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René Duchesne est un de ses innombrables auteurs de la littérature populaire se cachant sous pseudonyme et dont il est, à l’heure actuelle, impossible d’établir l’identité réelle (à moins que cela soit son vrai patronyme, allez savoir).

Toujours est-il que l’on ne sait rien sur cet auteur à part qu’il a œuvré dans les années 1920 et 1930, énormément dans le domaine policier, et beaucoup pour les éditions Ferenczi, mais pas que, la preuve avec le titre d’aujourd’hui « Le Drame du Studio 5 » qui fût édité, à l’origine, dans la collection « Aventures Policières » des éditions Rouff, en fascicule de 32 pages.

Ordinairement, un fascicule 32 pages contient environ 10 000 mots, cette collection aux pages un peu plus denses et au format un peu plus grand que de coutume, en propose un peu plus (15 500 pour le titre en question).

LE DRAME DU STUDIO 5

Charles Ponty, dix-huit ans, tout juste bachelier, ne rêve que d’une chose : faire du cinéma.

Son rêve devient réalité le jour où il est embauché sur le tournage du film « Tragique destin » pour jouer l’ami du jeune premier, le célèbre Louis Merlais.

Arrive la scène du grand final dans laquelle une bagarre doit éclater entre les deux héros et une dizaine de bandits armés, et où le personnage joué par Charles Ponty désarme le chef des brigands et lui tire dessus.

La prise se déroule au mieux, Charles bien dans son rôle malgré des frictions récurrentes avec l’acteur principal saisit le browning, appuie sur la détente… Louis Merlais s’écroule, touché à la poitrine par une vraie balle… 

Le drame en question se déroule dans le milieu du cinéma, dans le fameux Studio 5 où se tourne le film « Tragique Destin » avec le célèbre Louis Merlais en vedette et auquel participe le jeune Charles Ponty dont c’est le premier rôle.

En effet, le jeune bachelier, promis à reprendre la librairie familiale, n’avait qu’un rêve : faire du cinéma. Mais du rêve au cauchemar, il n’y a qu’un pas et quand la scène finale ne se déroule pas comme prévu, qu’un browning qui devait être chargé à blanc, se trouve chargé de vraies balles, que le jeune premier s’écroule touché à la poitrine, tout bascule pour Charles. D’autant que la veille il s’est disputé avec la vedette et lui a dit qu’il aurait préféré que ce sot sur lui qu’il doive tirer et qu’il aurait mieux joué son rôle ainsi.

La police enquête et les charges s’accumulent contre le présumé coupable. Alors, un vieil acteur qui s’est pris d’amitié pour Charles va tenter de prouver son innocence et de trouver le coupable...

Il ne faut pas se cacher que le lecteur se doute très rapidement du drame qui va se produire et qui n’est pas sans rappeler celui que vécu bien plus tard Brandon Lee, le fils de Bruce, sur le tournage du film « The Crow » durant lequel il mourut, lors d’une scène, d’une balle qui aurait dû être à blanc.

Mais dans le cas présent (qui est en fait un cas passé puisque le texte date de 1937), s’agit-il également d’un accident ou bien est-ce plutôt un meurtre ? Car il faut bien avouer que tout désigne Charles comme coupable. Il s’est disputé la veille avec la victime qui raillait son jeu d’acteur et à qui il a répondu qu’il aurait été bien plus crédible s’il s’agissait de tirer sur lui. L’armurier assure que les armes étaient chargées à blanc. Tout le monde connaissait le type d’armes qu’ils allaient avoir en mains et l’accusé est incapable de justifier de son emploi du temps de la veille au soir lui laissant la possibilité de s’être procuré de vraies balles...

Heureusement pour Charles, le vieil acteur jouant le chef des brigands va tenter de l’innocenter, mais tout ne va pas être si simple.

L’intrigue est certes un peu cousue de fils blanc et les malencontreux hasards s’enchaînent un peu trop facilement contre Charles, mais il faut bien avouer que l’ensemble se lit sans déplaisir.

Si René Duchesne ne fait pas montre d’une plume identifiable et délectable, il se montre, comme beaucoup de ses confrères de la littérature populaire, un correct faiseur de textes, tout comme il existe en cinéma de corrects faiseurs de films, des réalisateurs qui n’ont pas le génie de certains, mais qui font le boulot correctement.

Il n’y a donc rien d’enthousiasmant ni dans l’histoire, ni dans les personnages, ni dans la plume de l’auteur, mais le tout est suffisamment maîtrisé pour ce court roman remplisse son office et ce n’est déjà pas si mal.

Au final, un court roman qui se lit vite et bien, mais qui ne marquera pas la littérature.