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H.R. Woestyn est un des auteurs énigmatiques de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle. De sa biographie l’on ne sait pas grand-chose (pas plus les dates essentielles que les autres), si ce n’est qu’il était écrivain (ba oui), mais également traducteur des textes d’Edgar Alan Poe et qu’il usait de différents pseudonymes (André Beucher, Roger Nives, Jacques Bellême, Jules France, Henri Sevin).

Dans le catalogue d’OXYMORON Éditions, vous avez pu déjà découvrir l’auteur, notamment, dans un exercice de style peu courant, le micro roman, avec le recueil « Inspecteur Pinson » et quelques nouvelles pour la collection « KatreCar » ou, plus récemment, dans un titre de la collection « Les Cadennes » : « Une fête qui finit mal ».

La main de singe :

 Le comte de Servières, ancien consul de France à Palerme, est la cible d’une Vendetta depuis qu’il a contribué à faire condamner à mort un membre de la maffia locale. 

Revenu en France pour échapper à ses ennemis, il n’en a pas moins subi deux tentatives d’assassinat auxquelles il a réchappé par miracle.

 Bien qu’ayant changé d’identité, le voilà de nouveau face aux menaces de la bande qui en veut à sa vie.

 En ultime recours, il réclame l’aide du fameux détective Romain Farel. 

Ce dernier accepte de retrouver ses persécuteurs sans se douter que son client va devoir faire face à une menace des plus étranges… 

« La main de singe » est un court roman assez particulier, car il ressemble à un condensé de roman-fleuve.

Effectivement, malgré la concision de son texte, l’auteur nous livre une suite de séquences, de tableaux, qui s’emboîtent les uns dans les autres, mais où chacun prend le temps de mettre en place sa série.

L’histoire débute ici par une scène durant laquelle des maffieux discutent et où l’un d’eux apprend aux autres qu’il a retrouvé l’ennemi qu’ils ont essayé, par deux fois, d’assassiner.

Vient ensuite un chapitre pour conter les raisons de cette vendetta.

Puis un autre chapitre met en place ladite Vendetta.

Enfin, intervient le détective qui va résoudre l’affaire.

C’est donc un mini roman-fleuve, pourrait-on dire avec un peu d’ironie, que nous propose H.R. Woestyn.

D’autres répondraient que c’est un peu court pour un roman-fleuve, et ils n’auraient probablement pas tort.

Du fait de la concision du texte (14 000 mots), l’auteur ne peut développer aucune des parties et, en multipliant celles-ci, il rend encore plus difficile le fait de parvenir à les rendre lisibles.

Pourtant, H.R. Woestyn, sous le pseudo de Jacques Bellême, nous a démontré son talent de concision et que le fait de conter une histoire en quelques milliers de mots ne le dérangeait nullement, bien au contraire.

C’est encore le cas ici bien que l’on sente tout de même que le plaisir de lecture aurait été plus intense si l’histoire s’était étalée sur plusieurs centaines de pages.

À défaut, c’est sur 32 pages que l’intrigue tient.

Au final, voilà un petit roman qui sent le roman-fleuve et qui, pourtant, ne s’étire que sur le court espace d’un fascicule. Les émotions sont donc multipliées, autant que les différentes « parties » de l’histoire, mais elles sont forcément moins intenses qu’elles ne l’auraient été sur une taille plus conséquente.