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« L’affaire de la City Bank » est le second titre d’une collection dédiée aux membres de l’Agence Walton, une agence de détectives, une collection née en 1945 au sein des éditions Nicea et regroupant 8 titres (le 9e annoncé au dos du n° 8 n’est apparemment jamais paru) au format fasciculaire de 16 pages double colonnes (environ 10 000 mots). L’auteur en est l’énigmatique Harry Sampson, probablement un pseudo, derrière se cache, à mon sens, un auteur tout ce qu’il y a de francophone malgré le nom américain et l’ambiance très « Outre-Atlantique » de la série.

L’Agence Walton est composée de Ted Walton, le « Boss », de Babe Gilmore, sa fiancée, à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession, à tort, et les Deux B, Benny Spirtz et Bill Courant, des hommes de main.

L’affaire de la City Bank :  

Chicago, ville de toutes les corruptions.

J.J. Stapleton, le riche banquier, est accusé de s’être enfui en emportant le contenu des coffres de la City Bank.

Éva, sa fille, est la seule à croire son innocence.

Ne trouvant soutien ni auprès des membres de sa famille ni de ceux de la police, sur les conseils du seul journaliste intègre de la métropole, elle fait appel à l’Agence Walton pour découvrir la vérité et retrouver son père.

Ted Walton, accompagné de sa dangereuse fiancée, Babe Gilmore, et de ses Deux B, Benny Spirtz et Bill Courant, débarquent en ville, bien décidés à faire tomber « L’Honnête Jess », un politicien véreux et Cazanelli, un mafieux qui tiennent la population sous leurs jougs.

Ted Walton et sa bande débarquent dans une ville corrompue avec pour mission d’innocenter un banquier disparu, de mettre un terme aux agissements de mafieux, de politiciens, de journalistes et de policiers corrompus... rien que ça.

À 4, cela ne va pas être de la tarte d’autant qu’en face, ils ne lésinent pas sur les moyens et sont plutôt pour les solutions radicales.

Très vite, un des Deux B découvre le corps du banquier enterré dans la cave de la boîte de nuit appartenant à un des principaux mafieux de la ville, mais le temps de revenir avec son patron, le corps et toutes les autres preuves ont disparu...

Harry Sampson, en plus d’utiliser un nom américain, des personnages américains, évoluant sur le sol américain, use également de tous les codes du film de gangsters des années 30 et 40. Mafieux, boîte de nuits, politiciens et policiers corrompus, batailles armées entre gangs, fusillades, extermination des témoins... tout y passe pour le plus grand plaisir du lecteur, et ce malgré une concision inhérente au format court.

Évidemment, à l’énoncé du résumé, on se doute que l’on ne va pas être confronté à une intrigue ultra développée et, d’ailleurs, le format ne le permettrait pas. Mais l’auteur a la bonne idée de se diriger plus vers le polar d’action que celui de suspens, ce qui lui permet de livrer un texte sans temps mort et de ne pas se heurter à l’écueil de l’intrigue trop simpliste.

Dès le départ, ou presque, le détective sait où se diriger, qui a tué, pourquoi et presque comment.

Cependant, malgré tout cela, l’auteur nous offre pourtant un rebondissement final qui est notable à défaut d’être ultra original.

Les personnages sont très brièvement présentés, notamment les héros, mais peut-être le sont-ils mieux dans le tout premier titre de la collection (« L’affaire de la City Bank » est le second titre). Toujours est-il que, malgré cela, chacun trouve sa place et sa presque particularité, comme il devrait être dans toute bonne équipe. Ted, le Boss, est bien évidemment un chef au sang-froid et à la désinvolture indéniables. Babe, la belle, est à la fois ingénue et dangereuse. Quant aux Deux B, ils sont principalement là pour les tâches subalternes et pour jouer les gros bras.

Si l’on rajouter un petit peu d’humour, très léger, et des répliques qui font parfois mouches, on obtient un bon texte qui se lit très bien.

À noter les belles illustrations signées Hugues Ghiglia.

Au final, un bon roman qui, malgré sa très courte taille, ne donne pas l’impression d’une concision taillée à coup de hache, grâce à l’orientation de la série plus vers l’action que la réflexion. Des personnages qui donnent envie de les retrouver. Un bon rythme, pas de temps morts. Ma foi, une série à redécouvrir.