le sujet central semble peu crédible aujourd’hui (cette vengeance qui traverse les décennies pour des raisons fugitives), il l’est beaucoup moins à la lecture de ce court roman.

Bien sûr il faut remettre tout cela dans un contexte (je ne serais pas étonné que ce texte soit une réédition sous un autre titre d’un texte plus ancien) et aborder ce texte en connaissance de cause, ce que feront les lecteurs de la réédition numérique pour le peu qu’ils aient lus, au préalable, les autres productions de l’auteur de la nouvelle collection éponyme.

Évidemment, en 32 pages/10 000 mots, l’auteur ne peut pas offrir une intrigue échevelée, et celle-ci, au final, s’avère plutôt même convenue bien qu’elle soit pimentée par l’apparition de cet étrange policier est soit très intelligent et perspicace, soit d’un sans-gêne et d’une incompétence totale.

Au final, un petit texte qui se lit rapidement, facilement, agréablement, mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable.