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Marcel Priollet est un auteur majeur de la littérature populaire de la première moitié du XXe siècle qu’il a abreuvée, notamment, de nombreuses séries fasciculaires sentimentales, d’aventures et aussi policiers.

Ne m’intéressant qu’à la production de genre « policier » des auteurs, j’ai déjà abordé Marcel Priollet, notamment, pour ses deux séries policières : « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs ».

Depuis peu une collection numérique éponyme regroupe quelques textes policiers indépendants de l’auteur dont « De la poussière sur les touches » en fait partie.

Ce texte, initialement édité dans la collection « Les grands détectives » des Éditions Modernes en un fascicule 32 pages.

De la poussière sur les touches :

Monsieur de Saint-Evremont, riche industriel, a acheté l’hôtel meublé du défunt compositeur Rémi Ducoudray pour faire plaisir à sa fille malade et passionnée du célèbre pianiste.

La pièce maîtresse de la collection autour du grand maître est le piano sur lequel il composait.

Le soir de la pendaison de crémaillère, alors que les invités sont tous dans la salle de réception, des notes se font entendre dans le salon, provenant sans nul doute du fameux instrument dont le cache du clavier est pourtant verrouillé.

Tout le monde se précipite dans la pièce pour constater que celle-ci est vide.

Edwige déverrouille le clavier.

Personne n’a joué sur celui-ci depuis fort longtemps, la preuve en est, la poussière recouvre les touches…

Voilà un petit titre de Marcel Priollet écrit sous le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll, qui met en scène un personnage récurrent de l’auteur : le détective radiesthésiste Claude Prince.

Effectivement, au gré de la collection « Les Grands Détectives », Claude Prince apparaît au moins 5 fois dont un dans un titre signé Géo Max, ce qui laisse sous-entendre qu’il s’agit là d’un autre pseudonyme de Priollet.

Texte court, donc, puisque fascicule 32 pages (un texte qui n’atteint pas 9 000 mots). 

Un riche industriel dont la jeune fille est atteinte d’une maladie incurable, fait tout pour lui faire plaisir et va jusqu’à acheter l’hôtel particulier d’un défunt célèbre compositeur qu’elle apprécie tout particulièrement. Dans l’hôtel, le piano sur lequel l’homme a composé ses dernières notes avant de mourir. Le clavier est verrouillé sous le désir de la jeune femme qui ne veut que personne d’autre que le Maître ne pose ses doigts sur les touches.

Mais, lors de la crémaillère, alors que tout le monde est réuni dans la pièce voisine, des notes résonnent provenant du piano. Tout le monde se précipite, mais personne ne se trouve dans ce salon qui ne possède qu’une ouverture. De plus, le clavier est toujours bloqué, la poussière est toujours présente sur les touches.

Deux détectives étaient conviés à cette soirée. Claude Prince, un célèbre radiesthésiste et un inspecteur de Scotland-Yard.

Devant l’affolement, l’inspecteur du Yard conclut à une hallucination auditive collective sans rien en penser.

Mais les jours passent et les notes résonnent régulièrement la nuit. Aussi, le père, qui a fait murer la pièce sans que cela ne change rien, vient demander de l’aide à Claude Prince qui va tenter de résoudre ce crime en vase clos, qui n’est pas un crime, puisque pas de meurtre et qui n’est pas vraiment en vase clos.

Mystère, suspense, mystère de la chambre close, tout pouvait être réuni dans cette histoire pour soulever l’intérêt du lecteur avec, en prime, un détective radiesthésiste ce qui n’est pas si fréquent à trouver dans la littérature.

Malheureusement toutes ses belles promesses ne seront pas tenues, notamment du fait de la concision du texte qui ne permettait pas, de toute façon de s’étaler, mais aussi du fait que plus de la moitié du texte est consacré à exposer le problème, ce qui n’en laisse pas beaucoup pour le résoudre.

Dommage, car tout cela aurait pu donner quelque chose de bien. À défaut, Marcelle-Renée Noll nous livre un texte qui se lit vite et sans déplaisir, ce qui n’est déjà pas si mal, mais qui s’avère décevant du fait qu’on pouvait en attendre plus.

Au final, un très court roman policier qui ne tient pas ses promesses, mais qui donne envie de voir ce que donnerait le détective radiesthésiste dans d’autres circonstances.