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Et voilà, je crois que je viens de finir mon tour du monde de Thomas Fiera !

Bien évidemment je ne parle pas d’un tour du Monde avec un grand M qui m’aurait obligé à quitter un fauteuil dans lequel mes fesses se plaisent à s’écorcher à longueur de temps, supportant difficilement le poids de mon Existence (là, il y a une majuscule, car, sans L je ne suis rien) qui tasse mes vertèbres et accélère le processus de vieillissement apparent d’un corps qui n’est pas celui d’une star, encore moins d’une étoile, car, si un corps, c’est leste, pas le mien (demandez-en confirmation audit fauteuil).

Non, je parle du monde de Thomas Fiera, ce détective dont Jean-Marc Ferrero narre les aventures régulièrement (mais pas assez pour étancher ma soif puisque je viens d’en dévorer la dernière tranche. Quoi ? Soif ! Tranche ! Boirais-je solide ? C’est qu’à défaut de manger liquide, j’ai encore toutes mes dents... sauf celles qui manquent... et celles qui sont fausses... bon, mais j’ai encore des dents... je bois l’eau, des préaux, comme disait Nicolas [l’homme de Lettres, pas celui du paraître] et quand il fait froid, l’eau, c’est du glaçon, un glaçon étant solide... bon, tout ça ne veut dire, mais suis-je obligé, toujours, de devoir donner du sens à médire à défaut de médire de mes sens).

Thomas Fiera ! Oui, c’est de lui que je vais parler une nouvelle fois... peut-être la dernière, puisque voilà bien longtemps que Jean-Marc Ferrero (je ne sais pas pourquoi, je n’arrive pas à l’appeler Jean-Baptiste) ne semble plus vraiment avoir d’histoires à conter.

Pour souvenir, Thomas Fiera, je l’ai découvert avec « Mourir en août », un excellent livre, pour ensuite le suivre dans de courtes histoires regroupées en recueil. Et je finis par un roman, « Le fils prodigue » ce qui semble laisser penser que la boucle est bouclée.

Le fils prodigue :

Chez Thomas Fiera, collectionner les emmerdes, c’est dans les gènes. Aussi, quand un de ses vieux amis, longtemps perdu de vue, fait appel à lui pour sortir son fils de prison, accepte-t-il la mission sans se douter qu’elle va le mener beaucoup plus loin qu’il ne l’imaginait. Thomas, avec l’aide de sa fine équipe et d’une bande d’écowarriors déjantés, va devoir affronter des avocats véreux, des assassins psychopathes et des savants fous à l’éthique dévoyée pour mener à bien une enquête pleine d’action et de rebondissements qui sera aussi pour lui l’occasion d’une réflexion sur la paternité, l’amour et la transmission. Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ? et de la santé, quand c’est Thomas Fiera qui s’occupe de l’ordonnance !

Thomas Fiera est une sorte de détective d’entreprise, généralement embauché pour résoudre des problèmes internes. Mais, allez savoir pourquoi, ses enquêtes débouchent toujours sur des affaires qui se terminent en bain de sang. Heureusement pour lui, pour l’aider, il est entouré d’une bande d’amis : deux hommes à la technique (informatique et autres) et deux femmes fatales en renfort.

La première aventure que j’ai lue, « Mourir en août », un roman (les autres sont plutôt de courts romans), possédait tous les ingrédients qui font pour moi une bonne lecture. L’auteur instillait une réelle plume. Le personnage, malgré quelques côtés caricaturaux et ultras usités (personnage cassé, au bout du rouleau, limite suicidaire) était suffisamment original et attachant, les personnages secondaires (notamment les deux femmes), relativement forts, l’ensemble ne manquait ni d’action, ni d’humour, pas même d’une pointe de mélancolie touchante (la relation entre Thomas Fiera et sa femme qui était dans le coma depuis des années)...

Les épisodes suivants avaient un peu de mal, notamment de par leurs concisions, à regrouper tous ces éléments qui avaient fait le succès de ce titre liminaire. C’était plaisant, mais on était loin de l’enthousiasme de cette première lecture.

Il faut donc avouer tout de suite que la boucle est bien bouclée, car, avec cette dernière lecture, je retrouve tous les éléments. L’action, l’humour, le style, les personnages secondaires forts et... même la mélancolie touchante, non plus avec la femme de Thomas (puisqu’elle est morte), mais avec son fils dont il découvre l’existence, ce qui le chamboule complètement.

À partir de là, tout étant de nouveau réuni, il n’y avait aucune raison pour que je n’accroche pas et j’ai totalement accroché en retrouvant le même plaisir que j’avais eu à la lecture de « Mourir en Août ».

Ainsi, sans le faire exprès, j’ai lu les épisodes dans l’ordre même où il le fallait (je ne sais même pas si c’était celui d’écriture et je m’en moque) en débutant par un point culminant et en terminant par un autre point culminant après avoir subit une légère dépression entre temps (dépression en termes de baisse d’altitude et non en termes de souffrance morale).

Au final, j’espère que Jean-Marc Ferrero (décidément, je ne me ferais pas à son prénom de Jean-Baptiste) nous offrira d’autres aventures de son héros, mais, qu’il choisira de produire un nouveau roman de taille assez conséquente pour pouvoir insérer tous les ingrédients nécessaires à une excellente lecture.