MP19

19e épisode de la série « Marius Pégomas » de l’énigmatique Pierre Yrondy.

Pour remettre les choses dans leur contexte, « Marius Pégomas » est une série policière humoristique fasciculaire de 32 pages doubles colonnes (environ 13 000 mots par épisode), publiée en 1936 par les éditions Baudinière.

LE REVENANT D’AIX

Madame Michèle de Villardonnet est trouvée dans la rue, hagarde et délirante, par l’inspecteur Loutil.

Quand le policier la raccompagne chez elle, il découvre, dans une chambre, le cadavre sanglant de sa fille.

Les soupçons du juge d’instruction chargé de l’affaire se portent très rapidement sur deux hommes, l’oncle de la victime et une relation de la mère.

Le premier suspect, n’ayant aucune confiance en la justice, demande de l’aide au célèbre détective marseillais, Marius PÉGOMAS.

Celui-ci, délaissant les pistes officielles, va se focaliser sur les plates-bandes de bégonias piétinées par l’assassin…

Une femme est retrouvée en train de délirer en petite tenue dans la rue. La police découvre chez elle le corps sans vie de sa fille dans un bain de sang. La mère vit recluse depuis la mort de son mari pendant la Première Guerre mondiale. Personne ne vient chez elle à part, de temps en temps, son frère.

Durant la perquisition, la police découvre des lettres émanant d’un homme laissant supposer une relation entre lui et la mère.

Entre ses deux hommes, les seuls qui sont susceptibles de connaître suffisamment les lieux pour avoir pu y pénétrer comme l’assassin l’a fait, la justice hésite.

L’oncle, cherchant à prouver son innocence, fait appel au célèbre détective marseillais Marius Pégomas.

Celui-ci se rend sur place et constate que les plates-bandes de bégonias ont été délibérément piétinées.

On retrouve dans ce 19e épisode un Marius Pégomas toujours aussi mystérieux (personne ne comprend sa façon de résonner, pas même le lecteur). Pour autant, le personnage se révèle moins loufoque qu’il ne le fut par le passé.

Effectivement, pas de comportement excentrique comme il en fût capable en séquestrant un commissaire ou un juge, en cachant un suspect ou que sais-je encore.

Non, la seule excentricité de Pégomas dans cet épisode est son obsession du piétinement des plates-bandes. Obsession qui finit par se justifier d’une façon que le lecteur devine avant que le détective ne l’annonce, notamment à cause d’un titre par trop explicite.

Pour autant, l’ensemble se lit agréablement même si les lecteurs habitués aux frasques du détective ne trouvent pas ici totalement leur compte.

De plus, Pégomas travaille ici en solo, sans l’aide de Flora, Bouillabaisse ou Titin, seul le Dr Mercadier est mis quelque peu à contribution.

On retrouve le style d’écriture propre à la série et à l’auteur avec les courtes phrases assenées à coups de verbes à l’infinitif, les bouts de phrases en majuscules pour mettre l’accent sur une indication du personnage et l’humour tout de même présent même si moindre.

Pierre Yrondy cherche à rendre son récit plus mystérieux que loufoque, ce qui ne fût pas toujours le cas, et, si d’habitude l’auteur pèche par l’absence d’explication du raisonnement de son héros, ici, il pèche par une absence d’explication des motivations du tueur.

Au final, pas le meilleur épisode de la série, mais il offre cependant un bon moment de lecture.