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L’inspecteur Paul Barre est un personnage créé, probablement, par Michel Cory. Je dis « probablement », car, si la plupart des 9 titres de la série sont signés par lui, « Le Mystère du métro Réaumur », lui, n’est pas signé.

Michel Cory pourrait être un pseudonyme de l’auteur Maurice Coriem, ancien journaliste du Canard Enchaîné.

La série est regroupée dans la collection “La Clé de l’Énigme” des éditions Populaires Monégasques en 1945 et 1946.

L’inspecteur Barre est un jeune homme de bonne famille, de la haute société, même, ayant une certaine fortune et pouvant prétendre à des postes bien plus imposants que celui d’inspecteur. Mais l’homme a des aptitudes et le goût pour résoudre les mystères et c’est en homme de terrain, d’action et de réflexion qu’il se veut.

Le mystère du métro Réaumur :

Une petite annonce passée dans les journaux promet une récompense à qui permettra de retrouver une jeune femme ayant disparu.

À la station de métro Réaumur, l’inspecteur Barre, qui s’apprête à rejoindre ses bureaux, remarque, dans un wagon, une jeune femme ressemblant à la description et vêtue d’un manteau similaire à celui décrit dans l’annonce. La disparue est au bras d’un jeune homme à qui elle semble portée affection.

Très très court roman que ce “Le Mystère du métro Réaumur” puisqu’il s’étale sur 16 pages, simple colonne. Je dirais donc qu’il comporte environ 6 000 mots, sans pouvoir, pour une fois, l’affirmer puisque je n’ai, pour une fois, pas scanné le texte avant de le lire.

Avec une telle concision, on se doute bien que l’intrigue ne sera pas relevée, mais là, elle frôle tout de même les pâquerettes.

Plus que l’intrigue, ce qui chagrine c’est de constater que ce policier si efficace qu’il est reconnu par toute la profession, va s’intéresser à une banale histoire qui semble être une histoire d’adultère et qui se révèle être, en fait, pas beaucoup plus intéressante.

Une annonce promet une récompense pour la disparition d’une jeune femme. Le policier repère la femme au bras d’un jeune homme qu’elle semble affectionner. En se rendant chez l’homme qui a passé l’annonce, il apprend que celui-ci est fou amoureux d’une femme qui l’aimait aussi et, alors qu’il s’apprêtait à l’épouser, celle-ci a disparu en laissant derrière elle toutes les affaires et les cadeaux qu’il lui a faits.

À partir de là, l’inspecteur va se lancer sur la piste de la femme... ??? Pourquoi ? Une femme disparaît ! OK, cela peut intéresser la police. Mais en fait elle a disparu volontairement, elle est en bonne santé et elle est avec un autre homme ! Pourquoi le policier poursuit-il son enquête ? Pour la récompense ? Même pas ! Il n’en a pas besoin et n’en veut pas.

Non, sérieusement, le postulat de départ ne tient pas la route et comme la route est très courte, l’auteur n’aura pas le temps ni les moyens (mais en a-t-il l’envie) de nous captiver avec autre chose.

Pourtant, pour un si court roman, c’était une bonne idée de démarrer par l’annonce de journal. Cela posait les bases de l’histoire et du mystère en seulement quelques lignes. Ce gain de temps et de place pouvait être mis à profit pour complexifier l’intrigue.

De plus, l’auteur prend le temps de présenter son personnage principal en quelques lignes, mais qui suffisent à le cerner, ce qui n’est pas toujours le cas dans des romans si courts.

Mais, pour autant, l’intrigue est des plus inintéressantes et le personnage s’avère agir à l’encontre de sa mentalité que l’auteur nous a décrite.

Pour ce qui est du style : absent !

Au final, pas grand-chose à retirer de ce très court roman... et pourtant, il m’en reste deux à lire. Espérons qu’ils seront mieux...