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26e épisode des aventures de San Antonio signé Frédéric Dard.

On ne présente plus le commissaire San Antonio, aussi ne vous le présenterais-je pas, pas plus que Bérurier que tout le monde doit connaître, ainsi que Pinaud, les trois format la Sainte Trinité de la série.

La tombola des voyous :

Quand on prétend être un grand pêcheur, l’as de la ligne toutes catégories, il ne faut pas dévoiler ses secrets... surtout quand ils sont aussi curieux que ceux du valeureux Bérurier. Devinez avec quoi il appâte, le Gros ? Avec certaines parties des bovins qui constituent toute la différence entre un taureau et un bœuf, vous voyez ce que je veux dire ? Et c’est à cause de cette bizarre technique que tout a commencé. Nous étions penchés sur un immense bac d’abats, aux Halles, à la recherche du morceau convoité, quand le père Pinaud qui nous avait accompagnés poussa un léger cri et s’évanouit. Un coup d’œil dans le bac m’avait renseigné... Ce n’était vraiment pas beau à voir, et ça n’avait jamais appartenu à un quadrupède ! 

Parce que Bérurier veut appâter avec des testicules de taureau, celui-ci décide de se rendre avec un pote aux Halles et embarque avec lui San Antonio et Pinaud. Là-bas, dans un bac d’abats, entre deux têtes de bovins se trouve une tête d’humain, mais sans le corps qui va généralement avec.

Ne trouvant aucun indice à se mettre sous la dent, le commissaire qui est devenu la risée des journalistes et de ses collègues à cause de cette découverte et la déconvenue qui lui a succédé, décide de tenter le diable et fait passer un article dans le journal pour laisser supputer au meurtrier qu’une personne a été témoin du curieux dépôt. 

Les emmerdes ne font alors que débuter et vont s’accumuler dangereusement.

Le commissaire San Antonio fait encore partie du service d’espionnage et, pourtant, encore une fois, il va devoir s’occuper d’une affaire échouant à la criminelle.

Le trio est donc réuni dans ce roman ce qui n’était pas encore arrivé souvent avant (une ou deux fois ?)

L’intrigue est encore liée à la Seconde Guerre mondiale, comme c’était le cas dans « Fais gaffe à tes os » ou « Les doigts dans le nez », ce qui n’a rien d’étonnant pour une série, au départ, d’espionnage, se déroulant dans l’immédiate après-guerre.

Pour autant, Frédéric Dard emporte l’histoire sur le plan du roman policier, accumulant les cadavres, bien souvent du fait de San Antonio (volontairement ou involontairement) et les pistes.

Si le plaisir de retrouver San Antonio, Bérurier et Pinaud dans un même épisode est une plus-value indéniable, j’ai pourtant du mal à être totalement satisfait de cet épisode sans que j’arrive à savoir exactement pourquoi. Car, à part le trio, l’humour est présent, les bons mots eux aussi, ainsi qu’une histoire intéressante, de l’action, des morts et pas de temps morts (ce serait dommage vu la courte taille du roman).

Pour autant, il me manque quelque chose, pas grand-chose, pour que cet épisode atteigne des sommets, mais allez savoir quoi ? Moi, je ne sais pas trop.

Cependant, les amateurs de San Antonio trouveront leur compte dans ce titre, quant aux autres, ils ne mettront de toute façon pas leur nez entre ces pages.

Au final, un bon épisode qui réunit le fameux trio qui fit le succès de la série et de l’auteur, mais qui, contrairement à d’autres lecteurs, ne m’a pas tant emballé que cela (sans me déplaire pour autant, il ne faut pas pousser quand même).