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Marius Pégomas, le célèbre détective marseillais, est un personnage créé par l'énigmatique écrivain Pierre Yrondy en 1936 pour une série fasciculaire de 36 titres de 32 pages double colonnes (environ 13 000 mots).

Chaque épisode est indépendant et « Le mystère du cabanon » est le 17ème de la série.

Pour en savoir plus sur la série, le personnage ou l'auteur (même s'il l'on ne sait pas grand chose sur ce dernier) il suffit de se reporter à mes chroniques sur les épisodes précédents.

Le mystère du cabanon :

Quatre amis attendent avec impatience, dans le cabanon de l’un d’eux, l’arrivée de Mireille, l’une des filles de la bande.

Mais à défaut de Mireille, c’est la police qu’ils voient débarquer pour fouiller les lieux.

Tandis que le corps de la disparue est rapidement retrouvé caché dans le coffre à bois, André, le fiancé de la défunte, s’enfuit en courant.

Pour le commissaire chargé de l’enquête les coupables sont vite trouvés et tous sont arrêtés.

Mais André est allé réclamer l’aide de Marius Pégomas, le célèbre détective marseillais.

Ce dernier aura fort affaire pour trouver le meurtrier et le mobile et va risquer sa réputation pour innocenter le pauvre jeune homme et ses amis…

Les enquêtes de Marius Pégomas sont donc de très courts romans policier à ambiance, d'environ 15 000 mots. Avec une telle concision, difficile de mettre en place une intrigue qui rivalise avec les grands thrillers, mais là n'est pas le but. Le but, c'est de donner du plaisir aux lecteurs et, pour peu que l'on apprécie les facéties du héros, ces enquêtes sont très agréables à lire.

Car, il ne faut pas se le cacher, le véritable atout de cette série est Marius Pégomas en personne. Car le bonhomme est prêt à toutes les frasques pour trouver la clef de l'énigme et n'hésitera pas, au passage, à ridiculiser la police, ou bien pire.

Le détective s'entoure parfois de Titin (son beau-frère), Flora (sa femme), de bouillabaisse (un ami) ou du docteur Mercadier (un savant loufoque).

Cette fois-ci, Marius Pégomas est mandé directement par l'un des principaux suspects d'un crime pour en trouver l'auteur et l'innocenter. Marius se méfie car, comme il le dit, ce n'est pas la première fois qu'un coupable l'embaucherait pour tenter de l'innocenter. Aussi, il ne néglige aucune piste.

Mais tout, dès le départ, semble étrange au détective (et à n'importe qui d'autre que la police). Déjà, de cacher un cadavre à l'endroit où on se réunit tranquillement. Ensuite, que la police reçoive une lettre anonyme dénonçant le meurtre, et expliquant où trouver le corps et que cette lettre ait été postée avant même l'heure du crime. Mais le commissaire et le juge chargés de l'enquête sont tellement persuadés de tenir les coupables qu'ils ne cherchent pas d'autres pistes, au contraire de Marius Pégomas.

Les enquêtes de Marius Pégomas sont toujours drôle et celle-ci ne déroge pas à la règle. Pourtant, Marius Pégomas y est moins loufoque qu'à l'accoutumée, mais le docteur Mercadier est, à son tour, source de sourires face à sa distraction légendaire.

Le principal défaut que l'on pouvait émettre à la lecture des précédents épisodes, c'est que l'auteur nous cachait la façon dont son détective résolvait son enquête (par soin de concision, mais aussi, avouons-le, pour éviter d'inventer un cheminement de pensée qu'il aurait été difficile, parfois, à mettre en place). On ne pourra pas faire un tel reproche à cet épisode car, même si le lecteur n'est pas placé en face de tous les indices, et bien qu'il parvienne à deviner le meurtrier avant que Marius ne l'accuse publiquement, l'auteur nous propose tout de même de suivre l'enquête de son détective privé, de suivre sa façon de réfléchir et de savoir quelles pistes il a suivi pour en arriver à sa conclusion. Ce n'est certes pas le policier à suspens du siècle, mais, comparé aux autres épisodes, c'est un grand pas en avant de ce côté-là. Du coup, Marius Pégomas étant plus investi dans la réflexion, il l'est moins dans l'action et, surtout, la réaction et, du coup, bien moins exhubérant qu'à l'ordinaire. En clair, ce que l'histoire gagne en aspect policier, il le perd un peu en humour. Pour autant, l'ensemble reste léger et drôle.

De plus, contrairement à l'épisode précédent, Pierre Yrondy se risque moins à des métaphores hasardeuses, à croire que cet épisode n'a pas été écrit à la même période que le précédent, ce qui est difficile à imaginer, ou bien, tout simplement, que l'auteur a varié quelque peu ses écrits.

Au final, un épisode un peu moins burlesque mais un peu plus policier, dans lequel le plus célèbre détective marseillais s'avère à son aise.