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« Les ciseaux d’argent » est la 20e enquête du célèbre détective marseillais Marius Pégomas, né de la plume de l’énigmatique Pierre Yrondy au milieu des années 1930.

À l’origine, il s’agit d’une série fasciculaire de 32 pages, doubles colonnes (environ 13 à 15 000 mots par épisode) qui comprend 35 titres. (le 36e a été annoncé, mais ne semble pas être paru).

Si Pierre Yrondy est mystérieux, on ne sait pas grand-chose de lui si ce n’est qu’il écrivit quelques pièces de théâtre, quelques romans, qu’il fût journaliste et, surtout, qu’il est l’auteur de deux séries : « Marius Pégomas » et, avant « Thérèse Arnaud », une série d’espionnage autour d’une espionne française.

Les deux séries, malgré un genre, une époque et des thèmes différents, partagent de nombreux points communs : le format fasciculaire 32 pages double colonnes. Un goût pour l’humour, un héros entouré d’une équipe dans laquelle chacun tient son rôle. Un style fait parfois de phrases courtes, avec des verbes à l’infinitif, afin de donner des phrases plus percutantes, de singer un rythme plus élevé. Et l’utilisation de la part de l’auteur de métaphores pas toujours bien trouvées, mais qui sont signe que celui-ci tentait de proposer autre chose.

LES CISEAUX D’ARGENT

Une jeune couturière est retrouvée assassinée, chez elle, au petit matin, par le laitier faisant sa livraison.

Il se précipite dans la rue pour trouver un agent de police. Le plus proche est en train d’indiquer son chemin à un individu.

L’homme l’interpelle, lui explique la situation et le conduit sur la scène du crime… suivi par le curieux personnage qui cherchait sa route et qui se met à fureter autour de la défunte…

Une couturière est retrouvée morte, chez elle, à Nice, par le laitier.

Alors que celui-ci court chercher un agent, un homme semble rôder, intéressé par ce qu’il se passe, suivant les deux hommes jusque sur le lieu du crime. Cet homme énigmatique se révèle être Marius Pégomas, le célèbre détective marseillais. Que faisait-il ici ? Mystère et boule de gomme, toujours est-il qu’il se lance dans l’enquête avant même que le juge d’instruction n’arrive.

Il laisse celui-ci faire ses conclusions avant de lui expliquer qu’il se trompe, puis s’en va.

Le juge poursuite son enquête et inculpe un clochard vu traînant dans la rue à l’heure du crime.

De son côté, Marius Pégomas reçoit la visite de la sœur de la victime qui lui demande de retrouver le meurtrier et lui apprend qu’elle venait juste d’offrir de beaux ciseaux d’argent à sa couturière de sœur.

À partir de là, Marius Pégomas va partir à la chasse au criminel.

Marius Pégomas est fort, très fort. Intelligent, très intelligent. Mystérieux, très mystérieux. Il va encore le démontrer dans cette enquête où il va rencontrer la vérité avant tout le monde, même ses acolytes, et ce avec un minimum d’indice. Bref, il va faire du Marius Pégomas.

Un Marius Pégomas toujours aussi en forme, toujours aussi mystérieux, mais un peu moins loufoque que par le passé (comme j’ai déjà pu en faire la remarque dans l’épisode précédent).

Il semblerait que Pierre Yrondy, à un tournant de la série, ait cherché à rendre son détective plus « policier » en le rendant plus perspicace que loufoque.

Du coup, le bonhomme est moins excentrique, un peu moins drôle, aussi, mais les histoires gagnent un peu en profondeur (un peu). Ce que le lecteur gagne d’un côté, il le perd de l’autre, mais est-ce mieux pour lui ? Après tout, on lit un Marius Pégomas pour l’excentricité du gars. Parce qu’on le sait capable de tout de kidnapper un juge d’instruction, de frapper un policier, de cacher un suspect, de retenir des informations, de menacer les représentants de la justice...

Aussi, le voir aussi calme est assez étrange. Cependant, l’humour demeure présent, même si plus léger, et l’enquête et le mystère plus au cœur du récit.

Malgré tout, il manque un petit quelque chose. Et le lecteur espère retrouver son Marius Pégomas d’antan même s’il a pris du plaisir dans cette enquête somme toute plus « classique » si tant est qu’une enquête de Marius Pégomas puisse être classique.

Au final, un bon épisode, mais moins déjanté que ceux du premier tiers de la série.