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San Antonio, épisode 27. Je ne vous ferai pas l'affront de vous expliquer qui est San Antonio, ni de vous parler de son auteur, Frédéric Dard... alors, passons !

J'ai peur des mouches :

Moi, vous me connaissez ? Je n’ai jamais eu peur de rien ! J’ai entendu siffler pas mal de balles à mes oreilles… Il m’est même arrivé de ne pas les entendre passer pour la bonne raison que je les avais interceptées au vol… Je me suis bagarré avec des types plus colosses que celui de l’île de Rhodes, j’ai pris des gnons… sans jamais connaître le sentiment de la peur.
On m’a fait le coup de la baignoire, celui de la scie à métaux sur le tibia, les allumettes enflammées sous les ongles, la cigarette écrasée sur la joue, et toujours sans m’arracher un cri ni un mot.
C’est à peine si je perdais le sourire.
Et pourtant… aujourd’hui, J’AI PEUR DES MOUCHES… Ces minuscules diptères me terrorisent, car dans la contrée ou je suis, elles véhiculent la mort… la plus atroce des morts.

C'est pas que... on ne dirait pas, mais voilà donc déjà  27 tranches de vie du célèbre commissaire San Antonio que j'ai dévoré (je lis régulièrement un titre de temps en temps dans l'ordre de parution).

27 aventures et le bonhomme oeuvre toujours dans le monde de l'espionnage (même s'il a fait quelques enquêtes criminelles dans le lot). 27 fois que je retrouve San Antonio et beaucoup moins de fois que je croise Bérurier (qui apparaît à peine au début, ici) et Pinaud (qui lui, est absent, à peine évoqué, peut-être).

Pour cette 27ème aventure, SanA, doit mettre un terme à ses vacances avant même qu'elles soient commencées puisque, dans le train qui doit l'amener vers les doux rivages, on le prévient que son chef le mande immédiatement au téléphone de l'accueil de la gare. Un collègue, Jean Larieux, revient de RDA où il a découvert un laboratoire qui a conçu une arme bactériologique destructrice. En s'enfuyant avec des ampoules contenant le virus, une s'est cassé et le produit est entré en contact avec sa peau, depuis, tous ceux qui l'approchent à moins de dix mètres meurt en quelques heures. Le but de la mission, retourner en RDA avec Jean Larieux pour retrouver le labo, le faire sauter, puis exterminer Jean Larieux qui est devenu trop dangereux.*

Mais le Larieux est suicidaire, pensez, personne ne peut l'approcher et il est isolé, enfermé, et responsable, déjà, de la mort de plusieurs personnes. Aussi, avant d'exterminer Larieux, San Antonio va devoir le convaincre de ne pas se suicider car il a besoin de lui. Mais difficile de voyager avec un type que tu ne peux pas approcher à dix mètres, encore plus difficile quand le type est un chat noir.

Aventure d'espionnage, donc, sans Bérurier, sans Pinaud et avec un but assez vachard, celui de flinguer un collègue (même si San Antonio avait déjà été confronté à cette situation dans une aventure antérieure). Il faut avouer que, depuis peu San Antonio, volontairement ou involontairement, est souvent responsable de la mort de personnes qui ne le méritent pas (voir « La tombola des voyous », par exemple).

Mais si les aventures de San Antonio sont délectables, elles le sont encore plus quand ses deux compères sont présents, ce qui n'est pas le cas ici, je le rappelle.

C'est donc une aventure somme toute assez moyenne à laquelle on assiste même si l'ensemble est suffisamment concis et rythmé pour que le lecteur ne s'ennuie pas.

Cependant, point d'axiome béruréen à se mettre sous la dent, ni de frasques pinaudiennes, aussi, on se contentera des tribulations San Antonienne en attendant d'avoir mieux.

Il faut avouer qu'en plus de Béru et Pinuche, c'est surtout et avant tout quand San Antonio oeuvre dans le domaine criminel et donc loin de celui de l'espionnage, que je trouve mon compte. Aussi, j'attends avec impatience le prochain crime réunissant la Sainte Trinité.

Au final, pas le meilleur des San Antonio, loin de là, mais le roman s'avère suffisamment court et sans temps mort pour occuper plaisamment le temps de lecture.