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Thérèse Arnaud est un personnage littéraire né de la plume de l’énigmatique Pierre Yrondy (auteur de la série des Marius Pégomas) dans les années 1930.

Thérèse Arnaud, alias l’Agent C. 25 du Deuxième Bureau, les services d’espionnage français, lutte, durant la Première Guerre mondiale, contre les espions de l’occupant allemand.

Pour ce faire, elle peut compter sur l’aide de ses fidèles acolytes : Malabar, le costaud de la bande, Languille, le gymnaste filiforme, Friquet, le débrouillard titi parisien, et Marcel, le scientifique.

« L’Homme aux cent masques » est le 10e épisode de la série.

L’HOMME AUX CENT MASQUES

 

Première Guerre mondiale.

 

La bataille fait rage entre les espions français et ceux au service de l’occupant.

 

Quand un membre du Deuxième Bureau est retrouvé mort, en pleine rue, une carte mentionnant « L’Homme aux Cent Masques » épinglée sur le corps, nul doute que le plus dangereux des agents allemands se trouve à Paris.

 

Et si l’insaisissable agent ennemi est dans la capitale, cela signifie qu’un évènement important s’y déroulera éminemment.

 

Thérèse ARNAUD alias C. 25 et ses auxiliaires bien qu’occupés à la surveillance de la troublante Mata Hari vont rapidement être confronté au terrible « Homme aux Cent Masques ».

Comme je l’ai déjà dit dans mes autres chroniques sur la série, celle-ci me fait penser à la série T.V. « L’Agence tous risques » de par l’humour, mais, surtout, parce que les différents héros de la bande ont chacun leur place, leur utilité, leurs qualités. Thérèse est chef de bande, intelligente, courageuse, pugnace. Malabar est le costaud chargé des tâches nécessitant la force. Languille est le gymnaste qui se déplace en silence et accède à tous les endroits grâce à sa souplesse. Friquet est le petit malin de la bande et le membre le plus drôle. Et Marcel, le scientifique, est là pour décoder les messages, gérer les photographies, les études scientifiques...

Pour qui a déjà lu un épisode de Marius Pégomas, l’autre série de l’auteur, le monde de Thérèse Arnaud ne sera pas totalement étranger tant on retrouve les mêmes qualités, les mêmes défauts, les mêmes caractéristiques, donc.

L’humour, avant tout. Le style avec ces phrases sans verbes pour rythmer ou asséner certains points. Les phrases clefs en majuscules, les métaphores parfois hasardeuses, mais qui témoignent d’une recherche littéraire...

Si l’humour est toujours présent, donc, cet épisode nous livre ici une double dose de par l’impression qu’a le lecteur de se trouver face à une pièce de boulevard tant l’Homme aux cent masques se livre à une bouffonnerie sans nom pour se moquer de ses ennemis. Prenant l’aspect de l’un pour piéger l’autre, de l’autre pour surprendre un troisième, laissant à chaque fois sa carte de visite et un gentil mot pour la personne piégée, s’amusant à ne pas être là où on croit qu’il est et à être là où ne le pense pas...

C’est donc à un véritable jeu du chat et de la souris, mais un jeu à la fois sadique et bon enfant, que se livre cet espion insaisissable.

Le lecteur assiste alors à la déconvenue de chaque membre de l’équipe de Thérèse Arnaud et est surpris de constater que la jeune femme garde toujours son flegme, contrairement à ses hommes.

Si Pierre Yrondy, comme souvent, fait fit de la cohérence et de la vraisemblance, comme bien souvent dans son œuvre, c’est avant tout pour éviter de longues explications qui nuiraient au rythme du texte et pour donner du plaisir aux lecteurs. Et le plaisir est là face à cette pantalonnade que n’aurait pas reniée un Mel Brooks.

Au final, un épisode très plaisant à lire dans lequel l’humour et le second degré prennent le dessus sur l’Histoire.