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L’inspecteur Barre est un personnage issu de la plume de Michel Cory, pseudonyme derrière lequel se cache probablement Maurice Coriem, ancien journaliste du Canard Enchaîné.

Les aventures du policier sont regroupées dans une sous collection éponyme de « La clé de l’énigme » des Éditions Populaires Monégasques, « Les enquêtes de l’Inspecteur Barre » dans la deuxième moitié des années 1940.

Le policier est un jeune homme de bonne famille, fortuné, ayant fait de hautes études, mais qui, par goût des mystères et l’envie de les résoudre, refuse tout autre poste que celui, de terrain, d’inspecteur.

La série fut éditée sous format fasciculaire de 16 pages offrant aux lecteurs de l’époque une lecture d’une bonne demi-heure.

Elle comprend 8 ou 9 titres.

L’empreinte infaillible :

Au château d’Archambaud, en Côte-d’Or, les époux Monty, riches propriétaires, sont retrouvés morts, au petit matin, dans leur lit, lardés de coups de couteau, par une domestique.

L’enquête, très vite prise en charge par les gendarmes, réduit le nombre des suspects à 2 : le cousin de la famille à la mauvaise réputation et aux problèmes d’argent chroniques et M. de Mercoeur, célèbre peintre, invité par le défunt couple à passer quelques jours chez eux.

Mais si l’enquête de moralité fait pencher la balance vers le cousin, les preuves et notamment des empreintes sanglantes retrouvées sur les lieux du meurtre désignent le peintre comme coupable.

Et comme tout le monde le sait, les empreintes sont infaillibles...

Comme déjà annoncé, les épisodes composant cette série sont très courts (dans les 6 000 mots) et se dévorent environ en une demi-heure.

Du coup, le lecteur se doute bien que l’intrigue qui va lui être proposée ne va pas rivaliser avec celle d’un roman à suspens classique.

Cependant, le lecteur constate également que l’inspecteur Barre tarde à pointer le bout de son nez. D’ailleurs, celui-ci attend que l’instruction soit faite et que le dossier soit en passe d’être proposé à la justice pour intervenir. Et, comme cette première instruction a pris la moitié du texte, l’intrigue est d’autant plus concise.

Car si toutes les preuves désignent le peintre comme le coupable (il dormait dans une chambre voisine, ses empreintes sanglantes sont présentes un peu partout, il dit n’avoir rien entendu de la nuit...), elles innocentent également le cousin (il a quitté le château dans l’après-midi et n’est pas revenu de la nuit comme le démontrent ses empreintes dans la neige, les seules présentes et montrant qu’il a quitté le château...).

Mais l’inspecteur Barre qui connaît le principal suspect et qui ne doute pas de sa moralité va s’évertuer à démontrer, non pas chercher des preuves de son innocence, mais tâcher de démontrer que les preuves relevées ne démontrent pas sa culpabilité.

Ceci dit, il le fera très rapidement et de façon quelque peu ironique, mais, du coup, bien trop brièvement pour que le lecteur soit entièrement satisfait.

Vu la concision du texte, on se doute également que l’auteur ne va pas s’attarder sur son personnage qui est très rapidement posé lors d’un dialogue avec le juge d’instruction, un ami de l’inspecteur.

Au final, un très très court roman policier qui, s’il n’est pas indigent à lire, est par trop concis pour vraiment apporter un petit plus au lecteur d’autant que le style de l’auteur ne se démarque pas des œuvres usuelles de la littérature populaire de l’époque.