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Arnould Galopin fut un des piliers de la littérature populaire en général et de la littérature populaire fasciculaire en particulier. Je sais, j’ai souvent l’habitude de vous dire cela à propos d’écrivains dont la plupart d’entre vous n’avaient jamais entendu parlé, mais, si je n’exagérais en rien, pour les autres, je serais tenté de dire que je minimise les faits dans le cas d’Arnould Galopin tant sa production fût immense et abordable pour tous les publics de son époque.

Que ce soit les romans policiers comme « La ténébreuse affaire de Green Park » qui est recensé comme un des premiers pastiches français de Sherlock Holmes (si l’on excepte les participations de Maurice Leblanc et Hector Fleischmann en la matière), les romans de brigands comme « Ténébras », les romans de voleurs comme les aventures d’Edgar Pipe, les nombreuses séries d’aventures mettant en scène de jeunes adolescents et s’étalant sur plusieurs dizaines de titres comme « Un aviateur de 15 ans », « Un poilu de 12 ans »... ou bien les romans d’anticipation comme « Le bacille », Arnould Galopin a noirci plus de pages que la plupart des lecteurs n’en auront jamais lues de leur vie.

« Le petit détective », une série fasciculaire de 83 épisodes est la dernière production de l’auteur et non la moindre.

83 épisodes de 16 grandes pages en double colonne le tout illustré en couverture et à l’intérieur par l’un des grands illustrateurs de son époque : Louis Maitrejean.

1328 pages d’aventures et de suspens. Plus de 800 000 mots (une fois et demi la taille de « Guerre et paix » de Léon Tolstoï, l’équivalent d’un roman de 3000 pages avec une mise en page classique), d’enquêtes et de combats contre le crime entre le célèbre détective Gaston Cervier, son jeune protégé Jean Tixier et les pires criminels que le pays puisse compter.

C’est dire l’ampleur de la série et de ces aventures qui, si elles passionnaient les lecteurs de l’époque a probablement effrayé les éditeurs d’aujourd’hui et qui fait que les aventures de « Le petit détective » n’avaient jamais été rééditées jusqu’à présent.

Mais c’était sans compter sur la passion de l’équipe d’OXYMORON Éditions qui ne rechigne devant aucun labeur quand il s’agit de sortir des pépites littéraires de l’anonymat dans lequel elles étaient malencontreusement tombées, de faire revivre des textes qui le méritent, de proposer aux lecteurs d’aujourd’hui de faire la connaissance avec des auteurs et des personnages d’hier.

Et s’il était un auteur, une série, un personnage littéraire qui méritaient de passionner à nouveau des lecteurs, c’était bien Jean Tixier, « Le petit détective » d’Arnould Galopin.

Mais 800 000 mots, 3000 pages à lire auraient de quoi rebuter les plus assidus lecteurs.

Oui, ce serait le cas si OXYMORON Éditions s’était contenté de rééditer les fascicules tels que. Mais voilà, le but étant tout de même de permettre à un maximum de lecteurs de découvrir la série, le personnage et l’auteur, l’éditeur a eu le bon goût de lire la série et de la découper de façon très naturelle en histoires indépendantes. Car, comme souvent dans ce genre de série éditée, à l’époque, sous les traits d’une seule et même histoire, en fait, les aventures de Jean Tixier regroupent plusieurs enquêtes indépendantes dont la transition se fait bien souvent en plein milieu d’un fascicule, obligeant la lecture de l’ensemble pour pouvoir identifier et séparer les différentes histoires.

« Le Masque de Cire » est donc la seconde enquête à laquelle va participer Jean Tixier après celle de « La bande des As de Carreau ».

Dans cette première aventure, Jean Tixier faisait la connaissance du célèbre détective Gaston Cervier qui le prenait sous son aile. Très vite, le jeune homme démontrait des qualités exceptionnelle pour ce métier et en profitait pour arrêter la bande des As de Carreau qui menaçait sa vie après qu’il ait fait arrêter l’un des membres dans un geste citoyen après avoir été témoin d’un cambriolage.

Désormais, Jean Tixier va confirmer sa prédisposition pour le travail d’enquêteur en se lançant sur les traces des Hommes aux Masques de Cire.

LE MASQUE DE CIRE

Le jeune Jean TIXIER, après avoir épaulé avec brio son patron, le célèbre détective Gaston CERVIER, sur l’affaire de la bande des « As de Carreau », est désormais persuadé qu’il est fait pour ce métier.

Cette vocation va d’ailleurs rapidement être confirmée quand il devra se lancer sur la piste des hommes aux « Masques de Cire », de dangereux bandits qui assassinent et volent des passants au hasard des rencontres…

Marcas, le chef de la bande des As de Carreau s’est échappé. Cervier et Jean vont se lancer sur sa piste et finir par l’arrêter à nouveau, mais, très vite, une autre affaire les appelle : des meurtres odieux sont perpétrés dans la ville afin de voler des passants. Sur la dernière victime, un curieux masque de cire est retrouvé, avec des cotons imbibés de chloroforme à l’intérieur, afin d’endormir, à tout jamais, la personne à qui l’on impose ce masque.

À force de recherches Gaston Cervier est persuadé que le chef de la bande n’est autre que l’ignoble Pessaron, un criminel qu’il cherche à coincer depuis longtemps...

Encore des aventures, encore des enquêtes, et l’on ne s’en lasse pas.

Les pérégrinations de Jean Tixier et Gaston Cervier se dévorent à une vitesse incroyable tant l’ensemble est d’une fluidité machiavélique. Arnould Galopin nous embarque dans ces aventures avec un talent rare en la matière, évitant tout temps mort que le format pourtant très long en apparence pourrait permettre et, plus, semblerait devoir imposer.

Mais il n’en est rien. À aucun moment le lecteur n’a le temps de s’ennuyer, car les deux détectives sont toujours en action et, lorsque, dans de rares moments, Jean Tixier n’est pas sur la piste des bandits, sa relation avec sa mère malade et inquiète et sa jeune sœur enthousiaste offre un petit côté touchant et renforce l’attachement que l’on peut avoir pour ce jeune héros.

Au final, « Le petit détective » est une grande série issue de la plume d’un auteur très prolifique que les lecteurs d’aujourd’hui vont enfin pouvoir redécouvrir.